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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


L'IA pour le meilleur ou pour le pire de l'humanité ?

Publié par JoSeseSeko sur 28 Septembre 2026, 17:09pm

Catégories : #Économie, #Industrie, #Intelligence Artificielle, #Capitalisme, #Travail, #Lutte des classes, #Polémique

Photo: Flickr/Akash Nagar

Photo: Flickr/Akash Nagar

L'essor de l'intelligence artificielle ces dernières années nourrit beaucoup d'espoirs, de craintes et de polémiques en tous genres. Mais cela tend à une bulle spéculative qui promet de générer une crise supplémentaire du capitalisme quand elle éclatera et qu'il faudra s'y préparer pour que les exploité(e)s n'en paient pas le prix, une fois de plus.

Les livres de demain seront-ils écrits par de l'IA ? Telle est la question qui se pose depuis une semaine, quand un journaliste du Figaro, sous couvert du compte X Balance ton Claude pangramed, accuse l'écrivain canadien d'origine haïtienne Thélyson Orélien d'avoir rédigé son livre C'était ça ou mourir (Grasset) en recourant à l'intelligence artificielle, après vérification auprès de Pangram, un... outil d'IA. Cela prêterait à rire si cela n'illustre pas, avec l'essor de l'IA, de nouvelles manières de dénigrer des afro-descendants dans les hautes sphères littéraires - et l'intelligentsia parisienne a une spécialité en matière de négrophobie institutionnelle, historiquement parlant -, ainsi que des conséquences pratiques. La première d'entre elles est que l'écrivain Orélien a vu son livre retiré de la candidature pour le prix Goncourt 2026 (cf lien n°1). Ensuite, l'auteur interrompt sa tournée en France (cf lien n°2). Toutefois, cette histoire a mis à jour des accusations - plus classiques - de plagiat envers Orélien, montrant que ce dernier est loin d'être exempt de tout reproche (cf lien n°3).

Destruction créatrice ? Sûrement pas!

En-dehors de cette polémique, l'essor de l'IA soulève bien des interrogations au niveau économique. D'emblée, il faut se dire que c'est une technologie de rupture, à-même d'amener vers une nouvelle révolution industrielle, comme le furent la machine à vapeur, l'électricité, l'informatique précédemment, dans l'histoire de l'industrie, et donc du capitalisme. Et nombreux sont les économistes, notamment chez les orthodoxes (libéraux) à penser que l'IA suivrait une trajectoire similaire aux bascules technologiques antérieures, permettant un saut qualitatif dans le travail, rendant des emplois obsolètes et créant d'autres types d'activités nécessitant de la main-d'œuvre plus qualifiée. C'est-à-dire le processus de destruction créatrice cher à l'économiste autrichien Joseph Aloïs Schumpeter, décrivant ce phénomène sur le long terme, à travers le concept de grappes d'innovations nécessitant une rente de monopole pour les entrepreneurs à l'origine ou plus à-même de saisir ce saut technologique et d'en tirer profit - au sens premier du terme -.

Mais pour d'autres économistes, avec une approche plus hétérodoxe, l'IA marque des différences avec les révolutions industrielles antérieures. C'est qu'elle s'attaque à des domaines d'activités - communication, droit, information, etc. - grandement qualifiés et que les personnels exposés sont des "cols blancs", autrement dit les cadres, ayant donc des hauts salaires, et par conséquent des contribuables payant des impôts importants. Or, rien ne garantit que l'IA fera bel et bien émerger des nouveaux métiers encore plus qualifiés et qu'ils soient plus importants que les métiers détruits par l'IA. Ce qui conduit à un risque d'aggravation des déficits publics en raison de baisse des recettes (impôt sur le revenu) et de hausse des dépenses (indemnité chômage) (cf lien n°4 et cf vidéo). Et là, cela fera comprendre combien les "cols bleus", sobriquet donné aux ouvriers, ont été envoyés massivement au chômage avec la robotisation de l'industrie depuis les années 1980, au nom des gains de productivité.

Et si on ajoute la dimension écologique, on peut carrément parler de création destructrice puisque l'IA est gourmande en eau et qu'à l'heure actuelle, cette technologie consomme autant d'eau douce que l'industrie de l'eau en bouteille (cf lien n°5). Et vu que les capitalistes promoteurs de cette innovation - Dario Amodei, Elon Musk, Sam Altman, etc. - n'entendent pas s'arrêter là malgré leurs propos alarmistes, il faudra se poser la question des réserves d'eau douce pour alimenter l'IA, alimenter les centrales nucléaires et alimenter... l'humanité. De même que l'utilisation croissante de l'IA pousse à une exploitation encore plus profonde des minerais, il ne faudra pas s'étonner que les exploité(e)s aillent creuser et qu'ils n'en voient pas une amélioration de leurs conditions matérielles d'existence, bien au contraire, avec une exposition aux guerres comme c'est le cas dans l'Est de la République démocratique du Congo depuis 1996, dans l'indifférence générale ("haine doublée du mensonge").

D'ailleurs, les investissements, ou plutôt les spéculations boursières autour de l'IA donnent un scénario digne de la crise des subprimes de 2007 (cf lien n°6), avant que celle-ci ne se généralise en 2008-2009, devenant la plus grave crise du capitalisme depuis 1929.

In fine, pas besoin de clamer que l'IA aurait le potentiel de détruire directement l'humanité, comme l'alertent des ingénieurs ayant travaillé dans le secteur ces dernières semaines (cf lien n°7). Elle pousse déjà l'humanité à aller dans un suicide collectif. D'où les mises en garde du pape Léon XIV sur l'IA ces derniers jours, lors de sa visite en France (cf lien n°8), renouvelant un message de christianisme social formulé par son prédécesseur François et plus anciennement encore - fin XIXème siècle - du pape Léon XIII, mais dont il faut lire en creux ce qui suit: "Messieurs les capitalistes, soyez raisonnables. N'approfondissez pas la misère des prolétaires! À force, cela renforcera les voix prônant la subversion et poussera les esprits à vouloir détruire l'ordre social dans lequel je suis votre fidèle allié."

À bon entendeur!

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