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Voilà un "crunch" à déguster, un peu amer côté français

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP / Glyn Kirk

Photo: AFP / Glyn Kirk

Malgré la défaite, 35-55, digne d'une grande marée (comme celle prévue sur le littoral ce weekend), le XV de France a livré une prestation de haute voltige face à un XV d'Angleterre qui a mérité sa victoire. Un match qu'il ne fallait pas rater!

Il est clair que les spectateurs et téléspectateurs ont en eu pour leur argent, en cette dernière journée du Tournoi des 6 nations. Des essais en veux-tu, en-voilà, il y en a eu ce samedi 21 mars. Mais c'est le dernier match du Tournoi, Angleterre-France dans le stade de Twickenham, où ça a été un véritable feu d'artifice. 12 essais (7 côté anglais, 5 côté français), et encore il y aurait du avoir un essai anglais - celui du 3e ligne centre Billy Vunipola - refusé si l'arbitre gallois M.Owens avait utilisé la vidéo car le joueur d'Albion avait relâché le ballon avant d'aplatir sur la ligne d'en-but. Enfin bon, c'est jouer la fine bouche car ce match vaut plus que des films pornos, plus que les filles, et bien sûr, rend ridicule les matchs de football.

Une défaite honorable...

La victoire anglaise n'a pas suffi pour que le XV de la rose gagne le Tournoi, devancée en cela par l'Irlande, qui conserve le titre après sa victoire en Écosse 40-10. Une première pour le XV du trèfle depuis 1949, année où elle gagnait pour la 2e fois de suite le Tournoi des 5 nations à ce moment-là (ce sera 6 nations avec l'arrivée de l'Italie en 2000). Mais l'Angleterre tenait à gagner ce Tournoi dans la mesure où ça aurait créé une dynamique positive pour les joueurs de Stuart Lancaster, à six mois d'une coupe du monde organisée outre-Manche.

Côté français, les joueurs de Philippe Saint-André ont livré un match dantesque, et terminent le Tournoi la tête (un peu plus) haute, en montrant de l'envie, en envoyant du jeu, en se donnant dans le combat. Bref, ils ont joué à fond un rugby qui est propre à la France, qui était porté disparu depuis longtemps. Un rugby que les anglo-saxons (Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Australie, Angleterre, Pays de Galles, Irlande, Écosse) surnomment "French flair", tellement il leur paraît imprévisible. Dans le bon comme dans le mauvais. En tout cas, ça a été un plaisir qui m'amène à poser ceci:

 

 

... Mais une défaite quand même

Malgré les signes positifs qu'on peut tirer de ce match fou de la part des bleus, et notamment sur les lignes arrières en feu offensivement, il y a défaite car le point fort habituel des bleus, à savoir la défense, a littéralement explosé sous les coups de buttoir anglais. En outre, et c'est là que c'est un coche qui a été raté par les joueurs sur le terrain, il y a eu un manque de réalisme impardonnable à ce niveau. Le symbole de tout ça est l'inefficacité dans les tirs au but (pénalités, transformations). Ni Jules Plisson (3 tirs réussis/6), demi d'ouverture titulaire, ni Rory Kockott (1/3), demi de mêlée rentré en cours de match, n'ont été à la hauteur dans cet exercice. 12 points laissés au pied! Surtout 8 non concrétisés par Plisson en début de match, au plus fort de la domination française, ce qui aurait complètement changé la physionomie de ce match. À titre de comparaison, l'ouvreur anglais George Ford a fait un sang-faute (9/9).

Cette situation n'est pas nouvelle. Ça me fait même penser à un autre Angleterre-France. Celui de la demi-finale de la coupe du monde 2003 en Australie. Le XV de France avait pris l'ascendant au début du match mais ne concrétisait pas ses temps forts, avec Frédérick Michalak qui avait connu un naufrage sous la pluie de Sydney (1/5), laissant la France mener seulement 7 à 3 au lieu de 13 à 3 dans les 20 premières minutes, permettant aux anglais de revenir par le pied de Jonny Wilkinson (6 pénalités, 2 drops), pour gagner 24-7.

À qui perd gagne?

Cette défaite supplémentaire pour le XV de France de Saint-André rentre dans l'habitude pour les supporters des bleus puisque statistiquement, PSA est le pire sélectionneur depuis la professionnalisation du rugby en 1995. C'est le seul à ne pas avoir réalisé de Grand chelem dans le Tournoi alors que ses prédécesseurs (Jean-Claude Skrela; Bernard Laporte; Marc Lièvremont) l'ont fait au moins une fois. Puis il reste l'impression que le XV de France est un éternel chantier dont la première pierre n'aurait toujours pas été posée. Pis, ceux qui étaient absents du Tournoi ou de la fin du Tournoi pour diverses raisons (blessure, choix du sélectionneur, etc.) sont loin d'avoir tort, contrairement au proverbe. Et à 6 mois de la coupe du monde, le flou demeure.

Néanmoins, il y a des joueurs indiscutables dans cette équipe de France. Par exemple, le 3e ligne aile et capitaine Thierry Dusautoir, plaqueur-gratteur exceptionnel; le 2e ligne Yoann Maestri, une poutre volumineuse; ou le 3/4 centre Wesley Fofana, à la vitesse de course redoutable. Mais pour les autres qui doivent composer le groupe de 30 pour septembre-octobre, rien n'est fait. Notamment pour les postes de demi (mêlée, ouverture), où des Morgan Parra, Maxime Machenaud, François Trinh-Duc, Frédérick Michalak pourraient bien éjecter Sébastien Tillous-Borde, Camille Lopez ou Jules Plisson. De même que le 3/4 aile Noa Nakaitaci, qui a été le meilleur français du match de Twickenham pour moi (même s'il m'a rendu fou avec son essai qui a bien failli être refusé par sa faute), pourrait bien coiffer au poteau Teddy Thomas et Sofiane Guitoune, ses concurrents directs à ce poste.

Maintenant, seul le temps donnera des réponses, et non plus principalement les joueurs eux-mêmes.

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