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JoSeseSeko

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"Il ne faut jamais prendre les gens pour des cons, mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont." Cette phrase résume une recherche de vérité, de développer de l'information sur une variété de sujets, notamment l'économie, la politique et l'histoire. Et ce, dans plusieurs pays du monde.


L'OM ou un éternel chantier à construire

Publié par JoSeseSeko sur 18 Mai 2026, 08:57am

Catégories : #Sport, #Football, #Ligue 1, #OM, #McCourt, #Longoria, #Benatia, #De Zerbi, #Beye, #Richard, #Lorenzi, #Économie

Photo: OM

Photo: OM

Terminant cinquième du championnat, à deux points de la troisième place, qualificative pour la Ligue des champions, le club marseillais nourrit une frustration supplémentaire auprès de ses supporters, à l'issue d'une saison où l'institution s'est - une fois encore - fissurée. La saison prochaine promet d'être fastidieuse si d'aventure, la nouvelle direction ne parvient pas à incarner une stabilité qui doit ensuite se décliner dans le reste du club, notamment l'effectif.

Regret, frustration, dégoût. Ces trois substantifs résument l'état d'esprit des supporters de l'Olympique de Marseille (OM) à l'issue de la saison 2025-2026 du championnat de France, où le club termine cinquième, après une victoire à domicile contre Rennes (3-1) lors de la 34ème et dernière journée de Ligue 1, dimanche 17 mai, à deux points du Lille olympique sporting club, troisième, tandis que le Paris Saint-Germain continue à truster la première place et que le Racing club de Lens en occupe la deuxième (cf lien n°1). Ce qui aurait dû être la place de l'OM sur le papier, comme ce fut le cas lors de la saison 2024-2025.

Fragilité

Comment en est-on arrivé là? L'un des mots pouvant mettre le doigt sur les maux traversés par l'OM cette saison est fragilité. D'abord sur le terrain, où dès le premier match à Rennes, les joueurs olympiens ne parviennent pas à maîtriser leur sujet tout en étant en supériorité numérique et finissent par prendre un but dans les dernières minutes et perdre là-bas. Un scénario qui s'est répété à maintes reprises pour aboutir soit à des matchs nuls - contre Angers, contre Toulouse par exemple -, soit à des défaites - contre Lille par exemple -. Sans oublier la Ligue des champions, autre grande source de frustration avec des défaites rageantes à Madrid, à Lisbonne et contre Bergame avec des buts encaissés dans les dernières minutes en plus d'un arbitrage pour le moins navrant - restons mesurés -. Et en plus, des défaites honteuses en Ligue 1 - contre Nantes, à l'aller comme au retour, une défaite à Lorient -, comme en Ligue des champions - contre Liverpool, à Bruges -, avec au bout une élimination dans les phases de poule après la victoire de Benfica contre Madrid avec un but... du gardien du club lisboète. 

Un craquage mental qui s'est encore plus manifesté dans la direction du club, illustrant le proverbe "le poisson pourrit toujours par la tête". Cette défaite inaugurale à Rennes, où une altercation entre Adrien Rabiot et Jonathan Rowe eut lieu, a poussé la direction - Pablo Longoria, Medhi Benatia - a fait transférer les deux joueurs en question, provoquant une situation de panique pour recruter massivement dans les derniers jours du marché des transferts fin août. Et l'entraîneur Roberto De Zerbi, lassé des critiques dans la presse mais surtout du manque de soutien de la direction et des joueurs, a fini par démissionner en février, peu après une humiliation subie chez l'ennemi parisien (0-5). Et alors, Longoria fut mis à la porte et Benatia présenta sa démission avant de se rétracter le lendemain sur intervention de l'actionnaire Frank McCourt, rendant la situation ubuesque pour tenter de sauver une place sur le podium, avec Habib Beye, alors renvoyé de... Rennes pour limiter les dégâts. En vain.

Austérité à l'horizon?!

Avec cette cinquième place, l'OM est directement qualifié pour la Ligue Europa la saison prochaine. Ce qui est un lot de consolation sportif pour les supporters. Mais cela ne va pas consoler McCourt qui sait combien la Ligue Europa rapporte bien moins financièrement que la Ligue des champions. Or, l'OM s'était donné les moyens de faire en sorte d'assurer une deuxième qualification de rang en Ligue des champions avec une masse salariale record dans l'histoire du club. Forcément, cela incitera l'affairiste yankee à mener une politique d'austérité à la grecque, d'autant plus que la Direction nationale de contrôle de gestion et l'UEFA tirent la sonnette d'alarme sur les finances du club, laissant craindre une épée de Damoclès sur le club avec des sanctions financières, des limitations de transferts, voire même une interdiction de participation à la Ligue Europa (cf lien n°2).

Ce qui fait que les prochaines semaines promettent encore d'être tendues, en attendant l'instauration officielle de la nouvelle direction, autour du président Stéphane Richard et du directeur sportif Grégory Lorenzi, le 2 juillet prochain. Le club devra forcément faire partir des joueurs, notamment des titulaires qui ont été défaillants cette saison. Je pense notamment à Léo Balerdi, qui en a perdu le capitanat sur la dernière partie de la saison au profit de Pierre-Émile Højbjerg, pas non plus à la hauteur de son statut de cadre dans l'effectif et également incité à faire ses valises. Et ce, d'autant plus que ce sont des joueurs à fort salaire. Ce qui permettrait de réduire la masse salariale du club. Tout comme Pierre-Emerick Aubameyang, dont ce deuxième passage à l'OM est moins prolifique que le premier, il y a deux ans, surnageant dans une saison bien plus navrante que celle qui vient de se terminer.

Nouveau cycle

Il est clair que cette saison marque la fin d'un cycle, celui de la présidence de Longoria, où le mot-clé a été instabilité. Et cette saison en a été la quintessence, avec le départ de De Zerbi rappelé ci-haut. Maintenant, comment le cycle Richard va commencer ? Il faudra que Lorenzi décide rapidement du futur entraîneur de l'OM, tant Beye irrite nombre de supporters, écornant ainsi son image d'ancien joueur du club dans les années 2000, sachant très bien comment cela se passe à Marseille. Mais qui serait en mesure de dompter ce banc olympien et ne pas s'y brûler ? Plusieurs noms sont évoqués ces dernières semaines: Christophe Galtier, Bruno Genesio, Éric Roy, Adi Hütter ou encore Sérgio Conceição. Encore une fois, je vais reprendre ce que j'estime être un profil-type d'entraîneur pour l'OM se déclinant comme suit:

  1. Un entraîneur n'hésitant pas à promouvoir des minots du centre de formation au sein de l'effectif, afin de les pousser à se transcender pour se faire une place dans l'équipe première et pourquoi pas, pour les meilleurs d'entre eux, devenir progressivement des titulaires.
  2. Un entraîneur qui a un plan de jeu offensif, raccord avec la devise "droit au but", à l'instar de ce purent faire Marcelo Bielsa, Igor Tudor ou Roberto De Zerbi - l'OM meilleure attaque de Ligue 1 au moment de son départ -, tout en se devant d'être plus efficace que ces trois entraîneurs-là.
  3. Un entraîneur qui a un palmarès en tant qu'ancien joueur et/ou entraîneur, histoire de transmettre une culture de la gagne qui manque au club.
  4. Un entraîneur qui a été un ancien joueur de l'OM, avec une connaissance des exigences des supporters olympiens. Et pourquoi pas avoir obtenu des titres avec le club phocéen.

À ce compte-là, le choix peut être restreint, me direz-vous. Et là, Galtier a une longueur d'avance, suivi de Roy, étant donné que les deux ont été joueurs à l'OM. Cependant Galtier est un marseillais pur jus, formé au club et qui s'est forgé un palmarès en tant qu'entraîneur. Ce qui n'est pas le cas de Roy. Et Galtier, qui a entraîné le PSG en 2022-2023, eût à gérer les egos des joueurs phares, à savoir Lionel Messi, Neymar et Kylian Mbappé à ce moment-là. Donc, il peut en avoir tiré des leçons dans son management. Mais les accusations de racisme lors de son passage à Nice ont de quoi refroidir les esprits. Mais Sérgio Conceição a un palmarès en tant qu'entraîneur du FC Porto ces dernières années, où l'exigence et la régularité sont encore plus marquées qu'à Marseille puis ayant connu la Ligue 1 avec un passage plutôt réussi à Nantes, tenter l'OM ne serait pas une mauvaise idée, d'autant plus qu'il avait été approché il y a deux ans, même si finalement ce fut De Zerbi qui hérita du poste.

Et à partir de là, cela donnera plus de clarté pour les joueurs susceptibles de rester. Et notamment Mason Greenwood, de loin le meilleur olympien, avec 16 buts et 6 passes décisives en championnat, plus 3 buts et 1 passe décisive en Ligue des champions. Une saison bien plus complète, où l'Anglais a progressé, même s'il a été affecté par les chamboulements au sein du club durant la deuxième partie de la saison. Or, va-t-il rester ? Telle est la question, tant le club a besoin de rentrées d'argent pour complaire aux exigences de la DNCG. Après, il y a un effectif qui a de quoi tenir la route, avec des joueurs comme Amine Gouiri, Quinten Timber, Nayef Aguerd - sa pubalgie a bien gêné l'équilibre de la défense olympienne -, Emerson Palmieri, Timothy Weah, Facundo Medina, Tochukwu Nnadi, etc. Si on ajoute des minots du centre de formation, tels Tadjidine Mmadi, Ugo Lamare El Kadmiri, Milan Leccese, Nouhoum Kamissoko, Keyliane Abdallah ou Hilan Hamzaoui, ainsi que des retours de prêt comme celui de Bamo Meïté par exemple, un esprit revanchard pourrait être insufflé.

Mais ce nouveau cycle tend à être aussi dans la gouvernance. McCourt véhicule le besoin d'un nouvel investisseur à ses côtés, voire un racheteur. Ce qui réalimente la question de la vente du club. Et comme Richard est proche de Rodolphe Saadé, patron de la CMA-CGM, détenteur du journal La Provence, cela serait plausible. Mais comme je l'ai écrit il y a bientôt 10 ans, quand McCourt racheta le club à Margarita Louis-Dreyfus, j'ai envie de dire "et alors?" Après tout, ma conviction est que tant que l'OM ne sera pas organisé en mode socios, comme cela se fait dans bien des clubs espagnols, y compris les deux mastodontes que sont le Real Madrid et le FC Barcelone et que les minots du centre de formation ne demeurent pas importants, voire majoritaires au sein de l'effectif de l'équipe première, afin de réduire la dépendance excessive sur le marché des transferts, l'OM fera toujours le balancier, naviguant à vue, sans véritablement fonder une structure capable de tenir sur le long terme et de se stabiliser.

Bref, le chantier reste encore à ses balbutiements et seul le temps dira si cela va droit au but.

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