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Du respect au mépris: réactions contrastées après le non grec

Publié le par JoSeseSeko

Du respect au mépris: réactions contrastées après le non grec

Le "non" des grecs à l'accord du 25 juin entre la Grèce et ses créanciers ne laisse personne indifférent dans le monde politique et intellectuel français. Il marque encore un clivage droite-gauche, pour qui en doute encore, même si cela est devenu plus subtil de nos jours.

Pour voir de telles réactions à un vote d'une population par référendum, il faut bien remonter au "Non" des français et des néerlandais au Traité constitutionnel européen, il y a 10 ans déjà. Et pourtant, le référendum en Écosse l'an dernier a bien fait des remous auprès des possédants. Mais là, ce coup de tonnerre du Zeus électoral pousse aux commentaires diamétralement opposés, malgré que le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis quitte son poste alors que c'est la ligne du gouvernement auquel il appartient qui a gagné.

Cris de joie...

Les personnes les plus joyeuses sont naturellement du côté de la gauche radicale. Le Front de gauche, coalition regroupant notamment le Parti communiste (PC), le Parti de gauche (PG) et Ensemble!, salue volontiers cette victoire du gouvernement d'Alexis Tsipras en effectuant un rassemblement place de la République, à Paris, comme ce fut le cas quelques jours auparavant. L'eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, fondateur du PG, en a profité pour glisser une pique envers le gouvernement allemand, qui soutenait le "Oui", ainsi qu'au président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, dont les prises de position sur le référendum en ont exacerbé plus d'un.

 

 

Le leader communiste Pierre Laurent n'est pas en reste. Très inspiré, il rend hommage au pays où le terme démocratie a fait acte de naissance en Europe, et de sa réponse face aux tenants de l'orthodoxie économique et politique.

Chez les écologistes aussi, c'est des félicitations à tous crins. La députée et ancienne ministre Cécile Duflot souligne le vote massif des jeunes grecs pour le "non", ces derniers étant la plus grande cible de la politique d'austérité présente depuis 5 ans. La numéro 1 du parti écolo, Emmanuelle Cosse, souligne que le couple franco-allemand ne peut pas rester sourd au message des électeurs grecs.

Au Parti socialiste, c'est l'aile gauche qui se réjouit (pas l'aile droite). Le député et ancien ministre Benoit Hamon rappelle que c'est loin d'être terminé car le nouveau cycle de négociations qui va s'ouvrir devra forcément plancher sur la restructuration de la dette publique grecque à ses yeux. 

... déception et alarmisme

De l'autre côté de l'échiquier politique, à l'exception du Front national qui démontre son respect au résultat du référendum, ça se montre plus discret et plus alarmiste. Les anciens Premiers ministres François Fillon et Alain Juppé, tout comme le député Laurent Wauquie appellent à un changement dans le fonctionnement de la zone euro, ainsi qu'à une responsabilité assumée des grecs, qui donnent l'impression, pour eux, d'avoir abusé des largesses européennes (si on interprète leurs dires).

L'ancien ministre François Bayrou, ne cache pas quant à lui ses craintes sur l'ensemble de l'Europe, et estime que la Grèce est entrée dans "une période de grave et durable incertitude". 

Des bien-pensants désabusés

Nombre d'éditorialistes qui ont pris position pour le "Oui", aux Échos, au Monde, ou à Libération, ont eu du mal à accepter cette défaite personnelle. La seule réjouissance qu'ils ont est le départ de Varoufakis. Pour le coup, ils s'en donnent à cœur joie sur cette nouvelle

Il faut dire que certains ne comprennent pas cette victoire du "Non", s'offusquent même que la démocratie se soit exprimée (avec une abstention tout de même notable). Le pseudo-philosophe mais véritable danger politique Bernard-Henri Lévy ne mâche pas ses mots contre Tsipras, les électeurs grecs, qui agissent quelque part contre l'ordre établi auquel BHL adhère sans scrupule. 

Mais il n'y a pas que BHL et les éditorialistes de droite. D'autres ne cachent pas leur enthousiasme dans ce référendum et son résultat. Denis Sieffert, directeur de la rédaction de Politis, Joseph Macé-Scaron, rédacteur en chef de Marianne ou Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives Économiques, ne sont pas nés de la dernière pluie. La preuve:

En tout cas, cette histoire va laisser des traces. 

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Charlot François 06/07/2015 20:18

Et vous proposez quoi vous, cher Monsieur ?