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En route pour le trophée Webb Ellis

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP

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La coupe du monde de rugby commence le vendredi 18 septembre, avec des Néo-zélandais champions du monde en titre, archi-favoris à leur succession, qui pourraient devenir le premier pays à gagner trois fois le trophée Webb Ellis.

La grande fête du rugby mondial va bientôt commencer, dans le pays où ce sport a été inventé, l'Angleterre. Du 18 septembre au 31 octobre, 20 équipes s'affronteront dans des matchs de poules puis à élimination directe, en espérant pour chacune de gagner la compétition. Chacune? C'est exagéré! En réalité, il y a 4 véritables prétendants à la victoire finale, plus 4 outsiders qui peuvent surprendre.

L'hémisphère Sud en force

Les quatre grands favoris sont issus de l'hémisphère Sud, pour beaucoup. Tout d'abord, la Nouvelle-Zélande. Les All blacks, champions du monde en titre, semblent être au-dessus des autres pays, tellement leur régularité impressionne sur les quatre dernières années. Ils ont gagné le Four nations (équivalent du Tournoi des six nations de l'hémisphère Nord) cet été et gardent un effectif solide, autour de leur charismatique capitaine, le flanker Richie McCaw. Derrière, on a l'Australie, avec une ligne arrière composée de joueurs talentueux et connus en France tels les joueurs toulonnais Matt Giteau et Drew Mitchell, mais qui a changé trois fois d'entraîneur depuis 2011. Actuellement, c'est Michael Cheika, ancien coach du Leinster ou du Stade Français, qui est à la tête des Wallabies et il se sait sous pression de la part de l'opinion publique australienne.

Mais son sort est peut-être plus enviable que celui du troisième favori venant du Sud, à savoir Heyneke Meyer, coach de l'Afrique du Sud. Comme le dernier Four nations a été raté par les Springboks (dernière place, avec une défaite historique à domicile contre l'Argentine) et que la sélection est sujette à un débat très politisé sur la question de l'africanisation des Springboks - malgré la fin de l'apartheid, le rugby reste le sport de la minorité blanche -, Meyer a intérêt à mener son équipe loin dans la compétition. Il peut compter sur un groupe expérimenté, composé de champions du monde en 2007 (Bryan Habana, Victor Matfield, Jean de Villiers, Schalk Burger, Fourie du Preez...) qui étaient laissés au repos en fait durant l'été. Enfin, l'intrus du Nord parmi les favoris est l'Angleterre. Le pays organisateur entend triompher chez lui, avec le coach Stuart Lancaster dont l'effectif et le jeu font plaisir à voir pour beaucoup d'observateurs de l'ovalie. Mais la pression populaire pourrait bien se retourner contre le XV de la Rose car ce sont des jeunes joueurs (Owen Farrell, George Ford, Jonathan Joseph, Anthony Watson, Jack Nowell, Billy Vunipola, etc.) qui risquent d'être envoyés au casse-pipe, malgré tout leur talent.

La France en outsider

Maintenant, regardons les outsiders. Le rapport est inverse. C'est beaucoup de l'hémisphère Nord. D'abord l'Irlande, qui domine l'Europe du rugby ces deux dernières années mais qui a affiché durant les tests-matchs de l'été une fragilité étonnante pour un groupe à pleine maturité, autour du capitaine Paul O'Connell et de l'ouvreur Jonathan Sexton. Ensuite, c'est le Pays de Galles, expérimenté (Jamie Roberts, Sam Warburton, etc.), mais qui est dans la poule où se trouvent l'Australie et l'Angleterre - vae victis! - et dont l'artilleur Leigh Halfpenny est indisponible pour la Coupe du monde. Le dernier pays de l'hémisphère Nord à citer est... la France. Trois fois finaliste (1987, 1999, 2011), l'équipe entraînée par Philippe Saint-André (PSA) inspire méfiance auprès des spécialistes du rugby, avec raison car malgré des tests-matchs majoritairement gagnés cet été, PSA garde jusqu'à présent le pire bilan d'un entraîneur du XV de France depuis la professionnalisation du rugby.

Enfin, l'intrus du Sud est... l'Argentine. Intégrée dans l'ex Tri-nations, devenu Four nations, la sélection des Pumas de Daniel Hourcade titille de plus en plus les autres nations du Sud, jusqu'à battre l'Afrique du Sud chez cette dernière en août dernier. L'esprit offensif insufflé par l'entraîneur vient s'accoupler à cette fameuse "grinta", que les avants expriment beaucoup avec une mêlée parmi les plus redoutables au monde, et il ne serait guère étonnant pour moi que l'Argentine devienne le meilleur représentant latin de l'ovalie devant... la France.

Une domination anglo-saxonne

Cette Coupe du monde marque un anniversaire, celui des 20 ans du rugby professionnel. À l'époque, l'International rugby board (devenu World rugby ces derniers mois), décida de mettre fin à l'amateurisme de son sport, afin d'élargir son champ à l'ensemble des continents et que le Nord puisse concurrencer le Sud. 20 ans plus tard, force est de constater que les trois grands pays de l'hémisphère Sud (Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Australie) monopolisent le trophée Webb Ellis sauf en 2003, où l'Angleterre a su y arriver. Mais cela reste dans le giron anglo-saxon. Aucun pays latin n'a gagné la Coupe du monde de rugby (la France a échoué à trois reprises en finale) alors que dans le football, 15 Coupes du monde sur 20 ont été gagnées par des pays latins (Brésil: 5 fois, Italie: 4 fois, Argentine: 2 fois, Uruguay: 2 fois, Espagne: 1 fois, France: 1 fois).

Une autre comparaison avec le foot s'impose, mais elle n'est pas flatteuse pour la France. Le rugby français, au niveau des clubs, est le plus puissant du monde de l'ovalie, avec une manne financière importante, permettant d'avoir les meilleurs joueurs venant des pays du Sud. La preuve, le Rugby club toulonnais domine la Coupe d'Europe de rugby depuis trois ans, retrouvant à deux reprises le même adversaire français en finale (ASM Clermont Auvergne). Pourtant, sur la même période, le XV de France affiche ses pires résultats, ne sachant plus battre ni l'Irlande, ni le Pays de Galles. Et ce genre de situation, le foot anglais en est très expérimenté puisque les clubs anglais sont les plus riches et peuvent appâter les meilleurs joueurs du monde en espérant monopoliser les trophées européens, mais au détriment de l'équipe nationale, qui reste décevante aux yeux de l'opinion publique.

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