Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La valse de la primaire "socialiste"

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

Photo: AFP

Le renoncement récent de Marie-Noëlle Lienemann à la primaire socialiste réduit le risque d'éparpillement des voix de l'aile gauche du Parti socialiste, même si d'autres candidatures ont été annoncées ces derniers jours. Le tout avec un Manuel Valls qui semble parti pour être en duel face à Arnaud Montebourg.

"La primaire du PS, ce n'est rien d'autre qu'un congrès [...] avec des querelles de clans" lance Emmanuel Macron, que l'état-major du Parti socialiste aimerait convaincre d'y participer; au même titre que Jean-Luc Mélenchon. Il faut dire que ces deux personnalités politiques, aux idées diamétralement opposées, semblent attirer du monde, prenant le PS entre ces deux feux. Ce qui ne peut qu'inquiéter le futur vainqueur de la primaire de gauche, dans la perspective de l'élection présidentielle en 2017.

Refus, désistements et annonces

Il n'empêche, il y a une agitation contradictoire autour de cette primaire. D'un côté, des candidats comme Pierre Larrouturou de Nouvelle donne ou Bastien Faudot, du Mouvement républicain et citoyen (MRC), qui ont affiché leur envie de prendre part à cette primaire, ne sont pas acceptés par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis (cf liens n°1 et 2). Une "incompréhension" pour les intéressés, qui gardent une dent envers Cambadélis, qui mènerait une sélection pour les primaires "à la tête du client". Cela dit, dans le cas de Faudot et du MRC, c'est assez cocasse. Il s'est déclaré en campagne en février dernier pour représenter une ligne "républicaine et souverainiste" dans une gauche qui aurait perdu l'idée de Nation, égratignant le PS à cet égard. Mais à l'instar de son aîné, Jean-Pierre Chevènement, fondateur du MRC et ancien socialiste, Faudot, appuyé par la majorité de la direction de ce parti, semble rentrer dans le rang, suppliant de faire partie de la primaire et négociant sans doute des sièges pour les législatives.

De l'autre, il y a du désistement et des annonces au sein du PS. Il n'y a pas que le président François Hollande qui a préféré ne pas se lancer dans cette primaire. Marie Noëlle Lienemann a préféré jeter l'éponge alors qu'elle s'était déclaré candidate depuis quelques mois, faisant campagne pour avoir les parrainages. Mais dans une interview au Monde (cf lien n°3), elle explique son retrait par une volonté de ne pas émietter les voix de l'aile gauche du PS et appelle les autres candidats de l'aile gauche (Gérard Filoche, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg) à se rassembler autour d'une candidature.

Enfin, un socialiste qui avait disparu des radars médiatiques refait surface, Vincent Peillon. L'ancien ministre de l'Éducation nationale devrait annoncer sa candidature dimanche 11 décembre (cf lien n°4). Une candidature qui est un peu en mode pied de nez envers ses camarades Montebour et Hamon, avec qui il avait fondé un courant, le Nouveau parti socialiste, au début des années 2000, et elle veut rallier certains soutiens de Hollande qui n'étaient pas tentés de se ranger derrière Manuel Valls, candidat depuis le lundi 5 décembre. Ce qui peut donner une réserve potentielle de voix pour l'ancien Premier ministre, si les citoyens votant à la primaire gardent un bon souvenir de Peillon.

Un duel Montebourg-Valls?

Pour l'instant, dans ce panier de crabes qu'est la primaire de gauche, au moins six personnes sont candidates (en attendant confirmation au sujet de Peillon): Valls, Montebourg, Hamon, Filoche, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias. Que des hommes! Déjà, c'est un marqueur très désagréable à remarquer. Ensuite, les mass media semblent être sensibles à l'idée d'un duel entre Valls et Montebourg, qui symboliserait deux lignes opposées. Celle de Valls, inscrite dans le social-libéralisme qui marginalise un PS aux abois, avec un accent autoritariste à peine masqué, comme l'État d'urgence en place depuis novembre 2015. Celle de Montebourg serait plus interventionniste au niveau économique, avec comme credo le "made in France" qu'il vantait, du temps où il était ministre du Redressement productif ou ministre de l'Économie.

Dans tous les cas, il y a de quoi attendre à voir, même si Valls a davantage fait ses preuves. Toujours est-il que l'idée de primaire, qui est un élément indiquant une américanisation de la France, n'est guère démocratique car les idées sont aseptisées, les sondages sont davantage mis en avant - même si c'est trompeur -, puis surtout, vu que ces primaires sont ouvertes, il n'y a pas intérêt à vouloir militer dans un parti politique. Or, à l'heure où le militantisme chute en France et que les finances des partis politiques sont dans le rouge en général, suivre la mode des primaires correspond à aller droit dans le mur.

Commenter cet article