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Quand la gauche déroule le tapis rouge pour Macron

Publié le par JoSeseSeko

Photo : AFP/Pascal Pavani

Photo : AFP/Pascal Pavani

Si le mouvement En marche est crédité d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale, c'est surtout en raison des rancœurs dans la gauche, tout particulièrement entre la France insoumise et le Parti communiste, qui se renvoient la responsabilité d'une absence d'accord, divisant les électeurs ayant voté pour Mélenchon lors de la présidentielle, voir les faisant fuir.

La gauche française semble montrer qu'elle est la plus bête du monde. Depuis l'élection présidentielle, où elle était absente pour la deuxième fois en 15 ans, la gauche ne cesse de se déchirer en son sein, laissant entrevoir un scénario de majorité pour le président Emmanuel Macron, pourtant mal élu, vu l'abstention et le nombre de votes blancs/nuls au second tour, le 7 mai dernier. Reste maintenant à savoir qui devra porter la responsabilité de ce qui semble nous pendre au nez les 11 et 18 juin prochains.

FI-FG: lutte fratricide

Tout d'abord, regardons la situation au sein de la gauche radicale. C'est cette dernière qui est devenue hégémonique, avec Jean-Luc Mélenchon et son mouvement la France insoumise (FI), revendiquant 19,58% des voix au premier tour de l'élection présidentielle. Cependant, ces voix pour Mélenchon sont également issues du Parti communiste (PC) et des autres forces du Front de gauche (FG). Et suite à plusieurs négociations, aucun accord national n'a été trouvé pour éviter qu'Insoumis et communistes, notamment, s'entre-déchirent dans la plupart des 577 circonscriptions de l'Assemblée nationale. Du côté de la FI, ça accuse le PC de n'avoir jamais voulu négocier au niveau national et de vouloir s'entendre avec un Parti socialiste (PS) discrédité par le quinquennat de François Hollande. Chez les communistes, autour de Pierre Laurent, secrétaire national, ça accuse les Insoumis de vouloir faire soumettre toute la gauche avec force, et non avec raison. Une des raisons de cette lutte fratricide est que la plupart des candidats PCF n'ont pas voulu signer une charte de la FI, considérant qu'ils perdraient leur autonomie. Un de leurs exemples est que François Ruffin, directeur du journal Fakir et candidat dans la 1ère circonscription de la Somme, est soutenu par la FI, l'ensemble du FG, sans avoir signé la fameuse charte de la FI.

Puis chez certains Insoumis, la tradition du parachutage est ancrée. Mélenchon, par exemple, se porte candidat à Marseille car il est sorti en tête dans la cité phocéenne. Pour quelqu'un qui a comme références politiques Maximilien Robespierre et Jean Jaurès, il ne leur arrive pas à la cheville puisque d'une part Robespierre s'était fait élire à Arras, sa ville natale, pour le Tiers État lors des États généraux (1789), puis comme il s'installa à Paris, en étant logé chez Maurice Duplay, il fut élu député de Paris lors de la Convention (1792); et d'autre part, Jaurès, natif de Castres, dans le Tarn, a toujours été élu dans ce département, notamment à Carmaux, durant sa période d'activité politique. Si Mélenchon avait été plus logique et digne de ces personnages historiques cités tantôt, il aurait du se présenter à Évry, dans l'Essonne, où il a été sénateur de 1986 à 2008 et est sorti en tête le 23 avril dernier. Et il aurait été face à Manuel Valls. Ce qui aurait bouclé la bouclé et été compris comme un geste de panache.

Inconséquence au PS

Justement, l'ancien Premier ministre demeure candidat à Évry sans avoir été viré par le PS, alors qu'il a fait ostensiblement des appels du pied à En marche, qui n'a pas mis de candidat contre lui. Mais Valls n'est pas le seul à agir de la sorte. L'ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine, l'ancienne ministre du Travail Myriam El-Khomri, ou le député sortant Malek Boutih, se disent candidat de la majorité présidentielle tout en étant encore au PS. C'est une preuve que l'aile droite du parti tient encore les commandes et que l'aile gauche, autour de Benoît Hamon, candidat malheureux à l'élection présidentielle, se retrouve inaudible et forcée de soutenir d'autres candidats que ceux du PS, qu'ils soient écologistes ou communistes. En tout cas, pas des Insoumis, étant donné que la FI, de la base locale à la direction nationale, a la dent très dure envers un PS, qui n'a de socialiste "que le nom" aux yeux des Insoumis.

En marche vers l'autoritarisme

Et pendant ce temps-là, le nouveau pouvoir donne des signes inquiétants, mais révélateurs de la nature a-démocratique des institutions de la Ve République. Le journal Le Parisien a publié, en début de semaine, les pistes de la nouvelle loi travail, prévue pour passer par ordonnances durant l'été. Et ça donne des frissons en matière de recul des droits des travailleurs, un pouvoir accru des entreprises en matière de motif de licenciement, de flexibilité, de négociation salariale car la hiérarchie des normes compte être inversée. Une voie ouverte vers le dumping social intérieur qui n'épargnera aucun salarié, y compris les cadres, dans la plus grande tradition libérale. Sans compter la mise au pas des syndicats, où la classe dominante, et les médias qu'elle possède, a toujours fait preuve d'un anti-syndicalisme primaire, voire primitif.

Mais ce n'est pas tout. Le gouvernement aurait la sinistre intention d'inscrire dans le droit commun des principes issus de l'État d'urgence, dans lequel la France vit depuis le 13 novembre 2015 faut-il le rappeler. Ce qui signifierait que dorénavant, les perquisitions administratives seraient de rigueur, les assignations à résidence également, ainsi qu'un contrôle plus strict de la presse. Ce qui prouve, pour qui en doutait encore, que l'État d'urgence n'est pas un instrument de défense nationale, mais un outil de défense sociale.

Bref, merci aux électeurs qui ont cru voter utile pour "faire barrage au Front national".

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