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Frédéric Thiriez s'en va, bon débarras!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Philippe Wojazer / Reuters

Photo: Philippe Wojazer / Reuters

Président depuis 2002 de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez décide de démissionner, quelques mois avant la fin de son mandat. L'heure est à un bilan contrasté du président de cette institution du foot français.

Quelque part, les bonnes nouvelles s'accumulent pour une refonte du foot français! Après l'élimination du Paris-Saint-Germain, arbre qui cache la forêt, en 1/4 de finale de Ligue des champions mardi 12 avril, puis l’officialisation de la vente de l'Olympique de Marseille par Margarita Louis-Dreyfus mercredi 13 avril, c'est Frédéric Thiriez qui annonce son départ de la présidence de la Ligue de football professionnel (LFP), ce vendredi 15 avril. Une nouvelle considérée comme inattendue, à l'issue de l'assemblée générale de la LFP, ce 15 avril.

Partir soulagé

Dans son discours de départ, à essayer de vous tirer les larmes, chers lecteurs (cf lien n°1), M. Thiriez indique que sa démission était réfléchie depuis "plusieurs semaines", mais avant de vouloir partir la tête haute, il tenait à la "nomination d'un nouveau directeur exécutif et l'adoption de nouveaux statuts", suite notamment à des accords entre les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 trouvés jeudi 14 avril.

Comme il l'écrit dans son discours: "place au renouvellement!" Pour laisser entendre que ce n'est pas quelqu'un qui s'accroche au pouvoir, au poste, et qu'il aurait développé "l'influence du football français à l'international", avec l'affirmation d'avoir pleinement assumé la mission qui lui a été confiée, "en toute impartialité, avec neutralité, et surtout avec la volonté de faire bouger les choses".

Le foot français en recul

Derrière ces palabres, où l’auto-congratulation est à peine voilée, quel bilan peut-il être tiré de la période Thiriez à la tête de la LFP? Un recul progressif en vérité! Le conseiller d'État voulait à tout prix faire revenir la Ligue 1 à 18 clubs ces dernières années. Malgré le soutien des clubs huppés (PSG, OM, OL, AS Monaco, etc.), cela n'est pas à l'ordre du jour. Sous sa présidence, le droit à l'image collective, qui permettait des allégements de "charges sociales" - obsession de Thiriez, fidèle au bourrage de crâne de la pensée économique mainstream -, a été adopté avant d'être supprimé à partir de 2010. Ensuite, le comportement de M. Thiriez envers les clubs et les supporters montre le visage d'un président de la LFP "faible face aux puissants, fort face aux faibles". En témoignent d'une part, ses propos sur l'arbitrage qui serait trop défavorable au PSG embourgeoisé par les Qataris et qui écrase le championnat depuis quatre ans, ou auparavant la complaisance avec le président de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, quand l'OL était dominateur dans les années 2000; et d'autre part, sa volonté de répression envers les supporters prolétaires parisiens en 2010, ou encore les supporters du Sporting club de Bastia ou de l'OM ces derniers mois.

Mais là où le bilan de M. Thiriez frise l'incompétence absolue, c'est sur sa stratégie de développement du foot français. Son plan "Footpro2012", appliqué en 2007, fut un échec patent qui aurait du appeler à la démission, cinq ans après. Pourquoi? Car hormis l'obtention de l'Euro 2016 en France, tout a échoué - Victoire d'un club français en Ligue des champions d'ici 2012, une vaste blague! Arbitrage professionnel avec la vidéo pas à l'ordre du jour, malgré le faible niveau des arbitres, etc. -. Mais c'est surtout l'objectif de la troisième place dans l'indice UEFA qui donne envie de rire. À l'époque, la France était quatrième. Mais elle a régressé ensuite, dépassée par l'Allemagne puis le Portugal. Désormais sixième, elle est menacée par la Russie, en pleine renaissance footballistique (cf graphique).

Alors, bien évidemment, le parcours des clubs en Ligue des champions n'est pas flatteur pour les clubs français - hormis le PSG embourgeoisé et Monaco en 2014-2015, des clubs comme l'OM, l'OL ou Lille ne sont pas sortis de la phase de poules -, mais c'est surtout la Ligue Europa (ex-Coupe de l'UEFA) qui fait mal car les clubs français y vont comme des manches, sans envie. Mais M. Thiriez, élu par les présidents des dits clubs en question, pourrait les obliger à se remettre en question plutôt que de considérer uniquement la fiscalité et les supporters comme des maux du foot français.

En tout cas, ce départ signe comme une bonne nouvelle pour un football français qui doit se reconstruire avec ses supporters, en mode socios comme ça se fait en Espagne par exemple, et non en les dénigrant en permanence sur la question de la violence.

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