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SwissLeaks ou une fraude fiscale globale

Publié le par JoSeseSeko

Photo: capture d'écran

Photo: capture d'écran

Une enquête menée par plusieurs journalistes d'investigation et publiée par différents journaux, dont Le Monde et le Guardian, met à jour un vaste système de fraude fiscale, basé en Suisse par la banque HSBC.

211 milliards de dollars (186,25 milliards d'euros)! Voilà le montant vertigineux estimé par des journalistes d'investigation au cours d'une enquête qu'ils ont mené sur un système globalisé de fraude fiscale, mise en ligne dimanche 8 février (cf premier lien en bas de page). Les auteurs soulignent que 106.000 clients particuliers de 203 pays y sont découverts.

Une forte contribution française

La France est l'un des pays qui compte le plus de fraudeurs dans cette enquête. En fait, c'est le pays qui en compte le plus, avec près de 10.000 clients fraudeurs, derrière la Suisse et ses plus de 11.000 clients. Le montant de la fraude française par les journalistes est estimé à 12,5 milliards de dollars. Soit 1,36 million de dollars en moyenne. La France est à la 5e place dans le classement par montant, loin derrière la Suisse et ses 31,2 milliards de dollars, le Royaume-Uni ou encore... le Venezuela. Les anti-chavistes ne tiennent pas à se faire voler par le pouvoir démocratique de Maduro, plaident-ils sûrement.

Ce qui est intéressant dans cette histoire, c'est que les journalistes ont révélé des personnalités. Au niveau français, trois personnes sortent du lot. D'abord Arlette Ricci, héritière de la maison de mode Nina Ricci; ensuite Jacques Dessange, coiffeur et fondateur de la marque éponyme; enfin, l'humoriste Gad Elmaleh. Ce qui explique enfin pourquoi ce dernier a participé à une campagne de publicité pour une banque, soit dit en passant.

Un panel large

Dans la liste révélée, outre les cas français, on remarque qu'il y a un large tour d'horizon. Il y a des têtes couronnées (les rois Mohamed VI du Maroc et Abdallah II de Jordanie, etc.), des entrepreneurs, des banquiers (Emilio Botín, ancien dirigeant de la banque espagnole Santander mort en 2014), des personnalités de la culture ou de la mode (le top Elle MacPherson, le musicien Phil Collins).

Puis il y a le monde sportif. Le football, avec le joueur uruguayen Diego Forlán, le tennis avec notamment l'ancien champion russe Marat Safin, mais surtout les sports mécaniques. La moto avec le septuple champion du monde 500cm3 et MotoGP italien Valentino Rossi et la Formule 1, bien représentée. D'abord, le pilote finlandais Heikki Kovalainen, ensuite le pilote espagnol Fernando Alonso, double champion du monde (2005, 2006) et enfin l'ancien directeur d'écurie et agent des deux personnes citées, l'italien Flavio Briatore.

Fraude pour les riches.

Dans la carte globale de la fraude fiscale, les auteurs montrent finalement que les fraudeurs viennent essentiellement des pays développés et émergents, notamment la Grèce, qui pourrait compter davantage de fraudeurs avec la victoire de Syriza aux élections législatives du 25 janvier dernier. Avec toutefois une ou deux exceptions puisque la Chine et la Russie comptent relativement peu de fraudeurs, ainsi que les pays nordiques, en particulier la Norvège, le Danemark et la Finlande, qui ont pourtant une fiscalité très progressive, très lourde pour les hauts revenus, au minimum aussi imposante qu'en France. Ce qui peut faire rappeler combien la liberté, en l'occurrence celle de frauder le fisc, est indéniablement liée au capital financier que l'on possède, comme le disait déjà Karl Marx au XIXe siècle.

Cette affaire tombe à point nommé puisqu'un documentaire intitulé "Le prix à payer" sort prochainement au cinéma. Et il traite de la fraude fiscale, mais cette fois-ci, des multinationales, qui sont passées expertes dans ce domaine. Il se trouve que l'économiste Thomas Piketty, dont la renommée est devenue globale avec son Capital au XXIe siècle, qui a récemment refusé, de manière honorable, la Légion d'honneur, était venu défendre ce docu durant l'émission "On n'est pas couché" de Laurent Ruquier samedi 7 février. Comme quoi, le hasard peut bien faire les choses!

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