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Suppression en chaîne chez Airbus

Publié le par JoSeseSeko

Photo: ERIC CABANIS / AFP

Photo: ERIC CABANIS / AFP

L'annonce, mardi 29 novembre, de la suppression nette de près d'un millier d'emplois chez Airbus, dont plus de la moitié en France, suscite des interrogations et des inquiétudes, le tout dans un contexte concurrentiel également en berne.

Coup de froid pour les salariés d'Airbus Group. Le groupe industriel aéronautique, qui s'appelait encore EADS fin 2013 a organisé une réunion, mardi 29 novembre, au siège social à Blagnac (Haute-Garonne), avec les syndicats, pour indiquer l'ampleur du plan de restructuration du groupe d'ici 2018. Un euphémisme pour parler de 1.134 postes supprimés dans un effectif d'environ 136.000 salariés à travers l'Europe, notamment en France et en Allemagne, dont les États respectifs détiennent plus de 20% du capital du groupe, en faisant la somme de leur part respective (10,93% pour la France; 10,91% pour l'Allemagne). Mais dans le même temps, le groupe promet 230 embauches, ce qui fait qu'il n'y aurait que 934 suppressions nettes d'emplois.

Départs volontaires

Mais qui serait ciblé par les suppressions? Principalement les sites de Suresnes (Hauts-de-Seine) et d'Ottobrunn (Allemagne), dont une partie serait transférée vers Toulouse (cf lien n°1). Il est même question que le site de Suresnes, pourtant un lieu de recherche, soit simplement fermé d'ici mi-2018, selon le syndicat Force Ouvrière, mais la direction affirme qu'une dizaine d'emplois, liés à la relation publique, seront maintenus à Suresnes. En tout cas, tout ceci veut être un plan basé sur le volontariat, notamment pour les départs en retraite. "Si nous n'y parvenons pas, nous serons obligés ensuite de rentrer dans des licenciements économiques contraints", précise le groupe (cf lien n°2). La crainte de licenciements secs, soulevée par les syndicats, est présente dans le discours de la direction. En tout cas, la France sera majoritairement concernée car 640 des 1.134 emplois supprimés le seront dans l'Hexagone, selon la Confédération générale des cadres.

"Une logique financière"

Du coup, FO et d'autres syndicats critique "une logique financière" dans le plan de restructuration du groupe. Et ce, d'autant plus que ces derniers temps, Airbus Group détient un carnet de commandes à hauteur de 1.000 milliards d'euros, soit 8 à 10 ans de production. Du coup, les marchés financiers n'ont pas l'air insensibles à ce qui passe puisque le cours de l'action Airbus Group, mardi 29 novembre, passe la barre de 60 euros, une première depuis mai 2016. Ce qui n'est pas sans rappeler que fin 2013, un précédent plan de suppression d'emplois, plus drastique (5.800 postes en Europe sur trois ans), avait également fait bondir le cours boursier du groupe aéronautique. Signe que les dividendes à fournir comptent davantage que les salaires à verser.

D'un autre côté, la concurrence se montre plus destructrice. Boeing, le grand rival états-unien d'Airbus, a annoncé début 2016 4.550 suppressions de postes pour 2016 et au-delà. Bombardier, le géant canadien de l'aéronautique et du ferroviaire - concurrent d'Alstom, dont le plan de restructuration et l'intervention de l'État ont fait grand bruit en septembre-octobre 2016 - a pour sa part déclaré vouloir diminuer ses effectifs de 7.500 personnes en octobre. Alors vu comme ça, le plan d'Airbus apparaît comme un moindre mal. Mais c'est déjà un mal en soi, qui peut perdurer sans trop faire de vague.

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