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Une bombe venue du ciel d’EADS

Publié le par JoSeseSeko

EADS ne compte pas faire dans la dentelle. Le groupe aéronautique et de défense européen a annoncé, mardi 10 décembre, par la voix du  président exécutif, Tom Enders, la suppression de 5800 postes sur 3 ans, au niveau des activités de la défense et du spatial pour la quasi-totalité.

D’ailleurs, cette restructuration du groupe au sein de ses activités (civil, défense, espace), se veut comme une anticipation de coups durs, notamment pour ses filiales Airbus, Cassidian et Astrium, car selon Tom Enders dans une interview accordée à Libération : « Un dirigeant responsable doit être proactif, il ne doit pas attendre que tout s’effondre avant d’agir ». Cela peut se comprendre vu que les budgets de la défense ont tendance à être compressés, comme en France par exemple, en raison de coupes budgétaires menées par les États membres de l’Union européenne suite au prolongement de la crise des dettes souveraines empoisonnant les économies du Vieux continent. Du coup, la question de compétitivité se pose et devient l’argument phare, servant de justificateur pour le groupe.

France-Allemagne, même combat?

Dans cette annonce, deux pays sont clairement dans le viseur des coupes de personnel, i.e. la France et l’Allemagne, principaux pays contributeurs dans le capital d’EADS. Des deux côtés du Rhin,  plus de 3000 postes sont menacés -2000 en Allemagne contre plus de 1000 en France-, ce qui fait bondir les syndicats tels Industriegewerkschaft Metall (IG Metall), qui organisa une manifestation fin novembre en Allemagne, notamment à Hambourg, pour la sauvegarde de l’emploi. En France, le syndicat Force Ouvrière (FO), premier syndicat chez EADS dans l’Hexagone, s’est insurgé contre ces coupes, ainsi que la Confédération Démocratique du Travail (CFDT), qui appelle à une intersyndicale afin de parler « d’une seule voix ». En tout cas, pas de manifestation prévue au niveau français mais une recherche de l’unité syndicale.

Santé financière au zénith

Mais ce qui doit davantage irriter les syndicats de chaque côté du Rhin, c’est que d’une part, les carnets de commandes ne sont pas vides vu que dans un courrier envoyé fin novembre au premier ministre Jean-Marc Ayrault, plusieurs syndicats relevaient qu’EADS a « un carnet de commandes (…) d’environ 650 milliards d’euros », et que d’autre part, le cours boursier du groupe industriel –qui a presque doublé depuis le début de l’année- a connu un bond de 7,5% mercredi 11 décembre, sa plus forte hausse journalière de l’année 2013, au lendemain de l’annonce des suppressions de postes, mais aussi en annonçant auprès des investisseurs –les groupes Lagardère, Daimler ou la banque KfW par exemple-, qui peuvent prévoir une augmentation des dividendes, un flux de trésorerie équilibré pour 2014 et 2015, ainsi que la confirmation de l’objectif de 10% de marge opérationnelle en 2015. Bref, les possédants peuvent s’envoyer en l’air!

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