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La francophonie, parent pauvre de la campagne présidentielle

Publié le par JoSeseSeko

Photo: OIF

Photo: OIF

Plusieurs thématiques ont été développées par les candidats à l'élection présidentielle ces derniers mois. Mais un sujet demeure mis à l'écart, à savoir la francophonie. Et pourtant, tant au niveau linguistique qu'économique, c'est un sujet qui mérite de l'attention.

La campagne présidentielle peut officiellement battre son plein car on sait qui sont les candidats à la fonction suprême en France. Il sont 11: Marine Le Pen, François Asselineau, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Emmanuel Macron, Jean Lassalle, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou. Ils ne sont pas tous logés à la même enseigne dans l'exposition médiatique, c'est évident, mais qu'ont-ils à dire au sujet de la francophonie, en ce lundi 20 mars, journée de la francophonie?

Absence ou présence abstraite

Pour distinguer les candidats sur ce sujet, il y a d'une part ceux qui ne mentionnent pas la francophonie, dont la référence semble absente ou abstraite, et d'autre part ceux qui font des propositions plus concrètes. Dans la première catégorie, on peut y ranger Le Pen, Asselineau, Fillon, Lassalle, Arthaud, Poutou. Pour Le Pen, il n'y a pas de mention explicite de la francophonie mais elle déclare vouloir mener "une politique de co-développement avec les pays d'Afrique fondée sur l'aide au développement de l'école primaire, l'aide à l'amélioration des systèmes agricoles et l'aide au renforcement des outils de Défense et de sécurité" (engagement n°124). Chez Asselineau, pas de mention explicite dans son programme mais peut-être qu'en lisant ceci, les cybermilitants de l'Union populaire républicaine vont rappliquer pour indiquer au blogueur que je suis que je n'aurais pas bien cherché, sans doute. Du côté de Fillon, la francophonie est mentionnée dans le sens "[d']espace culturel", de lieu "d'échanges économiques" au bénéfice des français établis à l'étranger. Il appelle ces derniers à être des "vecteurs d'influence" dans sa politique de développement de la francophonie. Dans la pure logique gaulliste, faisant de la francophonie le dernier vestige de la puissance française. Du côté de Lassalle, c'est une posture contre le néocolonialisme, en ne mentionnant aucunement la francophonie. Enfin, chez Arthaud et Poutou, la francophonie est absente car elle symbolise, notamment chez Arthaud, l'impérialisme français qu'elle souhaite combattre, comme tout autre impérialisme du reste, en raison de sa ligne internationaliste. Pour Poutou, c'est plutôt la dénonciation du colonialisme français outre-mer qui est mise en avant, appelant à des référendums d'autodétermination comme celui prévu pour 2018 en Kanaky (nom donné par les indépendantistes Kanaks de ce qui est appelé Nouvelle-Calédonie), mais aussi le néocolonialisme à travers le Franc CFA.

Propositions plus concrètes

Dans la deuxième catégorie, les propositions se font plus concrètes. Chez Dupont-Aignan, ça passe par la création de "grandes universités francophones d'excellence à l'étranger", une négociation d'ensemble avec les membres de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) - où il n'y a pas besoin d'avoir le français comme langue officielle pour y être membre ou observateur - pour valoriser les départements et territoires d'outre-mer, bien dans la tradition gaulliste (néocoloniale), un renforcement des coopérations entre francophones "dans l'éducation supérieure, les nouvelles technologies, la transition énergétique" ou encore la création "d'un grand média de la francophonie". Sur ce dernier point, il semble ne pas connaître du tout le groupe France médias monde qui regroupe la radio RFI, la chaîne France 24, sans parler de la chaîne francophone TV5 Monde, qui est indépendante de France médias monde. Du côté de Cheminade, il s'agit d'étendre les actions culturelles de l'OIF en augmentant la participation de la France dans le budget annuel de l'institution, pour que ça atteigne la barre de 150 millions d'euros, tout en appelant à réduire les frais administratifs. Bref, une meilleure répartition du budget. Quant à Macron, il s'agit de mener une politique de coopération à travers des instituts de recherche, le développement du français sur Internet, en mettant des moyens financiers en Afrique tout particulièrement, sans préciser des montants. Enfin, chez Hamon et Mélenchon, leurs propositions se veulent concrètes. Pour le candidat du Parti socialiste, sa politique francophone s'axe sur la mise en place d'un "visa francophone pour les étudiants, les chercheurs, les chefs d'entreprises et les artistes", de telle manière à ce que la circulation des francophones dans cet espace linguistique soit la plus libre possible. Chez le meneur de la France insoumise, c'est l'objectif d'une mise en place d'une "francophonie politique". Et ce, avec des mesures telles l'académie ou l'Erasmus de la francophonie, renforcer la présence d'écrivains francophones et ultra-marins dans les programmes scolaires, faire des diplômes communs entre francophones, établir une revue scientifique internationale en français, ou encore renforcer les médias francophones (RFI, France 24, TV5 Monde).

Maintenant, reste à savoir si les électeurs sauront prendre en compte cette problématique dans leur choix électoral le 23 avril prochain, alors que la francophonie concerne près de 300 millions de personnes dans le monde, et que ça devrait s'accroitre d'ici 2050.

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Ravat 09/04/2017 12:16

Pardonnez-moi, mais comment pouvez-vous dire que François Asselineau néglige la Francophonie dans son programme, alors que la Francophonie en est un élément clé.
Par exemple, et cela est concert, c'est le seul présidentiable à mettre, à côté de lui sur l'estrade, le drapeau de la Francophonie à chacune de ses réunions ou conférences.
Pour information, je vous transmets une vidéo qui montre que François Asselineau est très concerné par la promotion de la Francophonie : https://youtu.be/ls9obneHVGo