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La Cour des comptes appelle à trancher dans le vif

Publié le par JoSeseSeko

La Cour des comptes appelle à trancher dans le vif

Par la publication de son rapport, la Cour des comptes appelle à une révision de la trajectoire des finances publiques afin de respecter les engagements de la France auprès de ses partenaires européens en matière de réduction du déficit public. Comme si l'austérité devait être l'alpha et l'oméga de la politique économique.

Il était attendu, notamment par le Premier ministre Édouard Philippe, et le voilà. Le rapport annuel de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques a été publié ce jeudi 29 juin (cf lien n°1). Et il laisse entendre que les finances publiques ne se sont guère redressées de 2012 à 2016, mais surtout, que pour la période de 2017 à 2020, le déficit va s'accroitre si rien n'est fait de la part du gouvernement pour contrecarrer cette trajectoire.

Incitation à l'austérité

Cette nouvelle va devoir être vite digérée, de manière à ce que le gouvernement puisse rassurer les marchés financiers, qui dans le contexte de la politique monétaire de la zone euro, ont connu un fléchissement ces derniers jours. Maintenant que cette incitation à l'austérité est publique, où faudrait-il taper? Le plus évident pour le nouveau pouvoir en place serait de remettre en cause la politique de recrutement de fonctionnaires opérée ces dernières années, notamment dans l'Éducation nationale par exemple. Quand bien même si des manques existent de manière criante dans certaines disciplines et dans certains territoires, renforçant les inégalités scolaires, domaine où la France est (presque) championne dans les pays développés. Ensuite, inciter à une nouvelle période de gel des traitements dans la fonction publique, qui avait déjà eu lieu de 2010 à 2016, touchant davantage les petits fonctionnaires que les hauts fonctionnaires, dont le souci de l'intérêt général parait de moins en moins préoccupant dans leur esprit.

L'objectif voulu par l'institution est que les comptes publics soient (un jour) à l'équilibre, avec une croissance qui ne serait pas dépendante du secteur public. Problème, c'est que penser que l'austérité est une vertu économique n'est pas du tout une évidence absolue. Plusieurs économistes, défendant divers courants de pensée hétérodoxes (keynésianisme, institutionnalisme, post-keynésianisme, marxisme, etc.) rappellent depuis plusieurs années combien l'orthodoxie économique, défendant le libéralisme, s'est fourvoyée dans l'erreur en laissant entendre que l'austérité serait bénéfique pour la croissance et que l'État serait un danger pour l'ensemble de l'économie. En outre, avec l'État d'urgence, les forces régaliennes (police/armée) cherchent à recruter du personnel face à la menace terroriste, ce qui fait que la Cour des comptes ne tient pas compte du contexte géopolitique qui n'est pas marginal sur les finances publiques.

Mais il y a une politique d'austérité que la Cour des comptes ne semble pas vouloir recommander, c'est l'austérité diplomatique. Après tout, l'interventionnisme militaro-industriel et le virage atlantiste exposent la France et si l'institution de la rue Cambon se penchait là-dessus, il y aurait de quoi faire des économies. Y compris celle du sang coulé. Mais ça, c'est une autre histoire.

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