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Croissance démographique souhaitable?

Publié le par JoSeseSeko

Croissance démographique souhaitable?

Voici un article datant du 14 juin 2011, quelques mois avant le passage à 7 milliards d'habitants sur Terre:

Ce titre est un peu provocateur, mais cela permet de parler d'un sujet qui me trottait la tête depuis quelques mois, et qui demeure en lien avec l'économie, avec des allusions philosophiques parfois et bien sûr démographiques et écologistes.

"Le monde est assez grand pour satisfaire les besoins de tous mais trop petit pour contenter les désirs de chacun". Gandhi a vu juste sur la dernière partie de sa phrase le (désir sexuel en est un bon exemple), mais le temps semble infirmer la 1ère partie, vu que la croissance démographique est sans précédent, faisant passer la population mondiale de 1,55 milliard d'habitants environ au début du XXè siècle, à presque 6,8 milliards aujourd'hui.
En bon chrétien "normal", on devrait se réjouir, mais cela présente des signes inquiétants. Pourquoi? Pour plusieurs raisons:
- La croissance démographique est tirée par les continents africain, asiatique et sud-américain, où le développement économique, à de rares exceptions près, est limité par la puissance des firmes multinationales.
- Les pays développés, notamment l'Union Européenne, subissent un vieillissement de leur population et ont tendance à voir celle-ci diminuer en nombre à l'horizon 2050, selon Eurostat, mais cela dépend des pays membres (solde naturel négatif pour l'Allemagne, solde naturel positif pour la France par exemple).
- Suite à ces précédentes raisons, et toutes choses égales par ailleurs, cela implique économiquement une part de gâteau plus faible à partager pour les premiers, une part par contre plus importante pour les seconds.

Ces analyses plutôt empiriques peuvent prêter à contradiction, et j'y reviendrai plus loin. Attardons-nous sur la théorie malthusienne. Thomas Malthus, économiste classique anglais de la fin du XVIIIè siècle et du début du XIXè siècle, dans son grand œuvre, Essai sur le principe de population, publié en 1798, décrit une croissance démographique plus forte qu'une croissance économique puisque la 1ère suivrait une suite géométrique (1, 2, 4, 8, 16, 32...) et la 2de, une suite arithmétique (1, 2, 3, 4, 5, 6...), source de déséquilibres. Pour y remédier, Malthus souhaita qu'une politique "chrétienne" d'abstinence soit appliquée envers les prolétaires (comme si les bourgeois n'étaient pas des chauds lapins faisant des gosses à tout-va), ce qui est stupide car le sexe, en plus d'être un désir, est un plaisir de la vie humaine (à condition qu'il y ait de l'amour à la base, sinon ça sert à rien à part augmenter les inégalités hommes/femmes), qu'il faut savoir contrôler pour son bonheur physique et spirituel dans la philosophie épicurienne. Ce que les religieux (chrétiens, juifs, musulmans...) rejettent, eux pourtant adeptes du plaisir à faire la guerre au nom de Dieu, ce qui se révèle être destructeur plutôt que créateur, si l'on s'en tient à la rigueur digne et humaine d'Épicure et des épicuriens.

Une réduction de la population source de richesses? Pas forcément car pour reprendre Malthus et son souhait, cela implique un renouvellement des prolétaires moindre et une plus grande part de profits pour les capitalistes qui les exploitent, alors qu'avant d'être économiste, Malthus était un pasteur anglican, prônant la volonté qu'il y ait de plus en plus de monde, sans empêcher les naissances "d'enfants de Dieu". Malthus devint donc un symbole de l'alliance- nouvelle et éternelle- entre le Capital et l'Église, pour mieux aliéner le peuple et prolonger sa misère réelle, ce que Karl Marx dénonça par la suite comme l'une des multiples contradictions du capitalisme (le serpent qui se mord la queue). De plus, avoir une famille plus nombreuse génère plus de revenus (allocations familiales) et/ou une baisse des dépenses (à travers le quotient familial utilisé dans le calcul de l'Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques en France).

Pour autant, une population moins nombreuse peut générer plus de richesses (écosystème préservé), vu que dans le cas contraire, cela implique une urbanisation croissante, des terres de moins en moins cultivables (confirmant la loi des rendements décroissants de l'économiste classique anglais David Ricardo, contemporain de Malthus), une concentration urbaine polluante, une déforestation galopante (problématique en Amérique du Sud et en Afrique vu que ces régions sont les "poumons verts" de la planète et que leur population croit); par conséquent, un réchauffement climatique faisant monter les eaux, accélérant l'urbanisation et la réduction des terres agricoles, bref un cercle vicieux auto-entretenu.

Faut-il appliquer une politique malthusienne ou néo-malthusienne, i.e une politique visant à contrôler les naissances soit par l'abstinence sexuelle ou la large diffusion de moyens de prévention, à la différence près que cette dernière implique une intervention publique entrant dans une logique keynésienne, à savoir la défense de l'implication de l'État dans la vie économique et sociale dans certains domaines tels l'éducation ou la santé (l'IVG en est le parfait exemple), jouant favorablement pour l'environnement et les doctrines écologistes?
Vu l'évolution de la population mondiale et du climat qui suivent une tendance quasi proportionnelle, il y a de quoi être convaincu que ça paraît nécessaire. Mais rien n'est dit et l'Histoire est là pour nous le rappeler.

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