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Quand la Russie souffle le chaud et le froid avec le reste de l'Europe...

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Yasuyoshi Chiba/AFP

Photo: Yasuyoshi Chiba/AFP

Les relations entre les pays de l'Union européenne et la Russie sont des plus complexes en ce moment. Suite au crash de l'avion MH17 de la Malaysian Airlines, jeudi 17 juillet, cette tragédie remet en avant la situation de l'Ukraine, où dans les provinces frontalières avec la Russie, les séparatistes pro-russes en ont le contrôle. Or, c'est dans cette partie de l'Ukraine que l'avion a fini sa trajectoire. Du coup, le gouvernement ukrainien accuse les séparatistes, et indirectement, le pouvoir russe, d'avoir abattu l'avion, et réciproquement. Toujours est-il que cet épisode rajoute un surplus de tension des pays de l'UE, avec les États-Unis qui regardent ça de très près, envers la Russie de Vladimir Poutine. Des menaces persistent sur la tête de l'homme fort du Kremlin et de certains de ses riches soutiens, mais Poutine a de quoi répondre, au niveau économique.

La première réponse correspond à l'énergie. Le gaz russe est très prisé dans l'UE, où certains pays, tels l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et la Finlande sont entièrement dépendants du gaz russe, ou un pays comme l'Allemagne, où le gaz russe correspond à près de 40% des importations gazières. Il est clair que vouloir sanctionner la Russie, c'est se tirer une balle dans le pied.

La deuxième réponse que peut apporter Poutine si jamais on le sanctionnait, c'est qu'il exporterait les biens et services russes ailleurs. Dans la lignée des accords commerciaux signés avec la Chine, en début d'année, signe d'une amélioration des relations entre Moscou et Pékin, le sommet des BRICS (Brésil; Russie; Inde; Chine; Afrique du Sud) qui s'est déroulé à Fortaleza, mi-juillet, indique une mise en place d'une alternative aux institutions occidentales d'après-guerre que sont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Suite à ce sommet, il est prévu de créer une Nouvelle banque de développement pour 2015, destinée à détruire l'hégémonie du dollar, capable de renverser les devises des pays émergents pour le seul intérêt des États-Unis, et par conséquent, à préparer un nouveau modèle monétaire international, où le rouble russe, le rand sud-africain, le réal brésilien, la roupie indienne ou encore le renminbi chinois auraient un poids renforcé dans les échanges commerciaux. Un bémol subsiste néanmoins: cette alliance est composée de pays aux structures économiques opposées. Le Brésil est très tourné sur l'agriculture, peu sur l'industrie, la Russie et l'Afrique du Sud reposent en grande partie leur puissance économique sur les matières premières (gaz et pétrole en Russie; minerais en Afrique du Sud), la Chine et l'Inde ont développé une industrie de plus en plus pointue, les faisant passer du statut "d'usine du monde" à celui de "laboratoire du monde". L'édifice des BRICS reste encore à solidifier.

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