Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quand Goldman Sachs fait sauter un gouvernement

Publié le par JoSeseSeko

Quand Goldman Sachs fait sauter un gouvernement

Jeudi 30 janvier, le Parti populaire socialiste (PPS) danois a indiqué, par la voix de sa présidente Annette Vilhelmsen, son intention de quitter le gouvernement de coalition gauche/centre-gauche en place depuis les élections législatives de 2011, dans lequel la présidente du PPS y était membre, en tant que ministre des Affaires sociales.

Les raisons de ce départ sont liées à une privatisation partielle de l'entreprise publique Dong Energy, productrice de pétrole, gaz et électricité (éolienne et thermique), suite à une augmentation de capital de 8 milliards de couronnes (1,1 milliard d'euros) que fournirait la banque d'investissement états-unienne Goldman Sachs en passant un accord en novembre 2013 avec le gouvernement, mené par la ministre d'État (équivalent du premier ministre en France) Helle Thorning-Schmidt, issue du Parti social-démocrate. Cet accord a été voté par le Parlement danois justement ce 30 janvier, rendant du coup Goldman Sachs acquéreur de 19% du capital de l'entreprise.

En outre, ce qui énerve les socialistes danois et les a poussé à quitter le gouvernement, c'est que Goldman Sachs, avec seulement 19% du capital de Dong Energy, dispose d'une clause dans l'accord de novembre, accordant un droit de veto sur tout changement au sein de la direction, alors que la loi du royaume du Danemark stipule qu'il faut au moins 33% du capital pour avoir un tel droit. Enfin, il y aurait eu une meilleure offre, de la part d'un fonds de pension danois, PensionDanmark, que le ministre des Finances social-démocrate, Bjarne Corydon, a rejeté, affirmant ensuite qu'elle a été inférieure à celle de Goldman Sachs.

En tout cas, malgré les manifestations (200 000 danois signant une pétition contre l'entrée de la sulfureuse banque dans le capital), c'est entériné. Maintenant, les sociaux-démocrates et leurs alliés radicaux n'auront pas d'autre choix que de glisser vers le centre-droit, voire la droite, pour former un gouvernement avec les libéraux par exemple.

Commenter cet article