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L'autogestion, c'est possible! Il suffit d'y penser.

Publié le par JoSeseSeko

L'autogestion, c'est possible! Il suffit d'y penser.

Depuis la crise des subprimes, voire même depuis les années 1970, les faillites d'entreprises se comptent à un niveau record dans les pays industrialisés. Ce qui a pour conséquence première, une montée du chômage, dont l'estimation peut mener à une guerre des chiffres.

Néanmoins, et c'est plus enthousiasmant, les fermetures d'usine peuvent finalement se transformer en coopératives. Un premier exemple est celui de l'usine Lip à Besançon, où entre 1973 et 1974, les ouvriers spécialisés dans l'assemblage des montres, face à la fermeture de leur lieu de travail, décidèrent de s'autogérer, obtenant gain de cause quand le groupe Ébauches SA a signé les accords de Dole. Cette lutte est d'ailleurs racontée dans une bande dessinée, dont j'ai fait la critique il y a quelques mois, durant mon stage à l'hebdomadaire Politis.

L'exemple le plus récent est celui de l'usine Fralib de Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône. Cette usine, l'une des quatre usines européennes du groupe britannique Unilever, fabriquant du thé Lipton ou Éléphant, fut fermée par le groupe le 28 septembre 2010. 182 personnes se retrouvent ainsi sur le carreau. Mais la réaction de ces ouvriers ne se fit pas attendre. Ils lancèrent une campagne de boycott contre les produits Unilever, expliquèrent leur lutte, d'autant plus que les syndicats de pensées différentes (Confédération générale du travail, Confédération générale des cadres) s'étaient unifiés pour l'occasion, reçurent des soutiens politiques des partis de gauche radicale et d'extrême-gauche, et après 1336 jours de lutte, 76 des 182 ouvriers ont pu arracher à Unilever la possibilité de rouvrir l'usine et d'y implanter une coopérative, nommée Scop-Ti, le 26 mai 2014. Peut-être que les ouvriers-coopérateurs vont relancer le slogan des Lip de 73: "C'est possible! On vend, on fabrique, on se paie!"

En tout cas, les coopératives sonnent comme une alternative donnant un souffle d'air pur à un modèle d'entreprise pyramidale fortement grippé. Mais cela ne veut pas dire que l'autogestion ne connait pas de difficultés. La grande coopérative espagnole Fagor, filiale du groupe coopératif Mondragón, est là pour le rappeler. Mais aussi le mensuel Alternatives Économiques, qui est une coopérative, qui relate dans son numéro de juillet-août 2014 (donc actuellement en kiosques), ses comptes dans le rouge pour l'année 2013. Ne tirons pas non plus de plans sur la comète, mais l'entreprise coopérative a un mode de fonctionnement plus sain, plus démocratique, que l'entreprise pyramidale classique.

Cette référence à l'autogestion, qui était si chère au Parti socialiste, comme pour le syndicat la Confédération française démocratique du travail (CFDT), dans les années 1970, s'est étiolée aujourd'hui, à tel point que ce parti et ce syndicat, qui ont des atomes crochus, ne cherchent pas à la défendre avec la Conférence sociale qui se déroule actuellement. Finalement, seuls quelques syndicats de moindre importance numérique (Solidaires, Confédération nationale du travail, etc.), et quelques partis de gauche radicale ou d'extrême-gauche (Ensemble!, membre du Front de gauche, Fédération anarchiste, Alternative libertaire, etc.) en font référence, un axe prioritaire dans leur pensée.

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