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Le Royaume-Uni pleure ses morts en pleine élection

Publié le par JoSeseSeko

Le Royaume-Uni pleure ses morts en pleine élection

Une attaque à la bombe à Manchester, en plein concert, a fait 22 morts et plusieurs dizaines de blessés selon les premiers bilans officiels. Une tragédie qui tombe dans un contexte électoral important où Theresa May, Première ministre, entend conforter sa majorité pour mener un hard Brexit.

À croire que les périodes électorales sont propices à vouloir commettre des tueries de masses! Dans la nuit du 22 mai, une explosion a eu lieu à Manchester (Royaume-Uni), durant un concert de la chanteuse Ariana Grande, faisant 22 morts et plusieurs dizaines de blessés. Une tuerie durant un concert, ça fait penser au mauvais souvenir du Bataclan, à Paris, le 13 novembre 2015, où 90 personnes ont trouvé la mort durant le concert du groupe Eagles of Death Metal. La police aurait identifié l'auteur présumé de cet attentat mais elle cherche encore à savoir si cette personne serait liée à un réseau terroriste, tel l'État islamique (Daech) par exemple, qui revendique pourtant cette attaque. En tout cas, la moindre des choses est d'apporter un soutien aux victimes, à leurs familles, mais également saluer le flegme de Mancuniens proposant de recueillir des victimes chez eux, ainsi que des taxis transportant gratuitement, selon divers témoignages, des personnes évacuant la salle de concert.

Un effet sur la campagne?

L'une des questions qui peut se poser actuellement est l'effet potentiel de cette attaque au niveau électoral. En effet, Theresa May, Première ministre, a provoqué des élections anticipées pour le jeudi 8 juin, dans l'objectif de conforter la majorité de son parti, le Parti conservateur, afin de mener à bien le Brexit, voté en juin 2016 par les citoyens et entériné officiellement par le Parlement britannique en mars 2017. Pour le moment, le pari d'un renforcement d'une majorité Tory pro-Brexit semble être tenu pour May, si on accorde du crédit aux sondages publiés ces derniers jours. Ce qui permettrait à la locataire du 10 Downing street de rester au pouvoir jusqu'en 2022 maximum, et de mener un hard Brexit face à l'Union européenne, où les négociations seront ardues entre Londres et Bruxelles, sur des questions économiques (libre-échange, flux migratoires, transferts financiers, etc.). Toujours est-il qu'une pause dans la campagne est organisée, ce mardi 23 mai, en mémoire des morts (cf lien n°1).

Le pari de May est d'autant plus faisable que l'opposition semble fragilisée, notamment au sein du Parti travailliste. Les élections locales du 4 mai dernier ont été une sévère défaite pour le Labour, perdant 139 sièges d'élus locaux dans l'ensemble du Royaume-Uni. Dirigé par Jeremy Corbyn depuis 2015, le parti est profondément divisé entre l'aile gauche, qui défend bec et ongle Corbyn des attaques provenant de l'aile droite du parti, nostalgique de la période de Tony Blair et de Gordon Brown, qui reproche à Corbyn d'avoir un programme trop à gauche, notamment en matière de fiscalité et de projet de nationalisation de différents pans de l'économie britannique (ferroviaire, énergie). Pourtant, si le scénario d'un retour vers les années 1980 est privilégié par les observateurs, une remontée du Labour n'est pas non plus à exclure (cf lien n°2), étant donné la popularité de Corbyn chez les militants travaillistes et ses initiatives en matière de communication font mouche comme cette intervention en première partie d'un concert du groupe The Libertines au stade Prenton Park à Birkenhead, ville portuaire proche de Liverpool. Un peu comme si Jean-Luc Mélenchon s'était posé en première partie d'un concert ayant lieu au stade Vélodrome de Marseille.

Néanmoins, la position du leader travailliste reste délicate et une défaite pourrait coûter sa position, sauf si elle s'avère être légère, ou qu'il réussisse à gagner ces législatives, à l'instar d'un scénario connu en 1997 en France, quand Jacques Chirac décida de dissoudre l'Assemblée nationale, pourtant issue du parti présidentiel de l'époque (RPR) et qu'après ces législatives anticipées, le Parti socialiste et ses alliés forma un gouvernement de cohabitation avec Lionel Jospin comme Premier ministre.

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