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L'Écosse emmerde bien du monde

Publié le par JoSeseSeko

Photo: AFP/Andy Buchanan

Photo: AFP/Andy Buchanan

Plus les jours passent, plus le rêve d'indépendance de l'Écosse tend à devenir une réalité. Le référendum du jeudi 18 septembre est bel est bien serré, avec des partisans de l'indépendance qui sont sur une dynamique largement positive, après un sondage qui les plaçait pour la première fois en tête.

Les partisans de la sauvegarde de l'Acte d'union de 1707 ne savent plus où donner de la tête, malgré le soutien massif de toute la classe politique du reste du Royaume-Uni, et notamment les leaders des 3 grands partis politiques britanniques unis pour l'occasion: le Premier ministre conservateur David Cameron; le vice-premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg et le leader travailliste Ed Miliband. Mais pour ce dernier, il s'agit d'un soutien tactique car comme l'indique le journal britannique The Independent, c'est le Parti travailliste qui a le plus à perdre en cas d'indépendance de l'Écosse, ce pays votant traditionnellement à gauche. Or, les élections législatives de 2015 approchent et tout porte à croire que le parti d'Ed Miliband pourrait l'emporter, avec la majorité absolue si l'Écosse reste dans le Royaume-Uni. Par contre, ils sont emmerdés de voir des unionistes radicaux défiler, ce qui pourrait renforcer les indépendantistes.

Mais les suites du sondage plaçant les partisans de l'indépendance en tête affolent les marchés. La bourse de Londres a connu une semaine dans le rouge, et d'autres acteurs économiques s'en mêlent. Des économistes, tel Paul Krugman, agitent la peur auprès des Écossais indécis, sur le danger de s'aventurer à l'improviste. Le Fonds monétaire international s'alarme de la situation, pouvant provoquer des incertitudes au niveau économique, monétaire pour Édimbourg.

Ces inquiétudes sont justifiables à court terme, puisque les indépendantistes n'ont pas l'air motivés pour abandonner la Livre sterling au profit de l'euro ou d'une nouvelle monnaie. Puis Édimbourg serait encore dépendant de Londres au niveau des échanges commerciaux. Néanmoins, à terme, ce serait l'Angleterre qui se ferait du souci car les matières premières, notamment les hydrocarbures, sont majoritairement situées sur les côtes écossaises et Londres deviendrait dépendant énergétiquement d'Édimbourg. Et c'est finalement ce schéma de moyen/long terme qui fait peur à la City. Car c'est grâce aux matières premières que la politique d'austérité menée par les Tories de Cameron fait croire qu'elle est source de croissance. Et les Écossais l'ont compris. Par conséquent, ils ne veulent plus que ce qui est produit chez eux serve de cache-misère bourgeois pour les intérêts anglais.

Enfin, symboliquement, nous autres Français, on se doit de soutenir les indépendantistes car ça emmerde les Anglais en ce moment, et puis c'est une occasion de rappeler l'Auld alliance entre Édimbourg et Paris, et de la respecter. Come on Scotland!
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