L'empereur Bolt reste maître en Chine

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Olivier Morin

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Photo : EPAMAXPPP

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Les championnats du monde d'athlétisme, qui se terminent aujourd'hui, confirment la domination de la Jamaïque sur le sprint et du Kenya sur le demi-fond ou autres disciplines, mais plus globalement, un déclin des États-Unis. La France tire la langue avec deux médailles (bronze).

Le "Nid d'Oiseau" de Pékin, stade olympique lors des JO de 2008, a été le théâtre durant une semaine des championnats du monde d'athlétisme. Un nom l'emporte en Chine, c'est le sprinteur jamaïcain Usain Bolt. Avec 11 titres mondiaux depuis 2009, il est au panthéon, dépassant le légendaire athlète états-unien Carl Lewis.

Retour aux sources

Trois médailles d'or sur ces championnats (100m, 200m, 4x100m) pour "la foudre" de Kingston. Tout comme lors des Jeux de 2008, au même endroit, qui ont vu naître ce géant jamaïcain, qui est plus que jamais l'empereur du sprint mondial. Et pourtant, il était bien menacé par ses concurrents, en particulier l'états-unien Justin Gatlin, champion olympique à Athènes en 2004, revenu à son meilleur niveau depuis sa suspension de dopage à la fin des années 2000 et qui était le meilleur performeur mondial sur 100m et 200m avant ces championnats. Cela renforce le triomphe de Bolt, recordman du monde sur la distance reine, qui paraissait être l'ombre de lui-même. Mais faut croire que ce retour aux sources a fait rappeler aux critiques qu'il n'a pas gagné tous ses titres (mondiaux et olympiques) par hasard.

Mais ce retour aux sources concerne en fait ses compatriotes. En particulier son équivalent féminin, Shelly-Ann Fraser-Pryce. Elle aussi fut championne olympique sur 100m en 2008, au "Nid d'Oiseau" et elle est restée championne du monde du 100m cette semaine. Avec de telles locomotives, la Jamaïque garde la mainmise sur les relais 4x100m, et sur l'ensemble du sprint mondial. D'ailleurs, grâce à eux, la Jamaïque demeure devant les États-Unis au classement des médailles (d'or), mais est derrière... le Kenya. En effet, avec 7 médailles d'or (mais plus de médailles d'argent que les jamaïcains), le pays d'Afrique de l'Est est la nation la plus titrée de ces championnats du monde, grâce notamment au demi-fond (titres sur 3000m steeple, 1500m, etc.) mais plus surprenant, le titre sur... le lancer de javelot masculin, avec Julius Yego, battant des ténors européens, qui monopolisent ce concours depuis des années.

Révélations et records

En-dehors de Yego (qui à cette occasion, bat le record d'Afrique en faisant le 3ème jet de tous les temps avec 92,72m), ces championnats ont révélé des athlètes auprès du grand public tels la néerlandaise Dafne Schippers, l'éthiopienne Almaz Ayana ou le sud-africain Wayde Van Niekerk. La néerlandaise, ancienne heptathlonienne, reconvertie dans le sprint, ramène deux médailles pour les Pays-Bas. L'argent du 100m (avec record national à la clé en 10"81), derrière Fraser-Pryce, mais surtout le titre mondial au 200m (en 21"63, nouveau record d'Europe), en battant notamment la jamaïcaine Veronica Campbell-Brown, multiple championne du monde et olympique sur cette distance. L'éthiopienne Ayana a réalisé une grosse surprise, ce dimanche 30 août, en battant sur 5000m sa compatriote Genzebe Dibaba, favorite de l'épreuve et championne du monde du 1500m plus tôt dans la semaine. Enfin, et non des moindres, je veux parler un peu de Van Niekerk. Le sprinteur sud-africain a réussi à devenir champion du monde du 400m, alors que l'états-unien LaShawn Merrit, le grenadin Kirani James et le botswanais Isaac Makwala étaient donnés favoris. Mais surtout, le chrono réalisé par Van Niekerk (43"48) est le 6e meilleur de tous les temps. D'ailleurs, tellement il est allé au bout de lui-même, le nouveau champion du monde a fait un malaise et a quitté le stade sur la civière. Une image forte de ces mondiaux.

Même si des records personnels ont été réalisés, un seul record du monde a eu lieu cette semaine à Pékin. Celui du décathlon, avec l'états-unien Ashton Eaton, avec 9045 points depuis le samedi 29 août. Remarque, il détenait déjà ce record en 2012, avec... 9039 points. Mais certains ont senti que ça a failli tomber. En particulier le triple saut. Le britannique Jonathan Edwards tient toujours avec ses 18,29m établis à Göteborg, lors des championnats du monde en 1995. Mais l'états-unien Christian Taylor s'en est rapproché de très près, avec 18,21m. Ce saut lui permettant d'être champion du monde, et d'être le deuxième meilleur performeur de tous les temps. Mais il n'est pas seul à pouvoir le faire. Son dauphin de Pékin, le cubain Pedro Pichardo, et le français Teddy Tamgho, champion du monde à Moscou en 2013, blessé - et commentateur de choix pour France Télévisions lors de ces championnats -, en ont également la possibilité dans leurs jambes. Après tout, un record est fait pour être battu. Comme l'a été celui de l'ukrainien Sergueï Bubka au saut à la perche (en salle) par le français Renaud Lavillenie en 2014 avec 6,16m, au bout de 21 ans.

Soupe à la grimace

D'ailleurs, du côté français, c'est un peu la soupe à la grimace (2 médailles de bronze). Notamment du côté de Lavillenie, qui a connu une cruelle désillusion à la perche, en ramenant seulement la médaille de bronze, grâce à un saut à 5,80m (à la prmière tentative), mais échouant à passer la barre de 5,90m et laissant filer l'or au canadien Shawnacy Barber, jeune vainqueur (21 ans) talentueux, mais surprise tout de même. L'autre médaille de bronze est venue de la lanceuse de marteau Alexandra Tavernier avec un lancer à 74,02m.

Sinon, c'est vide, malgré encore quelques tentatives avec notamment le 4x100m masculin, autour de Jimmy Vicaut, co-recordman d'Europe du 100m depuis quelques semaines (9"86), et Christophe Lemaître pour figures de proue, car malgré des séries bien menées (37"88, deuxième meilleur relais français après celui de 1990 et 37"79), les jambes n'ont pas répondu lors de la finale. Les autres relais ont donné la même impression. Et enfin, le 110m haies où trois hurdlers français s'y trouvaient (Pascal Martinot-Lagarde, Dimitri Bascou, Garfield Darien), mais hélas, ils on échoué à la porte du podium, vendredi 28 août. Des regrets mais des motifs d'espoir, sachant que les bleus ont du potentiel et que les absents (Tamgho au triple saut, Éloyse Lesueur au saut en longueur) auront la motivation accrue, voire la rage pour aller aux Jeux à Rio, l'an prochain, ramener des médailles et prendre le relais de Lavillenie comme leader de l'athlétisme français. Donc, la vérité d'aujourd'hui ne sera pas forcément celle de demain.

Pour finir, Lavillenie aura une nouvelle occasion d'être champion du monde en 2017, à Londres, là même où il conquit son titre olympique. Si le retour aux sources a marché pour Bolt, il le sera alors pour le perchiste hexagonal.

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