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Un équilibre de la terreur économique envers la Grèce

Publié le par JoSeseSeko

Photo: REUTERS/ Yves Herman

Photo: REUTERS/ Yves Herman

Les négociations en cours au sein de l'Eurogroupe, sur la dette publique grecque, avec le gouvernement d'Alexis Tsipras, ne cessent de traîner, malgré les concessions du Premier ministre grec. Les meneurs européens ne veulent rien lâcher, quitte à provoquer le "Grexit" redouté par eux-mêmes.

Même si aucun accord n'a pas été trouvé, les discussions avancent entre la Grèce et ses partenaires de la zone euro. Lors du sommet de l'Eurogroupe, qui s'est déroulé lundi 22 juin à Bruxelles, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, arrive avec des propositions qui semblent aller dans le sens des créanciers (hausse de l'impôt sur le revenu, relèvement de la TVA sur l'alimentation, etc.).

Poker menteur et marge réduite

Ce geste de la part d'Athènes montre bien l'inflexibilité de l'UE, dont le but avoué est de faire plier le gouvernement Syriza-Anel en jouant sur ses nerfs, avec la menace d'une banqueroute le 30 juin si ça en restait là. C'est une stratégie de poker menteur entre les deux parties, l'UE comptant agiter le "Grexit" pour faire peur aux Grecs, qui au fur et à mesure que les jours passent, retirent leur pécule des banques face à un blocage de l'économie du pays.

Cette première manche semble gagnée par l'UE, notamment l'Allemagne et les pays nordiques, tenants de la politique d'austérité et ils veulent que la Grèce rentre dans le rang, afin d'éviter que d'autres pays (Portugal, Espagne, Irlande, voire Italie et France) agissent de la même manière. Puis, ces concessions faites par Tsipras seraient de nature à fragiliser sa majorité parlementaire. Certains députés de l'aile gauche de Syriza considèrent ces concessions comme des "nouvelles mesures d'économies" (pour ne pas dire austérité), diamétralement opposées au programme électoral pour lequel Syriza sortit vainqueur des élections de janvier 2015, sachant qu'il jouirait d'une forte popularité selon différents sondages. En tout cas, cette aile gauche annonce qu'elle ne voterait pas ce plan-là, s'il devait être ainsi présenté à la Vouli.

Bonne ou mauvaise foi

D'un autre côté, ces propositions de la part de Tsipras indiquent une bonne foi de sa part quant à sa volonté ultime de vouloir rester dans la zone euro, à laquelle ses compatriotes sont fortement attachés. Et à ce compte-là, cela pourrait se retourner contre les créanciers d'Athènes, en particulier Bruxelles et Berlin car leur intransigeance sur la nécessité (selon eux) d'une politique d'austérité en Grèce les rend de plus en plus impopulaires dans ce pays et ailleurs en Europe.

À force d'en vouloir toujours plus, tel un enfant capricieux qui ne se lasse pas d'avoir des cadeaux, on finit par être étroit d'esprit et ingrat. Et c'est là le point faible des partenaires européens, d'autant plus qu'ils s'y mettent à plusieurs contre un seul pays, ô combien symbolique.

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