Retour officiel de Renault en Formule 1

Publié le par JoSeseSeko

Retour officiel de Renault en Formule 1

Après plusieurs mois de négociations, d'interrogations, Renault annonce son retour en tant qu'écurie complète dans la compétition phare du sport automobile dès 2016. Une bonne nouvelle en perspective pour le sport français et l'automobile dans l'hexagone.

Il était temps que le suspense se termine, diront sans doute certains passionnés de Formule 1! Je rejoins leur pensée. Depuis plus de six mois, la rumeur courait au sujet d'un retour au complet de Renault en F1. Et par la voix de son PDG, Carlos Ghosn, la marque au losange l'affirme à partir de 2016, en rachetant l'écurie Lotus qui avait elle-même reprise l'usine châssis de Renault fin 2010.

Un plan de long terme

Cette décision de Carlos Ghosn était grandement attendue dans le paddock. Dans un long communiqué publié au soir du jeudi 3 décembre (cf lien n°1), Renault montre sa volonté de continuer son histoire ancienne avec la F1 (arrivée remarquée en 1977 avec le V6 turbo), à 100% cette fois. Comme le déclare Ghosn dans le communiqué:

  • "Renault avait deux options : revenir à 100% ou sortir complètement. Après analyse détaillée, j’ai pris ma décision : Renault sera présent en Formule 1 dès 2016. Les derniers éléments obtenus de la part des principaux acteurs de la F1 nous permettent de nous projeter avec confiance dans ce nouveau défi. Notre ambition est de gagner même si raisonnablement cela prendra du temps."

Selon le journal l'Équipe, dans son édition papier du vendredi 4 décembre, Renault s'engage à rester dans la compétition jusqu'au moins en 2024. Néanmoins, certains détails restent à voir comme la nomination du directeur de l'écurie, pas connu avant janvier. Le quotidien sportif évoque le nom du Français Fred Vasseur, directeur d'écuries en GP 2 et GP 3. Mais peut-être, à l'instar de ce qui se fait chez Mercedes, un ancien pilote prestigieux pourrait avoir une grande place dans le futur organigramme de l'écurie. Dans l'écurie allemande, c'est l'Autrichien Niki Lauda, triple champion du monde qui tient ce rôle. Dans le cas de Renault, le nom du Français Alain Prost, quadruple champion du monde, revient avec insistance.

Du temps perdu

Il n'empêche, que de temps perdu! Ce n'est pas les six mois de négociations avec Bernie Ecclestone sur la question des revenus accordés à Renault en tant "qu'écurie historique", vu que ni Ghosn, ni Ecclestone, ne veulent pas (trop) puiser dans leurs caisses respectives. C'est principalement pour ça que le dossier a traîné en longueur, d'autant plus que Ghosn avait d'autres soucis. En vérité, c'est cinq ans de perdus pour Renault! Car depuis son retrait en tant qu'écurie complète en 2010 et en se contentant de fournir des moteurs pour Red Bull et Lotus - jusqu'en 2014 pour cette dernière -, l'ex-Régie devait se contenter des miettes en matière de "retour sur image et sur investissement", malgré les collaborations victorieuses avec Red Bull de 2010 à 2013. Et en partant en 2010, Renault se mettait hors-piste au moment de l'accord Concorde de 2012 sur la répartition des revenus de la F1 à destination des écuries, accord durant jusqu'en 2018.

Il ne faudra pas s'attendre à voir Renault gagner dès 2016. La saison prochaine sera une saison d'adaptation, étant donné qu'il faudrait aligner un budget de 300-400 millions d'euros pour être capable de rivaliser avec Mercedes, qui domine la F1 depuis 2014. De même que le duo de pilotes ne casse pas des briques selon certains spécialistes. Le Britannique Jolyon Palmer, champion de GP 2 en 2014 et débutant en F1 l'an prochain, épaulera le Vénézuélien Pastor Maldonado qui inspire davantage l'ironie des fans de ce sport mécanique que la crainte des autres pilotes, sauf en cas d'accrochage, ce qui a été fréquent en 2015. Par ailleurs, depuis le passage au V6 hybride en 2014, les moteurs Renault semblent être en souffrance. Du coup, les gars de Viry-Châtillon (usine moteurs) ont un peu le moral dans les chaussettes mais peut-être que l'annonce du 3 décembre va les booster pour faire des moteurs plus fiables et plus puissants. Enfin, ce temps perdu a fait partir le Français Romain Grosjean chez l'écurie états-unienne Haas, motorisée par Ferrari.

En vérité, c'est une bonne nouvelle pour le sport français qui sera très bonne si les résultats suivent.

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