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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


Pogacar, le patron du Tour

Publié par JoSeseSeko sur 27 Juillet 2026, 08:53am

Catégories : #Sport, #Cyclisme, #Tour de France, #Pogacar, #Evenepoel, #Del Toro, #Seixas, #Martinez, #Dopage, #Écologie

Photo: ASO/Morgan Bove

Photo: ASO/Morgan Bove

Vainqueur pour la cinquième fois de la grande boucle, le Slovène ne laisse rien passer et a tenu à avoir son coéquipier mexicain Isaac Del Toro sur le podium final d'un Tour de France caniculaire dont l'avenir a de quoi être questionné.

Le club des cinq vainqueurs du Tour de France, composé de Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain, compte un nouveau membre en la personne de Tadej Pogacar. Après 2020, 2021, 2024 et 2025, le coureur slovène s'adjuge le Tour de France 2026, 116ème du nom, avec 6'46" sur le Belge Remco Evenepoel et 9'42" d'avance sur le Mexicain Isaac Del Toro, son coéquipier dans l'équipe UAE. Et ce, à l'issue d'une dernière étape sur les Champs-Élysées, avec comme l'an dernier l'ajout de la butte Montmartre, donnant du suspense sur le vainqueur d'étape, qui a été finalement Mathieu Van der Poel. Même si j'estime que le gel des temps aurait mérité de ne pas se faire sur cette étape ensoleillée alors que l'an dernier, sous des conditions pluvieuses, plus propices à des chutes, une telle mesure de la part de la direction du Tour se trouvait justifiée.

Au-dessus

Clairement, le Slovène était au-dessus du reste du peloton. Il faut dire qu'atteindre rapidement les Pyrénées, qui réussissent particulièrement au désormais quintuple vainqueur de la grande boucle, où près de la moitié de ses 26 victoires d'étapes sur le Tour ont été obtenues dans le massif frontalier entre la France et l'Espagne, a fait que le suspense a été tué rapidement. Encore plus après l'abandon du rival danois Jonas Vingegaard sur chute, lors de l'étape Champagnole-Plateau de Solaison, une semaine avant la fin du Tour.

Et tellement Pogacar était au-dessus du lot qu'il se permit le luxe de faire l'équipier pour Del Toro dans la dernière étape de montagne Bourg d'Oisans-Alpe d'Huez, afin que le Mexicain soit assuré d'être sur la troisième marche du podium, ainsi que la possession du maillot blanc de meilleur jeune (moins de 25 ans), face au Français Paul Seixas, mais je reviendrais plus tard sur ce dernier.

Reste à savoir si Pogacar prend toujours autant de plaisir à être sur le vélo. Et la suspicion autour de ses performances demeure présente, voire même se renforce d'année en année. Et sa victoire à l'Alpe-d'Huez, vendredi 24 juillet, explosant le record de montée de l'ascension auparavant établi par Marco Pantani en 1995, ne va pas calmer ses détracteurs. C'est peut-être pour cela qu'il eut un contrôle anti-dopage inopiné à 5h du matin, dimanche 19 juillet, avant l'étape Champagnole-Plateau de Solaison susmentionnée, sachant que Vingegaard fut contrôlé à 2h du matin. Certains observateurs voulant d'ailleurs en faire un lien de cause à effet avec son abandon durant cette étape-là.

Toujours est-il que la question de la motivation de Pogacar se pose. Peut-être compte-il aller atteindre, voire dépasser le record officieux de victoires finales sur le Tour, que détenait l'États-unien Lance Armstrong, avant que ses titres lui soient déchus en 2013 après ses aveux de dopage sur la période de 1999 à 2005. Et en parallèle établir un nouveau record de victoires d'étapes sur le Tour, en dépassant les 35 victoires d'étapes du Britannique Mark Cavendish. Et au rythme actuel de Pogacar - trois victoires de rang, 5 victoires d'étapes en moyenne dans l'intervalle -, cela pourrait se faire en 2029 dans les deux cas.

Seixas-Martinez: mieux que Pinot et Bardet ?

Comme j'ai mentionné Paul Seixas, autant écrire plus longuement sur lui. Attendu pour son premier grand tour, le coureur lyonnais a globalement répondu aux attentes, luttant pour le podium jusqu'au bout, même si les deux dernières étapes de montagne, se terminant à l'Alpe-d'Huez, lui restent dans les jambes, n'étant pas en mesure de tenir face à Del Toro. Résultat, une quatrième place finale sur cette grande boucle pour le benjamin (19 ans) de la 116ème édition du Tour. Une très belle performance, même si une certaine déception s'exprime à son égard de la part de plusieurs observateurs, remettant en question l'idée de faire son premier grand tour sur le Tour de France, avec toute la pression française que cela suscite, tant la disette française dure depuis 1985, année du cinquième et dernier succès de Hinault. En tout cas, Seixas donne rendez-vous pour l'avenir et ce Tour 2026 va lui servir de leçon pour se perfectionner et lutter pour la victoire finale vers 2029-2030, voire plus tôt si sa progression est forte d'une part; et si Pogacar connaît une méforme d'autre part, tout comme Vingegaard, Evenepoel ou Del Toro. Ce qui est un défi à relever, mais peut-être plus facilement réalisable sur un Tour d'Espagne ou un tour d'Italie, où la concurrence est généralement moins dense que sur le Tour de France, le plus prestigieux des trois grands tours.

Puis, quelque part, voir Lenny Martinez terminer cinquième au classement général final est une occasion pour Seixas d'avoir moins de pression de la part du public, des observateurs du cyclisme. D'autant plus que Martinez ne s'était pas élancé, au départ du Tour à Barcelone, dans l'idée de jouer le classement général mais plutôt des victoires d'étapes et le classement de la montagne. Néanmoins, ayant été en mesure de suivre les meilleurs et de ne pas connaître un véritable jour sans, comme cela fut le cas dans ses deux précédentes participations au Tour, le coureur nivernais a été régulier, mais aussi malin lors de l'étape Gap-Alpe-d'Huez, se glissant dans l'échappée alors qu'il était septième au classement général et qu'à l'issue de cette antépénultième étape, il prit deux places au classement, à défaut d'avoir gagné cette étape où il a trop joué le rat face à Richard Carapaz, permettant à... Pogacar de les coiffer au dernier kilomètre. Ce qui fait qu'il n'y a pas eu la moindre victoire d'étape française sur ce Tour. Ce qui n'est arrivé qu'à deux reprises dans l'histoire de la grande boucle. En 1926 - un siècle de cela! - et en 1999.

Ce qui donne un bilan contrasté côté français, même si les perspectives de voir Seixas et Martinez faire mieux que Pinot et Bardet, les deux derniers coureurs français ayant lutté pour le classement général des grands tours sur la dernière décennie, sont très bonnes. Après tout, Seixas, avant d'arriver sur ce Tour, a commencé à gagner des courses, notamment le Tour du Pays Basque en avril dernier. De quoi susciter bien des espoirs. Toutefois, il est plus probable de lutter pour la victoire finale sur un Giro ou une Vuelta que sur un Tour de France pour les deux coureurs tricolores et peut-être que dans ce cas, cela les armera mieux, psychologiquement parlant, pour chercher à gagner la grande boucle.

Un Tour sous canicule

Si le Tour de France, au mois de juillet, a pour habitude de se faire dans des conditions météo chaudes, la canicule de cet été 2026 marque les esprits et a obligé la direction du Tour à modifier ses plans. D'abord, interdiction d'avoir un public sur la fin de l'étape Granollers-Les Angles, marquant le retour du peloton en France. Ensuite, l'étape Mallemort-Ussel, dimanche 12 juillet, a été réduite de 30 kilomètres car le département de la Corrèze fut en vigilance rouge canicule par Météo France. Enfin, la dernière étape a été également amputée, pour ne se dérouler que dans Paris, en raison de la mobilisation des pompiers et des forces de l'ordre face aux incendies en Gironde et dans les Landes.

Ceci peut amener à se poser une question: le Tour peut-il encore raisonnablement se faire durant le mois de juillet ? Et vu comment le réchauffement climatique s'accélère et exprime ses effets délétères, cette question doit demeurer dans les têtes. Alors, deux pistes permettraient de maintenir malgré tout la grande boucle en juillet. La première, c'est de réduire (encore) le nombre de kilomètres parcourus sur les trois semaines de course, sachant que depuis plusieurs années, il y a un plafond global de 3.500 ou 3.700 kilomètres à ne pas dépasser et qu'il n'est plus question de faire une étape qui dépasse les 250 kilomètres. La deuxième, ce serait de faire démarrer plus tôt les étapes, pour éviter que les coureurs et le public restent exposés au soleil durant les heures les plus chaudes.

Puis, il faudra se demander si la caravane publicitaire du Tour a encore une raison d'exister. À l'heure de la crise écologique, du souci de réduire l'impact humain sur l'environnement, ce serait une bonne chose de supprimer la caravane publicitaire. Ce qui permettrait, justement, un lancement plus matinal des étapes comme évoqué ci-haut. Et ce serait dans l'intérêt du Tour.

On verra bien l'an prochain, avec un grand départ outre-Manche, plus précisément à Édimbourg, en Écosse.

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