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Léger optimisme pour la France

Publié le par JoSeseSeko

Léger optimisme pour la France

Ces derniers temps, plusieurs instituts revoient à la hausse leurs perspectives de croissance au sujet de l'Hexagone, même si les facteurs qui jouent du bon côté pourraient bien changer dans le mauvais sens pour Paris.

Le pari de l'inversion de la courbe du chômage prôné depuis longtemps par le président François Hollande pourrait (je mets bien au conditionnel) se faire pour 2016 et au-delà. En tout cas, un vent d'optimisme semble souffler autour de la France, et d'autres pays développés. Le Fonds monétaire international (FMI) a publié mi-avril son regard sur l'économie mondiale (traduction plutôt littérale du World Economic Outlook), apportant des modifications par rapport à ce qu'il prévoyait en janvier.

1,5% en 2016

Pour le cas français, la croissance irait vers 1,2% en 2015 et 1,5% en 2016, alors que le FMI prévoyait respectivement 0,9% et 1,3%. Le niveau prévu pour 2016 correspond pour plusieurs économistes, notamment ceux de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), au seuil minimum pour que le chômage diminue globalement sur une année.

D'ailleurs, l'OFCE se montre encore plus optimiste que le FMI ou le ministère des Finances puisqu'il prévoit, quant à lui, 1,4 et 2,1% de croissance pour l'économie française en 2015 et 2016, dans un communiqué du 16 avril.

Des freins désserrés

Tant pour le FMI que pour l'OFCE, deux raisons majeures font que les projections de croissance vont en s'accélérant pour Paris. Tout d'abord le prix du pétrole. En effet, l'or noir a depuis juin 2014 perdu la moitié de sa valeur sur les marchés financiers, ce qui le rend moins cher à l'importation pour un pays qui en est dépendant, comme c'est le cas pour la France. Du coup, les entreprises, ménages ou administrations publiques récupèrent du cash grâce à ce bonus pétrolier, si je puis dire, et peuvent se permettre d'en consommer davantage, notamment du côté des particuliers avec la voiture. Néanmoins, ce sont les pays producteurs qui tirent la langue vu cette récente évolution, comme le Nigéria, le Venezuela ou la Russie et se trouvent ainsi pénalisés. Bref, "le malheur des uns fait le bonheur des autres."

Ensuite, c'est l'euro. La monnaie unique, sous l'impulsion du banco quantitatif de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, se déprécie au fil des semaines (taux de change euro/dollar inférieur à 1,10$ depuis mars 2015), tendant à se rapprocher de cette parité "1€ = 1$", qui était l'objectif initial des défenseurs de l'euro, de plus en plus décriés vu les dégâts causés par un euro "trop fort", selon leurs détracteurs. Cette baisse de valeur de l'euro rend les firmes plus compétitives au niveau mondial, améliorant ainsi leurs marges bénéficiaires.

Recul du déficit et du chômage?

Maintenant, reste à savoir les effets sur les comptes publics et le chômage et si cette tendance sera durable. Pour le moment, si cela s'avère pertinent, le chômage commencerait une décrue globale et continue, non plus sporadique, ce qui n'est pas sans conséquences heureuses sur le déficit public. En effet, moins de chômeurs dans ce cas, cela signifiera moins de dépenses d'allocations chômage, des rentrées fiscales croissantes (impôts+taxes+cotisations sociales), et en plus d'une amélioration des comptes des entreprises, alors le déficit pourrait mécaniquement se réduire, sans jouer sur des politiques d'austérité ô combien toxiques économiquement.

Mais serait-ce suffisant pour que ce déficit soit au niveau de 3% du Produit intérieur brut, seuil toléré par les traités européens depuis le traité de Maastricht en 1992? Ce serait possible pour 2016, selon certains confrères journalistes. Néanmoins, cette spirale vertueuse comporte des écailles sérieuses. Tout d'abord, le prix du pétrole rend cette énergie plus attractive que les énergies renouvelables, et des patrons rationnels ne chercheraient pas à investir dans de ce qu'il y a de relativement plus coûteux. Or, à terme, le prix du pétrole devra remonter à cause de sa structure d'offre, de moins en moins disponible, face à une demande qui reste importante, quoiqu'en diminution ces derniers temps. Puis, ce prix du pétrole en baisse actuellement, crée de la déflation importée qui renforce la spirale déflationniste présente en France et ailleurs en Europe. Par conséquent, il faut rester prudent sur la dynamique de l'économie.

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