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Croisée des chemins pour les écolos?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Maxppp

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Les résultats des élections départementales ont fragilisé le parti écologiste, où une fracture existe en interne, entre les pro-gouvernement et les défenseurs d'une alliance plus à gauche. Rien de tel pour être au bord de l'implosion.

Si l'année 2015 tient à être l'année de l'écologie en France, avec le sommet sur le climat qui aura lieu à Paris, en fin d'année, elle semble ne pas être une bonne année pour Europe écologie-les Verts (EELV). Le parti écologiste a connu, comme l'ensemble de la gauche française, une torgnole aux élections départementales avec 2% des voix au niveau national, et un peu plus d'une trentaine de conseillers départementaux. Mais le chiffre donné au sujet des voix est biaisé car EELV n'a pas présenté des candidats dans tous les cantons.

Une déchirure interne

Toujours est-il que le parti montre à l'opinion publique une déchirure interne. Une telle division qui renforce l'impopularité, déjà énorme, des écologistes auprès des électeurs. Le premier camp est celui des pro-gouvernement, ou comme disent les mass media, les "hollando-compatibles". Parmi eux, figurent le sénateur Jean-Vincent Placé, les députés François de Rugy et Barbara Pompili, tous trois étant d'ailleurs les présidents du groupe écolo au Sénat et à l'Assemblée nationale. Et selon certains observateurs, ils seraient tentés de rentrer au gouvernement, même s'ils s'en défendent, notamment Pompili, durant son passage à l'émission "On n'est pas couché", le samedi 4 avril. En tout cas, ce sont des soutiens bienvenus pour un gouvernement qui tend vers la minorité, avec des députés du Parti socialiste (PS) qui s'opposent formellement à la politique de Manuel Valls, étant ainsi surnommés "les frondeurs".

Le camp adverse est représenté notamment par la députée et ancienne ministre du Logement Cécile Duflot. Elle avait quitté le gouvernement à partir du moment où Valls était nommé Premier ministre, et n'a pas changé d'avis depuis. Mieux, elle serait de plus en plus tournée vers le Front de gauche (FG), notamment suite à la main tendue de Jean-Luc Mélenchon et d'accords électoraux organisés localement et qui sont loin d'être inefficaces, comme à Grenoble par exemple.

écologie vs écosocialisme?

Durant son passage à "On n'est pas couché", Barbara Pompili a tenu à défendre les accords signés avec le PS, peu avant l'élection présidentielle de 2012, quitte à ce que les chroniqueurs de l'émission, notamment Aymeric Caron, rappellent les couleuvres avalées depuis, avec pour exemple la centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France en activité, dont la fermeture prévue pour fin 2016, ne pourrait pas se faire à la fin du mandat de François Hollande (mai 2017). D'ailleurs, Caron a trouvé comme formule au sujet de la ligne pro-gouvernement au sein d'EELV en l'appelant le "parti radical-écologiste".

Cette formule a du sens vu que Pompili se méfie de Duflot et ne se montre pas tendre avec Mélenchon et le FG, qui développe une thématique liée à l'écologie politique qu'est l'écosocialisme. Késaco? C'est la mise en relation de l'écologie avec le socialisme, partant du principe que le capitalisme est non seulement source d'inégalités entre les classes sociales, mais également source de danger pour l'environnement. Il faut dire que les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de croître depuis la 1ère Révolution industrielle (fin XVIIIe-début XIXe siècle), jouant un rôle sur le dérèglement du climat, avec en plus une démographie qui complexifie la répartition des terres et des richesses. Ce concept semble nouveau pour la gauche radicale, en France comme ailleurs, comme l'expliquait la chroniqueuse Léa Salamé. Mais en fait, ce n'est pas nouveau puisque des économistes "classiques" tels Thomas Malthus ou Karl Marx mettaient dans leurs écrits la thématique écologique, sous l'angle du rapport entre l'homme et la nature, au XIXe siècle. Mais ces textes ou parties de textes ont été pendant longtemps ignorés par les meneurs politiques avant d'être relus et portés par les générations actuelles d'intellectuels tournés vers l'écologie.

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