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Une économie parallèle à comptabiliser

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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Dans des pays développés en crise ces dernières années, toutes les têtes réfléchies recherchent des sources de croissance et comment les estimer. Jusqu'à présent, c'est l'économie dite réelle plus l'économie dite financière qui sont comptabilisées dans les instituts de statistiques tels l'Institut de la statistique et des études économiques (Insee) en France, et Eurostat, sur l'ensemble de l'Union européenne. Ce dernier, captant les données nationales des pays membres, dont celles de l'Insee.

Ces dernières semaines, Eurostat indique aux instituts nationaux qu'ils doivent comptabiliser l'économie souterraine, notamment le trafic de drogue et la prostitution dans leur calcul du produit intérieur brut (PIB). Certains pays tels la Belgique, la Grande-Bretagne, l'Italie suivent cette recommandation d'Eurostat dans leurs statistiques mais en France, l'Insee refuse, tout en laissant la possibilité d'intégrer le trafic de drogue dans son calcul du revenu national brut (RNB). La différence entre PIB et RNB tient en ceci: le PIB concerne toute personne physique et morale nationale ou étrangère résidant sur le territoire tandis que le RNB concerne seulement les personnes physiques et morales nationales. Or, qui dit économie souterraine, dit problème d'estimation. Les statisticiens vont avoir beaucoup de mal à mesurer l'impact du trafic de drogue et de la prostitution dans le PIB.

Cette intégration de l'économie informelle dans la statistique macroéconomique n'est pas sans raison. En effet, cela peut accroître, tel un produit dopant, les performances économiques d'un pays. Le cas de l'Italie est assez frappant. En intégrant les recommandations d'Eurostat, la péninsule connaîtrait une croissance prévue pour 2014 de 2,4% du PIB, contre 1,3% si la drogue et la prostitution n'étaient pas prises en compte. Et cela est lié au poids économique et historique de la mafia, notamment dans le sud, qui gère à la place de l'État ou d'autres particuliers les affaires économiques de cette partie de l'Italie qu'est le Mezzogiorno. Mais cela ne veut pas forcément dire qu'il y a des emplois sûrs, une baisse du chômage dans ce cas et ce sera plus un trompe-l’œil, même si ça décrirait mieux la réalité économique d'un pays.

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