Absence de bon sens au nom de l'austérité à l'OM

Publié le par JoSeseSeko

La fin du mercato marseillais, avec de multiples chamboulements, montre à quel point la situation du club devient de plus en plus instable, malgré les bénéfices de ces opérations estivales, avec un président insultant et qui ne rassure pas les supporters sur sa politique économique et sportive, désormais floue.

Tout ça pour ça! Cette phrase doit résonner dans les têtes des supporters de l'Olympique de Marseille (OM) ce mardi 1er septembre. Après le jour le plus long (31 août), le mercato estival a rendu son verdict et le moins que l'on puisse dire, c'est une transfiguration totale de l'OM sur les 15 derniers jours, notamment depuis que l'espagnol Míchel est sur le banc phocéen.

Bouchon en défense centrale

D'abord, ce qui étonne, voire sidère, c'est que le secteur défensif est celui qui a du le plus recruter à Marseille. Certes, la défense avait besoin de recrues, notamment dans l'axe, vu que c'est sur ce secteur que l'OM, entraîné alors par l'argentin Marcelo Bielsa, avait failli sur la fin de la saison 2014-2015, avec un Nicolas Nkoulou blessé, et des titulaires (Rod Fanni, Jérémy Morel) dont ce n'était pas le poste de prédilection. D'ailleurs, ces derniers sont partis libres en juin dernier, ce qui a le don d'être énervant, montrant l'incompétence du président Vincent Labrune à savoir vendre (du moins, jusqu'à présent).

Là, c'est l'effet inverse. Un surplus de défenseurs centraux existe avec Nkoulou qui finalement reste, malgré des appels du pied de l'Olympique lyonnais notamment, puis les arrivées d'abord du jeune espoir néerlandais Karim Rekik et l'expérimenté défenseur portugais Rolando, plus deux joueurs formés au club (Stéphane Sparagna et Gaël Andonian, qui peut dépanner sur le couloir gauche), dont c'est le poste de prédilection. Donc, 5 défenseurs centraux de métier! Sur les côtés, c'est doublé. À droite, l'ivorien Brice Dja Djédjé est concurrencé par l'espagnol Javier Manquillo (prêté par l'Atlético Madrid); à gauche, le français Benjamin Mendy a pour doublure l'italien Paolo De Ciglie (prêté par la Juventus Turin).

Concurrence au milieu, pas en attaque

Le milieu de terrain est également densifié, malgré les départs. Les arrivées successives, en prêt qui plus est (sauf pour les bluffs que sont Lassana Diarra et Abou Diaby), du brésilien Lucas Silva (Real Madrid), du chilien Mauricio Isla (Juventus Turin), tandis que Mario Lemina a fait le chemin inverse d'Isla et De Ciglie, également en prêt, et que le togolais Alaixis Romao, bien qu'il y a eu des offres de clubs turcs, reste sur la cité phocéenne, ce qui est une faute professionnelle de la part de la direction du club, malgré tout le respect que je dois à ce joueur.

Mais le scandale de la part du club, notamment Labrune, c'est de s'être montré INCAPABLE de trouver une doublure à l'attaquant belge Michy Batshuayi. Et à moins d'utiliser le milieu offensif argentin Lucas Ocampos, ou les "minots" Billel Omrani et Jérémie Porsan-Clemente, ou de recruter un joker, Batshuayi sera le seul attaquant de pointe de l'OM jusqu'en janvier. Or, d'ici là, le club devra jouer le championnat, la Coupe de la Ligue et surtout l'Europa league en ayant un seul attaquant de pointe à la hauteur. C'est juste honteux!

Un bénéfice comme écran de fumée

Jusqu'au départ de Bielsa, le 8 août dernier, le recrutement de l'OM était axé sur la jeunesse (hormis Diarra et Diaby, qui étaient libres), et cela s'inscrivait dans la politique du "projet Dortmund" qu'avait initié Labrune à partir de 2013, et qu'il défendait encore il y a peu. Mais depuis, un virage à 180° s'est produit, avec un recrutement axé sur l'expérience et des joueurs symboles de l'ancienne politique de Labrune (Florian Thauvin, Lemina) qui sont vendus ou prêtés. En tout et pour tout, ce mercato marseillais a vu 19 départs pour 15 arrivées!

Le basculement des derniers jours a une raison fort logique. La direction de l'OM a laissé vendre gratos certains de ses cadres (André-Pierre Gignac, André Ayew, Fanni, Morel), même si elle a su bien vendre d'autres (Dimitri Payet pour 15 millions d'euros à West Ham, Giannelli Imbula à Porto pour 21,5 millions d'euros à Porto), et se retrouve à prendre en prêt plusieurs joueurs. Autant, un Manquillo en prêt, c'est intéressant, autant Isla, Rolando et De Ciglie, il y a de quoi être plus dubitatif. D'autant plus que ces trois derniers noms cités (surtout Rolando et De Ciglie) deviennent des anciens qui ont été prêtés à de multiples reprises ces dernières années. Ce qui n'inspire pas confiance auprès des supporters sur leur niveau de jeu. Bref, le large bénéfice réalisé durant ce mercato (38,1 millions d'euros selon le journal le Parisien, 50 millions d'euros selon le site Le Phocéen, cf liens ci-dessous) masque le fait suivant que je dis depuis un bon moment: l'OM, avec Labrune et Margarita Louis-Dreyfus mène une politique d'austérité à la grecque qui fait partir les meilleurs actifs, tout en cassant tout moyen d'assurer une perspective de croissance durable, tant au niveau sportif qu'économique, ce qui est un comble pour ces capitalistes qui suivent l'orthodoxie économique à la lettre, car en réduisant la masse salariale et en le faisant comprendre aux joueurs actuels, cela ne pourra pas attirer de futurs grands à l'OM, afin de regagner des titres, et naturellement, les comptes financiers seront encore plus dans le rouge, obligeant toujours à vendre avant d'acheter. Un cercle vicieux développé depuis 2011 et qui n'est pas prêt d'être fini.

Une vente partielle à l'horizon?

Mieux encore, cette sinistre politique pourrait bien se perpétuer même en cas de rachat du club. On sait bien que la veuve Louis-Dreyfus considère l'OM comme un boulet dont elle souhaite s'en débarrasser depuis plusieurs années. Et il se pourrait bien qu'il y ait une dynamique de vente partielle auprès d'un fonds d'investissement appelé Doyen Sports. Ce fonds est connu pour pratiquer ce qui s'appelle le TPO (Third-party ownership), autorisé au Portugal mais interdit ailleurs en Europe, ce qui signifie qu'un joueur peut être acheté par un club mais également par ce fonds. Un célèbre exemple est celui du français Eliaquim Mangala, qui appartient pour 1/3 à Doyen Sports et quand il a été transféré en 2014 de Porto à Manchester City, sa vente est revenue dans les caisses de Doyen Sports. Et ces derniers temps, ce fonds grenouille en douce autour de l'OM. Il est lié à l'arrivée l'an dernier du brésilien Matheus Doria (prêté cette année en Espagne), ce qui avait mené "el loco" Bielsa à faire une conférence de presse assassine contre son président, entremetteur pour le départ d'Imbula à Porto (dont le fonds possède une part du capital), peut-être une cause du départ de Bielsa selon le site OMforum (cf lien ci-dessous), mais en tout cas un intermédiaire de choix pour Labrune pour faire arriver Míchel comme entraîneur à la cité phocéenne.

Si jamais cela se concrétise, s'ouvrira une ère d'instabilité permanente pour l'OM car un fonds d'investissement n'a pour seule règle que celle du profit. Et généralement, que ce soit dans le sport ou dans d'autres secteurs économiques, cela reste peu longtemps dans le capital. Ça revend très vite, une fois que le dit bénéfice est trouvé. Donc, ça n'en a strictement rien à cirer de l'équilibre sportif et économique d'un club. Par conséquent, et là aussi je me répète, la seule alternative à ce qui est présent et à ce qui pourrait se présenter est l'appropriation effective de l'OM par ses supporters, réunis en tant que socios. Ce n'est pas la première fois que j'en parle, si vous me lisez depuis longtemps, chers lecteurs, car j'ai écrit un billet sur ce sujet l'année dernière. En outre, une association de socios phocéens s'est mise en place ces derniers mois et les députés sont entrain d'élaborer une proposition de loi favorable à "l'actionnariat populaire". Et pour un club comme l'OM, cela ne ferait pas de mal, mais il faudrait que les supporters, notamment les groupes installés dans les virages nord et sud du stade Vélodrome revoient le système des abonnements, qui leur a été concédé par Bernard Tapie, alors patron de l'OM, en 1986.

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