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Effets de l'esclavage sous un angle économique

Publié le par JoSeseSeko

Effets de l'esclavage sous un angle économique

Dans le précédent article publié, j'ai parlé d'une prise de notes d'un cours d'Histoire moderne sur la traite négrière. Donc, j'ai repris des avis faits par des historiens. Maintenant, regardons, si vous le permettez, ce que pensent les économistes sur la question de l'esclavage envers les noirs, et plus précisément, l'impact que l'esclavage a (ou a eu selon certains) sur les économies du continent africain aujourd'hui. Donc, interdiction d'être court-termiste, à moins de vouloir s'infliger une séance de torture! ^^

Déjà, il est bon de rappeler une chose, sur laquelle les économistes du développement (une des nombreuses branches de la pensée économique) semblent être en consensus. Jusqu'à la fin du XVème, voire début du XVIème siècle (moment où l'esclavage commence à être légalisé, y compris par l'Église soit dit en passant), le niveau de développement économique de l'Europe et de l'Afrique était équivalent (à peu de choses près). À partir de ce moment-là (avec en plus les débuts de la classe bourgeoise et donc "l'accumulation primitive du capital" selon Karl Marx), l'Europe a pris de l'avance sur l'Afrique, avance aggravée au moment de la 1ère révolution industrielle (fin XVIIIème siècle).

Les puissances européennes ont ainsi pris les devants sur les puissances africaines (royaume du Kongo, empire du Mali, etc), ponctionnant un immense réservoir de main-d'oeuvre à bas coût, de manière voulue, et en collaborant avec des négociants africains qui leur fournissent la population à faire transporter aux Amériques et aux Caraïbes en échange d'étoffes et d'armes de mauvaise qualité.

Mais qu'en est-il des effets de cette perte de main-d'oeuvre sur l'ensemble du continent et son développement? Le premier d'entre eux est une perte de confiance entre les habitants, même au sein d'une ethnie. C'est ce qu'en résulte l'économiste Nathan Nunn, professeur à Harvard, dans un article de recherche (The Long-term Effects of Africa’s Slave Trades) publié dans l'American economic review en 2008, qu'il a approfondi dans un autre article (The Slave Trade and the Origins of Mistrust in Africa) avec son collègue Leonard Wantchekon, de l'Université de New York en 2011 (toujours publié dans l'AER, revue de recherche économique de référence). Du coup, une perte de confiance au sein d'une population donnée, car des descendants d'esclaves ont su que leurs ancêtres ont été envoyés dans des négriers par des proches, implique une capacité d'investissement amoindrie (d'autant plus que la main-d'oeuvre partie, c'est du débouché en moins), donc une réduction de la création de richesses, et conséquence ultime, un développement économique grippé, voire même stoppé. L'étude de Nunn révèle bien que plus un pays a connu une forte exportation d'esclaves, plus ce pays a un problème de développement, notamment si c'est un pays ayant accès à la mer. Un exemple? L'ex-Zaïre, actuelle République Démocratique du Congo. C'est un pays qui a connu l'une des plus grosses exportations d'esclaves (notamment à destination du Brésil en raison de liens étroits avec le Portugal quand ce pays était le royaume du Kongo, qui englobait l'ex-Zaïre, ainsi que le Congo-Brazzaville et l'Angola), et est aujourd'hui l'un des pays les plus pauvres au monde.

Pour vous en convaincre, lisez les PDF mis ci-dessous des articles cités ci-haut. C'est en anglais, donc, si vous êtes fâchés avec la langue de Shakespeare, faites-le traduire! ^^

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