Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Horizon brumeux pour le XV de France

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/FRANCK FIFE

Photo: AFP/FRANCK FIFE

En perdant 18-11 à Dublin, en Irlande, samedi 14 février, l'équipe de France de rugby dit adieu au Grand Chelem et s'enfonce dans le doute, à sept mois de la Coupe du monde.

Le constat est implacable, pour le coup. En tant qu'entraîneur du XV de France depuis 2012, Philippe Saint-André n'a jamais battu l'équipe d'Irlande dans le cadre du Tournoi des VI nations (2 matchs nuls, 2 défaites), par conséquent, il est le seul sélectionneur français à ne pas avoir réalisé de Grand chelem (0 défaite dans le Tournoi des V, puis VI nations avec l'arrivée de l'Italie en 2000) depuis que le rugby est devenu un sport professionnel, en 1995. Tous ses prédécesseurs (Jean-Claude Skrela, Bernard Laporte, Marc Lièvremont) ont réussi au moins une fois cette performance durant leur mandat, ces 20 dernières années. En outre, les français retrouveront leurs bourreaux d'hier en phases de poule de la Coupe du monde en Angleterre, en septembre prochain!

Problèmes récurrents

Dans le match qui s'est déroulé à l'Aviva stadium (ex-Lansdowne road) de Dublin hier, on peut remarquer des problèmes récurrents au XV de France, que la victoire poussive la semaine dernière contre l'Écosse au Stade de France (15-8) n'a pas effacé. Un plan de jeu stéréotypé, téléphoné, avec notamment les charges du trois-quart centre Mathieu Bastareaud ou du troisième-ligne aile Bernard Le Roux qui, même si elles peuvent être efficaces, sont très lisibles pour les adversaires. Des fautes de main à la pelle, surtout dans les 22 mètres irlandais, c'est-à-dire là où Bernard Laporte pourrait crier "pas de fautes, pas de fautes, pas de fautes!" Enfin, des problèmes d'alternance dans le jeu, notamment dans le jeu à la main où les passes après-contact se comptent sur les doigts d'une main. C'est dire que le problème technique est patent.

Pis, avec le match d'hier, c'est l'indiscipline qui a coûté cher aux bleus, face à un XV du trèfle pas forcément très enjoué, mais diablement réaliste. 14 pénalités sifflées contre le XV de France, plus un carton jaune (Pascal Papé) qui pourrait être prolongé avec la commission de discipline. Néanmoins, pour être honnête, l'arbitre anglais M. Barnes a donné l'impression de siffler systématiquement les bleus alors que pour les verts, il a eu le sifflet moins énergique, sauf pour le carton jaune infligé au talonneur Rory Best.

Un réveil (trop) tardif

Tout est-il à jeter? Clairement non. Il y a des bons enseignements. D'abord, le banc massif a fait du bien en seconde mi-temps, permettant un réveil des bleus et une domination totale sur les 20 dernières minutes, mais trop tard. Ce n'est pas nouveau en plus! Ce scénario s'est reproduit en novembre dernier, contre l'Argentine, où malgré le coaching tonifiant, les bleus avaient perdu contre les pumas.

Puis la défense française n'a pas pris d'essai. Et ça, ce n'est pas négligeable comme motif de satisfaction! Mais vous l'aurez compris, chers lecteurs, c'est trop peu pour apprécier cette défaite française. Pour mettre un bémol sur le banc, pourtant très utile hier, il y a un déséquilibre pour les remplaçants des lignes arrières puisqu'il y a eu un manque de polyvalence criant hier, suite aux sorties du trois-quart aile Teddy Thomas (blessure) et de l'arrière Scott Spedding (commotion), remplacés par Rémi Lamerat (3/4 centre) et Rémi Talès (demi d'ouverture), obligeant le 3/4 centre Wesley Fofana à se placer sur l'aile et Talès à jouer à l'arrière, un poste qui ne lui est pas naturel.

Une colonne vertébrale cohérente

Un autre enseignement que Saint-André et son staff pourrait prendre en compte pour préparer le match contre le Pays de Galles au Stade de France, c'est la nécessité d'avoir une colonne vertébrale cohérente (axe 2-8-9-10-15). Si le XV de France a eu du mieux en seconde période, c'est aussi car cette colonne a été majoritairement composée de joueurs qui ont l'habitude de jouer ensemble en club. Ici, je veux parler des clermontois Benjamin Kayser (talonneur), Damien Chouly (3e ligne centre), Morgan Parra (1/2 de mêlée) et Camille Lopez (1/2 d'ouverture). À partir de là, il y a des automatismes qui marchent, alors qu'en première période, le talonneur toulonnais Guilhem Guirado et le demi de mêlée castrais Rory Kockott n'ont pas été à la fête. D'ailleurs, l'ouvreur Lopez, sévèrement noté par l'Équipe (3/10), sans vouloir jeter la pierre à Kockott, a quand même déclaré après-match, selon le quotidien sportif: "Quand Morgan est rentré, ça s'est vu qu'on joue ensemble en club: c'était plus propre, plus net".

Ce serait une bonne idée pour PSA d'aligner cet axe-là d'entrée, face à des gallois piqués au vif depuis leur défaite inaugurale face à l'Angleterre. Et si l'arrière du Racing-métro 92, Brice Dulin, revient à 100% de ses moyens, cela pourrait être du luxe, à condition de gommer cette litanie de fautes de mains!

Commenter cet article