Quand on dit que la crise est loin d'être finie...

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Sipa

Photo: Sipa

Photo: SIPANY/SIPA

Photo: SIPANY/SIPA

Pour les partisans de la méthode Coué, il va être de moins en moins aisé de faire croire à un signe de sortie de crise tellement le contexte macroéconomique est médiocre.

En début d'année 2014, nombre d'institutions internationales (Fonds monétaire international, Organisation de coopération et de développement économiques, Banque mondiale, etc.) tablaient sur une reprise de l'économie mondiale, plus de cinq ans après la crise financière. Le raisonnement principal était que la reprise qui se faisait sentir aux États-Unis (notamment avec une croissance des emplois et donc une baisse du chômage) allait faire des petits du côté de la zone euro, l'enfant malade des économies développées, mais aussi du côté de l'Amérique latine, où l'oncle Sam a un œil très (voire trop) présent sur le sous-continent.

Spirale déflationniste en Europe, tango infernal des fonds "vautours"

Mais voilà, la crise actuelle n'a pas dit son dernier mot. En premier lieu, la zone euro. Le taux d'inflation en juillet 2014 est de 0,4%, ce qui est son plus bas niveau depuis l'automne 2009. Et certains responsables politiques, tels le premier ministre Manuel Valls, s'en inquiètent car cela les oblige à annoncer une "rentrée difficile", et donc une accélération de réformes, qui telles les saignées des médecins du temps de Louis XIV et de Molière, aggravent la santé de leurs patients au lieu de l'améliorer. Il faut dire que ce sont des "réformes" à la sauce libérale qui sont préparées. Or, ce sont celles-là même qui ont conduit à la crise actuelle. Où est le bon sens? Envolé, disparu, pour ne pas dire assassiné.

En Argentine, c'est un défaut de paiement qui a été jugé par des tribunaux états-uniens mercredi 30 juillet. Buenos Aires, faute d'accord, est tombé en faillite (partielle), à cause de ce que le gouvernement appelle les fonds "vautours". C'est-à-dire, des fonds d'investissement spéculatifs, qui réclament à l'État argentin plus de 500 milliards de dollars non versés avant fin juillet. Mais il s'avère d'une part que cette somme fut versée par l'Argentine, et d'autre part, ces fonds "vautours", qui n'ont pas accepté les accords de restructuration de la dette argentine par le passé, pèseraient sur 1% de la dite dette. Et comme cette dette est émise en dollars, ces fonds peuvent ainsi vouloir faire la loi sur les finances publiques. Les conséquences peuvent être multiples, passant de la dégradation des notes des agences de notation (ce qui est déjà le cas en fait), à la dévaluation du peso argentin, en passant par une accélération de l'inflation. Et 13 ans après la précédente faillite, l'Argentine se retrouve de nouveau fragilisée, et c'est la classe dépossédée qui va devoir y mettre du sien, en se vidant les (maigres) poches, au bénéfice de pachydermes à l'appétit gargantuesque.

Bref, d'un côté, la monnaie colle aux mains (déflation ou forte désinflation); de l'autre, la monnaie brûle aux mains (forte inflation).

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article