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Le Sarkoshow ou comment berner les masses

Publié le par JoSeseSeko

Le Sarkoshow ou comment berner les masses

Comme nombre de français, ce 2 juillet 2014, j'ai regardé l'interview que Nicolas Sarkozy, ancien président de la République de 2007 à 2012, a accordé à TF1 et Europe1, suite à sa mise en examen pour "trafic d'influence, corruption active", etc.

Durant cet entretien, l'ancien président s'est montré énervé, écœuré du traitement qui lui est réservé, émettant des doutes sur les juges d'instruction chargés de son dossier, et notamment la juge Claire Thépaut, sur le seul fait qu'elle soit syndiquée au syndicat de la magistrature, un syndicat très marqué à gauche politiquement. Et bien sûr, ses amis politiques suivent en bons toutous la marche indiquée par le maître, tant ils lui sont dévoués. Mais la procédure judiciaire n'est pas la seule cible dans ce tir de mitrailleuse nourri, hier soir. Le gouvernement actuel, avec l'actuel premier ministre Manuel Valls, sinistre aile droite du Parti socialiste, et la garde des Sceaux, Christiane Taubira, ne sont pas oubliés par Sarko, dont il considère qu'ils étaient au courant, semant le trouble sur l'indépendance de la justice. Cela dit, de la part de quelqu'un qui a semé tellement de discordes, et mis la pression sur cette institution pour qu'elle soit corvéable quand il était à l'Élysée, ça sent fort le café.

Mais comme Dominique Strauss-Kahn, dont il n'a pas fait allusion et pourtant, l'acharnement dont il se considère comme victime est pitoyable à côté de celui qui concerna DSK en 2011, il se retrouve coincé par les affaires judiciaires au moment le plus opportun dans sa vie politique. Son parti, l'Union pour un mouvement populaire, a été vaincu aux élections européennes du 25 mai, est englué dans l'affaire Bygmalion, dans laquelle l'ancien président est relié à travers ses comptes de campagne qui avaient déjà posé problème en 2013, et se retrouve sans véritable chef puisque Jean-François Copé, suite à ces deux mauvaises nouvelles, a dû démissionner, laissant la place à un triumvirat provisoire, composé des anciens premiers ministres François Fillon, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin. Bref, chez Sarko et ses proches, on crie au "complot".

Mais vu sa prestation, et il l'a dit, Sarkozy est décidé à revenir. Quand bien même, il avait annoncé le contraire au moment de l'élection de 2012. Mais ce qui est frappant avec lui, et si on connait l'Histoire de France, je vous le dis: vous mélangez Georges Danton avec Napoleone Buonaparte (pardon, Napoléon Bonaparte), vous obtenez bel et bien Nicolas Sarkozy. Comme le tribun (et avocat) Danton, il est accusé de corruption et il a le culot d'accuser l'institution qui le met en examen, persuadé qu'ils ne trouveront rien, permettant ainsi de se faire une légende dorée. Comme le caïd Bonaparte, le "voyou de la République" (pour reprendre un titre de numéro du journal Marianne) est au service de la classe possédante, même si la France doit se retrouver saignée.

Une chose est sûre, la morale du Sarkoshow est la suivante: "il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont!"

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