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Merci pour ce Giro!

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Luk BENIES / AFP

Photo: Luk BENIES / AFP

La victoire finale du Néerlandais Tom Dumoulin au Tour d'Italie, à l'issue du dernier contre-la-montre, parachève une épreuve qui s'est déroulée avec un suspense total durant trois semaines entre le vainqueur et ses adversaires - Nairo Quintana, Vincenzo Nibali, Thibault Pinot, Ilnur Zakarin -. L'occasion de voir combien les favoris étaient proches les uns des autres et que ça c'est joué à pas grand-chose.

Au bout du dernier contre-la-montre entre Monza et Milan, Tom Dumoulin a réussi à gagner le Tour d'Italie, dont c'est la 100e édition cette année. Même s'il n'a pas gagné cette étape, dont il était le favori, le coureur néerlandais de l'équipe Sunweb gagne le premier Grand Tour de sa carrière, avec 31" d'avance sur le Colombien Nairo Quintana, vainqueur du Giro en 2014, et 40" sur Vicenzo Nibali, vainqueur en 2013 et en 2016. Et pourtant, au départ de cette ultime étape, Dumoulin était quatrième au classement général, comptant 53" de retard sur Quintana, 14" de retard sur Nibali et 10" de retard sur Thibault Pinot. Enfin, Dumoulin devient d'ailleurs le premier Néerlandais à inscrire son nom au palmarès du Giro et le premier Néerlandais à gagner un Grand Tour depuis Joop Zoetemelk et sa victoire au Tour de France 1980.

Un suspense haletant

Le moins que l'on puisse, c'est que Dumoulin est allé cherché ce Giro. Pas seulement sur son point fort qu'est le contre-la-montre, mais aussi en bataillant dans la montagne, face à des grimpeurs tels Quintana, Nibali ou Pinot, qui lui ont mené la vie dure ces derniers jours, avec des attaques à chaque étape de montagne. Mais le coureur néerlandais n'a pas lâché, prouvant que la 6e place qu'il avait acquise lors du Tour d'Espagne 2015 n'était pas le fruit du hasard et qu'il a progressé dans l'escalade des cols. Ce qui fait que les quatre premiers se tiennent en moins d'1'30" - Pinot à 1'17" de Dumoulin au classement final - et que le suspense a été haletant jusqu'au dernier kilomètre du contre-la-montre. Merci à ces coureurs-là, plus le Russe Ilnur Zakarin, très en forme sur la dernière semaine, de s'être autant battus, attaqués, pour vouloir le maillot rose ou une place sur le podium.

Il faut également remercier le média l'Équipe car c'était la première fois que le Giro était retransmis en clair sur une chaine de la TNT et du côté de La chaine l'Équipe, comme pour le quotidien l'Équipe, ça a dû se savourer en matière d'audience et de lecture sur cette épreuve cycliste avec cette bataille à quatre-cinq, dont un Français parmi les favoris.

Quintana: malheur au vaincu?

Cette victoire de Dumoulin est forcément une défaite pour ses rivaux. Et tout particulièrement pour Quintana, qui avait pour ambition de réussir le doublé Giro-Tour, pour la première fois depuis Marco Pantani en 1998, sachant que le grimpeur italien avait gagné le Tour dans un contexte particulier (affaire Festina). Force est de constater que c'est déjà raté! C'est à se demander si le grimpeur colombien serait l'incarnation du proverbe latin vae victis - malheur aux vaincus -. Malgré sa victoire au Giro 2014 et à la Vuelta 2016, Quintana collectionne les deuxièmes places, avec celles sur le Tour en 2013 et 2015 - à chaque fois derrière le Britannique Christopher Froome -, sans compter sa troisième place lors du Tour 2016, derrière Froome et le Français Romain Bardet.

Une défaite d'autant plus dure à supporter mentalement que le parcours de ce 100eme Giro était clairement taillé pour les grimpeurs! Et avec la fatigue accumulée sur les trois semaines de course, il est difficile d'imaginer que Quintana sera en mesure de battre Froome sur le Tour, en juillet prochain. Surtout si Froome, comme à son habitude, tue vite le suspense de manière chirurgicale.

Le plaisir de Pinot

Malgré une quatrième place, celle qui laisse à la porte du podium, le Giro réalisé par Pinot est formidable. Sa victoire lors de l'avant-dernière étape est signe d'un courage et d'une abnégation remarquables de la part du coureur, qui fête ses 27 ans ce lundi 29 mai. Il faut dire que ça faisait un moment qu'il souhaitait participer au Giro et de jouer le podium, il a pris du plaisir à y être et a tenu son rang. Il ne peut guère avoir de regret vu qu'il échoue au podium pour 37". Ce qui n'est pas grand-chose au bout de trois semaines de course. Toutefois, malgré ses progrès en contre-la-montre, Pinot reste encore perfectible dans ce domaine, l'empêchant ici de monter sur le podium final d'un Grand Tour pour la deuxième fois, après le Tour de France 2014, qu'il termina en troisième position, derrière Nibali et Jean-Christophe Péraud. Toujours est-il qu'il s'affirme être l'un des meilleurs coureurs du peloton à l'heure actuelle, ce qui est rassurant pour le cyclisme français, qui attend la victoire d'un des siens sur un Grand Tour depuis Laurent Jalabert sur la Vuelta en 1995, et sur le Tour depuis Bernard Hinault en 1985.

En tout cas, à l'instar de Quintana, Pinot ne semble pas être en mesure de jouer le classement général et il est parti pour privilégier des victoires d'étape en montagne. Cependant, des chutes évitées dans les premières étapes peuvent changer la donne.

Merci pour ce Giro passionnant et espérons que le Tour en fera tout autant, dans le mois de juillet.

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