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Luttes intestines entre communistes et insoumis

Publié le par JoSeseSeko

L'absence d'accord entre le Parti communiste et la France insoumise et les déclarations de chaque camp se renvoyant l'accusation d'avoir fait capoté ce dit accord pour les législatives donnent un triste spectacle de la part d'une gauche radicale, où les egos semblent prendre le dessus malgré une urgence politique qui exigerait de passer outre les vieilles rancœurs.

Une atmosphère de "Retour vers le futur" plane sur la gauche radicale française. À un mois du premier tour des élections législatives, le Parti communiste (PC) et la France insoumise (FI) ne sont pas parvenus à trouver un accord évitant, au moins, qu'il y ait des campagnes fratricides dans plusieurs circonscriptions. Par exemple, dans la cinquième circonscription du Val-d'Oise (Argenteuil-Bezons), il y aura une candidate de FI, Françoise Stiegler, ainsi qu'un candidat du PC, le maire de Bezons Dominique Lesparre. Le tout en ajoutant une candidature écologiste et celle du PS, le député sortant Philippe Doucet. Et ce, alors qu'au premier tour de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon est sorti en tête à Argenteuil et à Bezons (24,24% et 23,6% des électeurs inscrits; 33,89% et 32,23% des suffrages exprimés).

Renvoi de responsabilité

Du coup, qui est responsable? Pour la FI, c'est le PC qui porte la responsabilité. Dans un communiqué du mardi 9 mai, Manuel Bompard, un des cadres du mouvement ayant soutenu Mélenchon lors de l'élection présidentielle, déclare que c'est Pierre Laurent, secrétaire général du PC, qui a "décidé de rompre les discussions sur les candidatures aux élections législatives", indiquant au passage que les insoumis ont investi 17 candidats membres du parti communiste dans ces élections, notamment Marie-George Buffet. Le lendemain, sur la radio RMC (cf vidéo ci-dessous), Mélenchon souligne que dès janvier 2017, via un article paru dans l'Humanité, que pour Laurent: "Il n’y a pas d’accord avec la France insoumise et il n’y en aura pas", permettant ainsi à Mélenchon d'accuser Laurent de mensonge. Car entre-temps, le leader communiste a rédigé un communiqué déplorant l'attitude de la France insoumise à ne pas trouver un accord avec le parti communiste, accusant les cadres du mouvement de vouloir suivre "un intérêt de recomposition partisane à la possibilité d’une ample victoire les 11 et 18 juin prochains".

En outre, il y a un contentieux entre ces branches de la gauche radicale car la FI accuse le PC d'usurper l'image de Mélenchon pour les candidats communistes aux législatives, au point de vouloir régler cette histoire devant un tribunal.

Mélenchon le parachuté

Dans son passage chez RMC, Mélenchon a indiqué qu'il serait "probablement" candidat à Marseille, ce qui a été confirmé quelques heures plus tard, dans la circonscription du député socialiste sortant Patrick Mennucci. Il faut dire que la deuxième ville de France a porté le candidat de la France insoumise en tête (18,16% des voix), lui qui a fait 19,58% sur l'ensemble de la France le 23 avril dernier. Il ne faut pas se leurrer, c'est du parachutage de la part du député européen du Sud-Ouest. Mais il s'est justifié, déclarant qu'il est partout chez lui car la France, c'est sa patrie. Drôle de justification au sujet d'une pratique éculée de la part de nombre de politiciens depuis des décennies et qui reprochée, à juste titre, par les électeurs. Puis en plus, c'est pour affronter un député PS sortant, pas face au Front national, notamment Stéphane Ravier, présent dans les 13e et 14e arrondissements de la cité phocéenne.

Puis, s'il voulait affronter un socialiste ou un ancien membre du gouvernement, il aurait très bien pu se présenter dans l'Essonne, à Évry, face à Manuel Valls. Et ce, d'autant plus qu'il a été sénateur (socialiste) de l'Essonne de 1986 à 2008. Ça aurait été plus raccord en termes d'ancrage local.

Une dynamique brisée

Ces mésententes entre communistes et insoumis renvoient cinq ans en arrière. Le Front de gauche (FG), qui avait pour candidat Mélenchon, avait fait 11,1% des voix à la présidentielle de 2012 et aux législatives, il n'avait pu élire qu'une dizaine de députés, sans compter les élus d'outre-mer. Et déjà, à cette époque, il y avait le sentiment d'une dynamique brisée en raison des mésententes au sein du FG, entre le PC, la première composante de la coalition, et le Parti de gauche de Mélenchon. Ce qui se confirma ensuite à partir des élections municipales de 2014. Et là, ça recommence, dans un contexte bien plus dangereux qu'en 2012 vu l'élection d'Emmanuel Macron et la présence au second tour de Marine Le Pen. Les électeurs de gauche, notamment ceux qui ont voté Mélenchon, ont de quoi être dégoûtés de ces histoires et contrairement aux militants de chaque camp, ils considèrent que c'est une faute collective et qu'ils ont intérêt à ne plus s'écharper pour leurs egos, au nom de la lutte collective à mener contre ce que projetterait le futur président au niveau économique et social.

Cela étant dit, il y a aussi une nuance programmatique entre la FI et le PC. Par exemple, chez les insoumis, la planification écologique est mise en avant, pour se tourner vers les énergies renouvelables, le développement de l'économie de la mer, etc. Du côté des communistes, il y a une défense pour le nucléaire en raison du nombre d'emplois qu'il contient ainsi que le (faible) coût de consommation pour les ménages.

Bref, le rebond de la gauche risque de prendre du temps. Ce dont elle en manque, cruellement.

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DODODOM 11/05/2017 20:57

Il me semble que la FI a fait 33 et 34 % dans la 5 ième circonscription Argenteuil Bezons. pour ma part, je voterai pour la candidate FI sans hésitation ... désolé pour Lesparre mais ceux qui pratiquent le cumul des Mandats c'est pas ma tasse de thé.