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Un effectif à peaufiner à Marseille

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Boris Horvat/AFP

Photo: Boris Horvat/AFP

En dépit d'absence de défaites depuis le début de la saison et de recrues plutôt bien perçues, l'Olympique de Marseille peine à convaincre ses supporters vu certaines prestations poussives de l'effectif, et la capacité à trouver encore des recrues rendues nécessaires, notamment en attaque et en défense.

Le volcan Olympique de Marseille (OM) va-t-il entrer en éruption? C'est la question qui se pose. Malgré une qualification pour la phase de poule de la Ligue Europa, l'OM ne rassure pas tellement ses supporters. La victoire 3-0 au Vélodrome contre les Slovènes de Domzale peut servir d'illusion momentanée pour la direction du club. Mais elle n'efface pas le match aller (1-1), en Slovénie, où les phocéens étaient dominés, ainsi que le match en championnat contre Angers (1-1) ou la première mi-temps contre Domzale, jeudi soir. Et à l'approche du premier grand test de la saison 2017-2018, à Monaco, chez le champion de France en titre, les supporters marseillais ne sont pas rassurés avec les blessures d'Adil Rami, de Clinton Njie, de Dimitri Payet plus l'expulsion de Lucas Ocampos. Ce qui amoindrit fortement le ban, en matière de qualité.

Une tisane anesthésiante

Cette inquiétude des supporters marseillais peut très vite se transformer en colère à destination de la direction du club, en particulier vers l'entraîneur Rudi Garcia et du président Jacques-Henri Eyraud. Pourquoi? En raison du décalage flagrant entre les grands discours du président Eyraud et de l'actionnaire majoritaire, Franck McCourt, en place officiellement depuis octobre 2016, annonçant avoir une politique volontariste en matière de transferts (200 millions d'euros dans les quatre prochaines années, dont plus de la moitié sur les deux premières saisons) et l'arrivée de toutes les recrues nécessaires pour faire progresser le club et le ramener vers les sommets nationaux et européens. D'où une certaine impatience de la part des supporters, générée par les déclarations de la direction avant le mercato estival et Eyraud fait du rétropédalage sur la politique de transferts avec sa formule de la tisane qui ne passe pas du tout pour les suiveurs de l'OM, tant elle se veut anesthésiante pour des esprits échaudés par un discours volontariste et jugeant sur pièces (cf lien n°1).

Pourtant, faut-il dire que l'OM n'a rien durant ce mercato qui se termine dans une semaine? Bien sûr que non! Il y a eu quand même cinq recrues (retour de Steve Mandanda, arrivées de Luiz Gustavo, d'Adil Rami, de Valère Germain et de Jordan Amavi), qui ont majoritairement une grande expérience et un palmarès. Mais il reste encore au moins trois renforts à trouver. Un deuxième attaquant est nécessaire, pour faire souffler Germain ou offrir de nouvelles dispositions tactiques si Garcia y réfléchit, un milieu expérimenté pour compenser la jeunesse de Morgan Sanson, de Franck Zambo-Anguissa et de Maxime Lopez, ce dernier étant formé à l'OM, et un défenseur central au profil technique, capable de relancer proprement, en parfait complément de Rami. Or, paradoxalement, l'axe de la défense est très fourni (Rami, Rolando, Thomas Hubocan, Rod Fanni, Matheus Doria, Grégory Sertic, Boubacar Kamara) et qu'il faudrait aussi vendre. Bref, le temps presse!

Le signal Payet

Non seulement, le temps file mais surtout, cela oblige la direction à mettre les moyens. Eyraud ne donne pas de signes de gros investissements. Pourtant, les noms circulent ces derniers jours, notamment pour le poste d'attaquant. Le polonais Arkadiusz Milik ou l'espagnol Diego Costa sont ceux qui ont été le plus évoqué ces deux dernières semaines, mais rien de concret pour l'instant et le directeur sportif Andoni Zubizarreta doit aussi agir en fonction du goût de Garcia, qui aurait refusé le colombien Carlos Bacca, et du montant qui pourrait être alloué (entre 15 et 30 millions d'euros). Ce genre de dossier aurait pu être vite réglé mais d'une part, quand Payet est revenu à l'OM pour 30 millions d'euros en janvier dernier, ça a envoyé un signal auprès des autres clubs, décidés à faire monter les enchères si l'OM montre de l'intérêt pour un joueur. Et d'autre part, vu la bulle spéculative du monde du foot, symbolisée par le Paris Saint-Germain avec l'arrivée de Neymar pour 222 millions d'euros, il semble désormais impossible de pouvoir réduire la voilure pour la direction de l'OM, contraint de devoir s'aligner sur cette tendance. Ce qui confirme ce que l'économiste John Maynard Keynes écrivait dans sa Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie: "Mieux vaut avoir tort avec le marché que raison contre lui".

Garcia, le frileux?

Mais ce qui ne pousse guère à l'optimisme chez les supporters marseillais, c'est une certaine frilosité de la part de Garcia. D'abord sur un plan tactique, où l'entraineur tient à son 4-3-3, en mettant notamment Payet sur le côté gauche par exemple, alors qu'il pourrait organiser un 4-2-3-1, où un Sanson pourrait épauler Gustavo, souvent obligé de se démultiplier pour colmater les brèches et relancer le jeu de l'équipe et mettre un véritable meneur de jeu comme Payet, depuis que Marcelo Bielsa l'avait positionné dans l'axe lors de la saison 2014-2015. Ensuite, les choix de certains joueurs titulaires sont de plus en plus discutés. Lopez semble indéboulonnable alors qu'il aurait, aux yeux des supporters, besoin de se reposer quelque peu vu qu'il semble émoussé et pas à hauteur de ce qu'il a pu démontrer la saison dernière. Rolando n'offre pas de garanties techniques, ni de garanties en vitesse de course, mais Garcia le met titulaire systématiquement auprès de Rami. Or, le seul défenseur ayant une bonne technique dans l'effectif actuel, c'est le minot Kamara, que Garcia ne semble pas vouloir utiliser à ce poste mais l'entraineur olympien ambitionne de mettre son joueur en milieu défensif, au cas où Gustavo serait blessé ou suspendu. Mais ce genre de critiques est mal vue par plusieurs supporters parce que Garcia a des résultats (0 défaite depuis mars dernier), malgré un manque de clarté dans le style de jeu pratiqué, où l'inconstance est la règle.

Perspective de long terme

Enfin, s'il reste un domaine où l'OM a une grosse marge de progression, c'est dans son centre de formation. C'est ce à quoi s'attelle Zubizarreta, dans une perspective de long terme qui est louable de la part de la direction du club, tant la politique de la formation avait été délaissée ces 20 dernières années. Et quelque part, comme me l'avait expliqué un ami supporter olympien, c'est une erreur de ne pas avoir communiqué sous cet angle de long terme au lieu de faire miroiter un retour rapide avec un recrutement en mode: "Vous allez voir ce que vous allez voir". Et pourtant, des choses se sont faites avec des accords trouvés avec des clubs locaux, permettant à l'OM de se tourner vers le bassin footballistique marseillais et provençal. Bien sûr, il n'y aura pas forcément un minot hyper talentueux tel Samir Nasri qui sortirait chaque année du centre de formation mais déjà deux-trois bons joueurs formés à l'OM et en mesure de jouer pour l'équipe première, ce serait déjà un bon début. En vérité, ce qui fera dire si l'ère McCourt est un succès ou un échec, c'est la politique de formation. Un véritable juge de paix qui sera capital aux yeux des supporters.

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