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Mélenchon en mode youtubeur

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran Youtube

Photo: Capture d'écran Youtube

Ces dernières semaines, la stratégie de campagne de Jean-Luc Mélenchon passe essentiellement par Internet, avec la chaîne Youtube qui lui est consacrée, afin de contourner les médias traditionnels. Signe aussi d'une volonté pour la gauche radicale de concurrencer l'extrême-droite sur internet, son terrain de jeu favori.

Jean-Luc Mélenchon se fait une place au soleil avec sa chaîne Youtube. En deux mois, celle-ci est passée d'environ 25.000 abonnés à plus de 130.000, devenant la première chaîne politique en France. À tel point que l'eurodéputé, dans ses vidéos, déclare être dans le top 100 mondial des chaînes Youtube comptant le plus d'abonnés, rattrapant notamment celle d'Hillary Clinton, voire même la dépassant. Une progression soudaine qui illustre une stratégie de communication politique qui porte ses fruits, en adoptant les codes des youtubeurs (incitations à s'abonner, à mettre des pouces bleus, présentation, ergonomie, liens en description de la vidéo, etc.) et en privilégiant des sujets qu'il veut adresser à un public plutôt jeune (économie de la mer, nucléaire, etc.).

Une alternative aux mass media

En développant des vidéos, en particulier la "Revue de la semaine", autour des vidéastes qui l'accompagnent, Mélenchon cherche à développer une alternative au mass media, dont la méfiance qu'il porte ne date pas d'hier. Et cet objectif de communiquer autrement semble porter ses fruits car selon le candidat de la France insoumise, pouvant compter sur un certain soutien du Parti communiste, le nombre d'abonnés à sa chaîne Youtube correspond peu ou prou à l'audience d'une chaine télé d'information en continu (BFMTV, I-Télé, LCI, Franceinfo). Et vu la dynamique qui semble porter le cofondateur du Parti de gauche, le nombre d'abonnés pourrait bien correspondre prochainement à un cumul d'audience de ces dites chaînes d'info. Et ce, d'autant plus que cette "Revue de la semaine" ou sa rubrique "Pas vu à la télé" génère des dizaines, voire des centaines de milliers de vues sur Youtube. Sans compter ses meetings pouvant être suivis en direct.

Néanmoins, est-ce que cette progression ne serait-elle pas artificielle? Certains utilisateurs des réseaux sociaux rappellent ces derniers jours un article de La chaîne parlementaire (LCP), où un journaliste du magazine Challenges affirme que l'eurodéputé est, avec Nathalie Kosciusko-Morizet, le politicien ayant le plus recours au faux-profils sur les réseaux sociaux (70%). Or, l'article de LCP date... d'avril 2015. Donc, il y a une manœuvre manipulatoire quelque part, mais est-ce dans le camp de Mélenchon ou plutôt vers ses détracteurs? Toujours est-il que ce qui se passe autour de la campagne de Mélenchon suscite de la curiosité chez les youtubeurs. Certains d'entre d'eux s'amusant à reprendre des réponses de l'ancien socialiste aux questions de certains journalistes et éditorialistes.

Rattrapage à gauche

Cela dit, il n'est pas le premier politicien à utiliser le site de partage de vidéos pour véhiculer un message politique. D'autres l'ont fait bien avant lui, en particulier au Front national (cf vidéo). Sur la vidéo ci-dessous, le FN ne compte pas moins de six chaînes sur les 12 chaînes politiques les plus suivies de France. Et ce n'est pas négligeable dans la montée en puissance du FN ces dernières années, notamment auprès de certains jeunes. Et si on élargit le spectre politique vers la droite et le centre (Emmanuel Macron inclus), 11 chaînes sur 12 correspondent à cette partie de l'échiquier politique; Mélenchon devenant l'intrus. Et parmi ces 11 chaînes, il y en deux qui doivent attirer l'attention: celles de François Asselineau et de son parti, l'Union populaire républicaine (UPR). Cet ancien collaborateur de Charles Pasqua, gravitant autour de la droite gaulliste dans les années 1990 et 2000 fonda en 2007 l'UPR. Son parti se veut en-dehors du clivage droite-gauche - une tendance très à la mode d'ailleurs -, et s'estime en impossibilité d'être médiatisé à cause du verrouillage mené par les deux grands partis politiques que sont le Parti socialiste et Les républicains. Par conséquent, pour se faire entendre et convaincre, Asselineau et ses partisans font du cybermilitantisme de manière très active, en postant notamment des vidéos de conférences d'Asselineau sur l'histoire de France - certaines faisant plus de trois heures -. Pour l'instant, cet activisme en ligne de l'UPR a du mal à se traduire électoralement mais il n'est pas impossible qu'en 2017, il y ait une percée.

En-dehors des chaînes Youtube explicitement politiques, il y a des youtubeurs qui réalisent ou qui relaient des vidéos parlant de politique. Pendant longtemps, l'extrême-droite était ultra-dominatrice, avec comme figures de proue le duo Dieudonné-Alain Soral. Et Soral, quelque part, influence plus profondément les esprits sur la toile car il use de la vulgate marxiste, ou tout dernièrement prendre une posture pro-arabe, pour mieux masquer son antisémitisme, sa négrophobie, sa cupidité par rapport à l'argent, etc. Ce qui a vite fait déchanter certains (cf lien n°2). Mais le rattrapage tend à se faire du côté de la gauche radicale. Il y a Usul, passé de l'analyse (critique) du monde des jeux vidéos (3615 Usul) à du documentaire plus politique avec son émission "Mes chers contemporains", où ses vidéos sont très vues - plus de 500.000 vues pour la plupart -, avec des thématiques différentes (la génération Y, le salaire à vie, la police, etc). Pareil pour la chaîne Osons causer, qui a pris de l'ampleur au moment du mouvement social contre la loi travail, au printemps 2016.

En conclusion, Internet, et plus précisément Youtube, est un espace qui permet une politisation des esprits, à l'heure où le militantisme politique traditionnel s'érode en France et que le système médiatique donne l'impression d'être dans un entre-soi mortifère. Et Mélenchon, hispanophone, a su s'inspirer de Podemos, qui utilise fortement la toile pour véhiculer ses idées. Ce qui prouve d'ailleurs qu'un "Podemos à la française" ne s'improvise pas.

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