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Quand Internet déforme le lien économique et social

Publié le par JoSeseSeko

Quand Internet déforme le lien économique et social

Depuis une quarantaine d'années, tout au plus, une 3ème révolution industrielle se déroule, avec comme industrie phare, l'informatique. La massification de l'informatique, et de son grand bébé qu'est Internet, a produit un basculement des structures de l'activité économique ainsi qu'un bouleversement des rapport sociaux, permettant l'hypothèse de faire de la Terre un "village mondial", où la proximité est forte, même si deux personnes vivent à plus de 10 000 kilomètres de distance.

Ce basculement des structures économiques n'est pas sans conséquences. Dans la théorie économique, on peut remercier l'économiste autrichien Joseph Aloïs Schumpeter pour ses travaux sur l'innovation, source de cycles économiques plus ou moins longs, et notamment sur l'idée de "destruction créatrice". Késaco? Cette notion signifie qu'une nouvelle technologie est plus productive pour l'ensemble de l'économie, et rend obsolète d'anciennes activités. On peut prendre plusieurs exemples tels la machine à vapeur, qui s'est appliquée sur la navigation, rendant les voiliers obsolètes, car les bateaux à vapeur permettent de transporter davantage de marchandises en un temps plus court. Donc la question du gain de temps est primordiale pour qu'une innovation prenne la forme d'une révolution.

Avec l'informatique, on est dans ce cas vu que l'échange d'informations, de marchandises, est plus rapide, plus étendu dans l'espace. De ce point de vue-là, on peut crier: "vive le progrès!" Néanmoins, ce "progrès" peut laisser de l'amertume, avec la mise en danger d'autres industries, telles le papier, et les secteurs qui y sont liés. Deux exemples presque tragiques illustrent bien cet effet pervers. La presse écrite et le courrier postal.

La presse écrite subit une crise depuis une dizaine d'années, avec une baisse du lectorat, davantage tourné vers Internet, puis une baisse des recettes publicitaires d'autant plus dangereuse que ces dites recettes représentent la moitié, sinon plus, de la plupart des grands journaux en France (Le Monde, Le Figaro, Libération, Les Échos). Par conséquent, les conditions de travail des journalistes (je ne parle pas des têtes de gondole affichées à la télé, ou audibles à la radio) se sont dégradées, ce qui rend le métier de plus en plus difficile à en vivre décemment. Mais Internet, qui est en mode bourreau de la presse écrite, peut aussi en être le sauveur puisque les journaux se sont progressivement mis à la politique de l'abonnement en ligne, qui commence à générer des revenus non négligeables, et le succès à terme du journal en ligne Mediapart montre tout de même que les gens chercheront toujours à s'informer, à lire.

Le courrier postal est en chute chronique, ces dernières années, et du coup la direction de La Poste cherche à restructurer l'entreprise publique. Cela a commencé avec une diversification, via la Banque Postale, puis la transformation en une société anonyme. Maintenant, les questions de suppression de centres de distribution se posent et cela signifie forcément que des postiers vont rester sur le carreau. Et en ce moment, plusieurs centres de distribution sont en grève, craignant justement leur mise à mort. Mais on en parle relativement peu, car les mass media préfèrent parler de la coupe du monde bourgeoise au Brésil, ou de la grève de la SNCF, qu'ils dénoncent sans vergogne. Par conséquent, le lien social, qui est la valeur ajoutée des postiers auprès des ménages à qui ils envoient le courrier qui leur est destiné, s'étiole de plus en plus, et conduit à un isolement entre les êtres.

Vu comme ça, cela n'a pas l'air très charmant, c'est sûr, mais je le répète, le progrès qu'apporte l'industrie informatique est une meilleure productivité des personnes, une meilleure qualification et une ouverture élargie au reste du monde. Pourtant, l'informatique amène bizarrement à un abaissement du niveau d'exigence orthographique, notamment avec les réseaux sociaux, où la génération 90-2000 s'exprime avec une multiplication de fautes d'orthographe, qui se révèle pénalisante car les entreprises surveillent de près les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Linkedin, etc.) pour savoir qui est sérieux, qui est crétin.

Pour terminer cet article qui va un peu dans tous les sens (et vous m'en excuserez peut-être, chers lecteurs), il serait efficace de retenir un paradoxe: le virtuel réduit la distance informationnelle mais augmente la distance physique. En effet, comme je l'ai déjà mentionné, on peut échanger avec n'importe qui dans le monde, sans se déplacer. Mais cela crée un contact virtuel, généré par le smartphone, l'ordinateur ou la tablette, et on ne cherche moins à générer un contact physique, où peut toucher réellement notre interlocuteur/trice, le voir, l'entendre parler de près.

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