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Un scénario renversant, surprenant, à Londres

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Marca

Photo: Marca

À l'heure du bilan, les championnats du monde d'athlétisme de Londres auront vu beaucoup de surprises, et surtout une fin shakespearienne pour Usain Bolt, qui aura failli pour sa sortie du monde du sprint.

Une atmosphère de fin d'époque règne sur Londres, à l'heure où le rideau des championnats du monde d'athlétisme va se refermer. Entre des stars du stade battues et des vainqueurs surprises, on a eu droit à diverses émotions sur plus d'une semaine. Notamment pour Usain Bolt. Le sprinteur jamaïcain faisait ses derniers pas en tant qu'athlète avant de se retirer, peu avant ses 31 ans. Il faut croire que c'était les championnats de trop, selon certains commentateurs, à son sujet, avec une médaille de bronze au 100m, battu par son grand rival états-unien, Justin Gatlin, et devancé par le futur grand sprinteur outre-Atlantique, Christian Coleman. Pis, pour sa dernière épreuve, la finale du relais 4x100m, il se blesse, alors qu'il est le dernier relayeur pour la Jamaïque. Tout un symbole! D'ailleurs, sa blessure a éclipsé la victoire des britanniques, devant leur public, sur les états-unis, lors de ce relais 4x100m. Mais en grand seigneur, Bolt tenait à marcher pour saluer le public une dernière fois avant de s'éclipser, fermant une parenthèse enchantée pour l'athlétisme, aux yeux de plusieurs observateurs.

Revanche US

La mésaventure finale de Bolt illustre, quelque part, une sévère reculade de la Jamaïque au sprint (100m, 200m, 400m), tant masculin que féminin. Chez les filles, Elaine Thomson, championne olympique à Rio sur 100m, n'a pas pris de médaille, aucune jamaïcaine ne s'était qualifiée pour la finale du 200m, tout comme chez les garçons. Et au 400m, aucun(e) jamaïcain(e) n'a glané une médaille. Le seul titre de champion du monde vient du 110m haies, avec Omar McLeod, qui sauve les apparences. Mais au niveau des médailles, la Jamaïque revient à un niveau semblable au milieu des années 2000, avant que la foudre Bolt frappe sur l'athlétisme mondial, donnant le la au sprint jamaïcain, suivant une vague de triomphe jusqu'à aujourd'hui.

En parallèle, c'est une atmosphère de revanche pour le sprint US, si longtemps dominé par la Jamaïque, notamment sur 100m. La victoire du revenant Gatlin a donné le signal pour une rafle de médailles et de titres pour la délégation de l'oncle Sam. Tori Bowie, sa compatriote, a emboité le pas sur le 100m féminin et les relais ont continué la lancée, exception faite du relais 4x100m masculin, étonnement battu par la Grande-Bretagne. Sans compter Sam Kendricks, assumant pleinement son statut de favori au saut à la perche en décrochant le titre mondial, et d'autres médaillés surprises, sur qui on reviendra un peu plus tard dans l'article.

van Niekerk mi-figue, mi-raisin

Aux yeux de plusieurs observateurs, celui qui devrait porter l'image de l'athlétisme mondial après Bolt est le sprinteur sud-africain Wayde van Niekerk. Champion du monde et olympique en titre sur 400m, il était parti pour réaliser le doublé 200-400 que seul Micheal Johnson avait réalisé dans les années 1990. S'il a gagné le 400m, il a échoué sur 200m face à Ramil Guliyev, le sprinteur turc d'origine azérie, vainqueur surprise. Mais la manière d'avoir eu ces médailles est quelque peu écornée par une polémique lancée par la fédération du Botswana car le sprinteur Isaac Makwala a été mis en quarantaine par le service de santé britannique, suite au développement, mardi 8 août, d'un virus dans l'hôtel où étaient situées plusieurs délégations, dont celle de Makwala, l'empêchant de défendre ses chances lors du 400m et de donner du fil à retordre à van Niekerk.

Du coup, revanchard, le botswanais voulait triompher sur 200m, afin de laver ce qui est une "injustice" à son encontre. Et la fédération du Botswana, selon l'Équipe, aurait rajouté de l'huile de feu, considérant que les organisateurs auraient mis en quarantaine Makwala pour "protéger van Niekerk". Bref, des ingrédients qui ont fait que le public a davantage supporté Makwala que van Niekerk et malgré sa sixième place en finale du 200m, le botswanais aura volé la vedette au sud-africain.

Des surprises en cascade

Ces mondiaux pourraient bien figurer parmi les plus surprenants de l'histoire de l'athlétisme. Outre la victoire de Guliyev sur 200m masculin, il y a la victoire de l'états-unienne Phyllis Francis sur 400m féminin, alors que la bahaméenne Shaunae Miller-Uibo était sur une voie royale avant d'être victime de crampes sur les 30 derniers mètres, de même que l'autre favorite du 400m, l'états-unienne Allyson Felix, ne termine que troisième; mais aussi l'éthiopien Muktar Edris qui dépose le britannique Mo Farah, devant son public, sur 5000m, alors que Farah a collectionné les doublés 5000-10000m depuis les Jeux olympiques de... Londres, en 2012; les états-uniennes Emma Coburn et Courtney Frerichs qui trustent les deux premières places du 3000m steeple, discipline où quelques pays africains (Kenya, Éthiopie, Érythrée) règnent depuis des années; enfin, et non des moindres, le titre mondial pour Pierre-Ambroise Bosse sur 800m, ouvrant à ce moment-là le compteur des médailles pour la France, en surprenant ses adversaires avec une accélération lancée à environ 300m de la ligne d'arrivée et tenant bon face au retour du polonais Adam Kszczot dans la dernière ligne droite. En tout cas, le coureur français, adepte du bon mot qui prête à rire, apporte un certain vent de fraîcheur, du haut de ses 25 ans. Désormais, il sera attendu comme un des nouveaux visages phares de l'athlétisme mondial, lui qui respecte, comme tant d'autres, Bolt et l'image que le Jamaïcain a apporté à ce sport.

Une bonne moisson bleue

Plusieurs interrogations étaient posées sur la capacité des athlètes français à ramener des médailles, après l'exceptionnelle moisson des JO de Rio (six médailles) l'an dernier. Généralement, il faut compter trois médailles par championnat pour la France. Au final, les bleus comptent cinq breloques, dont trois en or, avec Bosse sur 800m, Kévin Mayer au décathlon et Yohann Diniz sur le 50km marche. Autant la victoire de Bosse a surpris son monde, notamment par la manière, autant les titres de Mayer et Diniz paraissent plus logiques. En effet, le décathlonien, médaillé d'argent à Rio, était le grand favori depuis que l'états-unien Ashton Eaton, multiple champion du monde et olympique, a pris sa retraite. Un statut parfaitement assumé par le français. Tout comme pour Diniz, qui détient le record du monde du 50km depuis 2014. Mais pour Diniz, qui était médaillé d'argent à Osaka, lors des championnats du monde en 2007, arrive enfin à gagner un titre mondial sur cette distance, confirmant ses victoires au niveau européen, et effaçant quelque part ses mésaventures (disqualification, classement sans médaille) des différents championnats du monde et jeux olympiques depuis Osaka.

Enfin, les deux dernières médailles sont de bronze pour Renaud Lavillenie à la perche, où il n'avait pas le statut de favori sur les épaules. Bien qu'il échoue une nouvelle fois dans sa quête du titre mondial, le champion olympique de... Londres en 2012 se satisfait volontiers du bronze, après avoir une période de blessure en début d'année 2017, handicapant sa mise en forme pour ces championnats, et pour Mélina Robert-Michon au lancer du disque, confirmant sa médaille d'argent obtenue à Rio l'an dernier.

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