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Une année décisive en RDC

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Radio Okapi/John Bompengo

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Photo: AFP/FEDERICO SCOPPA

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Photo: Radio Okapi/John Bompengo

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En cette année marquée par les élections présidentielles et législatives, la République Démocratique du Congo (RDC) pourrait bien connaître une alternance pacifique inédite dans son histoire. Mais ça semble pourtant hypothétique vu le comportement du pouvoir en place.

Il se pourrait bien que l'année 2016 soit l'année la plus importante de l'histoire de la RDC, après son indépendance en 1960. En vertu du calendrier électoral établi par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l'élection présidentielle et les législatives sont prévues pour le mois de novembre prochain. L'enjeu est d'observer une alternance politique de manière pacifique dans le pays le plus peuplé de la francophonie.

Kabila le mutique

Un homme concentre beaucoup d'attentions sur son attitude au sujet des élections, c'est Joseph Kabila. L'actuel président de la République se fait remarquer par une politique du mutisme sur son avenir politique puisqu'il entre dans la dernière année de son deuxième mandat, et que selon la Constitution en place depuis 2006, le président ne peut dépasser deux quinquennats. Or, Kabila fils, au pouvoir depuis 2001 suite à l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, élu en 2006 puis en 2011, ne peut plus se représenter, conformément à la Constitution.

Mais son silence semble trahir une envie de rester au pouvoir ad vitam aeternam, ce qui le ferait considérer comme un héritier de Mobutu plutôt que du Mzee Kabila père. La CENI a beau dire que le calendrier électoral sera maintenu, mais cela dépend en vérité de Kabila, qui a les clés. En tout cas, des politiciens internationaux, tels le ministre des Affaires étrangères belge Didier Reynders ou son homologue états-unien John Kerry, mettent la pression sur l'hôte du Palais de la Nation, afin qu'il permette une transition démocratique, ce qui serait en réalité une première car depuis son indépendance (fictive), l'ex-Zaïre a connu des alternances dans le sang.

Une opposition morcelée et puissante

Face à Kabila et à son camp, l'opposition semble se renforcer mais elle est loin d'être unique! Suite à la vague de répression sanglante contre des manifestants et des textes de loi détricotant peu à peu la Constitution ou le calendrier électoral, des anciens membres de la majorité présidentielle se sont glissés vers l'opposition au cours de l'année 2015. Ces "frondeurs", collaborant avec d'autres partis d'opposition, ainsi de membres de la société civile, pour former le "Front citoyen 2016". Un renfort de poids est venu début janvier 2016, en la personne de Moïse Katumbi. L'ancien gouverneur du Katanga, la riche province minière du Sud-Est du pays, qui a longtemps soutenu Kabila, s'est éloigné du président considérant que le pouvoir prend une tournure autocratique avec des "arrestations arbitraires des militants pro-démocratiques et intimidations de toutes sortes". Il se propose comme candidat de l'opposition, à condition qu'il y ait des primaires (cf lien n°1). Quelque part, Katumbi, hommes d'affaires et dirigeant d'un club de football - le TP Mazembe, trois fois vainqueur de la Ligue des champions africaine sous sa présidence -, peut surpasser le Français Bernard Tapie et l'Italien Silvio Berlusconi, vu leurs trajectoires personnelles très similaires (hommes d'affaires ayant réussi dans le football et s'impliquant dans la vie politique nationale).

Encore faut-il que tous les partis d'opposition se regroupent dans ce Front citoyen 2016. Notamment le plus ancien de tous, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Et ça semble mal parti puisque le principal fondateur du parti, Étienne Thsisekedi, candidat malheureux en 2011, est tenté par une nouvelle candidature. Actuellement à Bruxelles (Belgique), pour des raisons de santé, le "Sphinx de Limete", comme il est surnommé, annonce un retour "imminent" au pays, pour mener la campagne électorale (cf lien n°2). Il faudra déjà convaincre son camp car au sein de l'UDPS, plusieurs cadres veulent tourner la page Tshisekedi, d'autant plus qu'il n'est plus tout jeune - 83 ans depuis le 14 décembre dernier! -, et que durant sa convalescence, ce fut l'un de ses fils, Félix Tshisekedi, qui dut gérer tant bien que mal la maison UDPS.

Pour le moment, un match à trois semblerait se dessiner au Congo-Zaïre. Mais la vie politique congo-zaïroise, comme ailleurs dans le monde, n'est jamais à l'abri de renversements. Pour le meilleur et pour le pire!

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