Rosberg champion du monde

Publié le par JoSeseSeko

Photo: REUTERS/Ahmed Jadallah

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Au bout du suspense et du combat tactique proposé par Lewis Hamilton, Nico Robserg a su s'en sortir pour obtenir son premier titre de champion du monde de Formule 1, récompensant sa régularité au cours de la saison 2016. Une saison à oublier pour les écuries adversaires de Mercedes, notamment Renault et Ferrari.

La F1 2016 a levé le rideau, dimanche 27 novembre, avec le Grand prix d'Abu Dhabi, où le Britannique Lewis Hamilton s'est imposé devant son coéquipier allemand de l'écurie Mercedes, Nico Robserg. Une deuxième place synonyme de titre mondial pilotes pour le pilote allemand, qui égale son père, le Finlandais Keke Rosberg, champion du monde 1982 et devient le deuxième fils de champion du monde de F1 à rejoindre son père au palmarès; comme l'eut fait le Britannique Damon Hill en 1996 - il y a 20 ans -, par rapport à son père Graham Hill (1962, 1963).

La fiabilité d'abord

La saison 2016 sonnait un peu comme "maintenant ou jamais" pour Rosberg, car dominé en 2014 et 2015 par son coéquipier et rival Hamilton. Sur la lancée de sa fin de saison 2015 (les 4 derniers GP gagnés), le pilote allemand gagna les quatre premières courses de la saison 2016 alors qu'Hamilton connût des ennuis mécaniques. Mais le Britannique se ressaisit en milieu de saison, avec six victoires, lui permettant de prendre la tête du championnat, au prix de passes d'armes avec son coéquipier comme lors du GP d'Autriche, où les deux pilotes Mercedes se sont accrochés lors du dernier tour, et Rosberg considéré comme fautif à ce moment-là.

Mais comme le disait Enzo Ferrari: "Pour arriver premier, il faut premièrement arriver". La fiabilité prime pour espérer être champion. Et en 2016, Rosberg a eu droit à une F1 plus fiable que celle d'Hamilton, alors que ce fut le cas contraire en 2014 et 2015. Et quelque part, l'abandon du triple champion du monde en Malaisie, alors qu'il filait vers la victoire, lui coûte le titre 2016, l'empêchant d'égaler Alain Prost et Sebastian Vettel au palmarès de la F1 (4 titres mondiaux). Du coup, le Britannique à la rage de vaincre tonitruante se devait d'aller gagner les GP qui restaient pendant que Rosberg n'avait qu'à s'assurer à être derrière lui pour avoir le titre. En tout cas, l'écurie Mercedes reste au-dessus du lot, avec 19 victoires sur les 21 GP disputés - mieux qu'en 2015 (16 victoire sur 19 GP) -, mais le changement de réglementation pour 2017 pourrait modifier la donne. Puis, Hamilton sera suffisamment remonté comme une pendule pour reconquérir le titre l'an prochain, quitte à agir de manière contraire aux consignes de l'écurie, comme ce fut le cas à Abu Dhabi, où il ralentissait exprès son rythme de course, espérant voir des adversaires tels Sebastian Vettel (Ferrari) et Max Verstappen (Red Bull Tag-Heuer) dépasser son rival de coéquipier.

Verstappen le feu-follet

Justement, Verstappen est l'une des futures coqueluches de la F1. Bombardé chez Red Bull avant le GP d'Espagne, il s'exécute en gagnant le GP, profitant de l'accrochage des Mercedes et organisant une résistance acharnée face à un Kimi Räikkönen (Ferrari) menaçant dans les derniers tours. Le pilote belgo-néerlandais, désormais plus jeune vainqueur d'un GP de l'histoire de la Formule 1 n'a cessé de faire parler de lui durant la saison. Sa fougue lui permit de lutter régulièrement pour aller sur le podium, voire de jouer la victoire, mais par moments, sa conduite provoqua la colère de plusieurs pilotes. Vettel par exemple. Le pilote Ferrari s'est ouvertement plaint des coups de volant violents de Verstappen durant le GP du Mexique, obligeant les commissaires de course à sanctionner le pilote Red Bull Tag-Heuer (Renault) de 10" sur son temps à l'arrivée, l'empêchant de monter sur le podium. Bref, Verstappen ne laisse personne indifférent et avec lui, l'ennui n'est guère de mise.

Son coéquipier chez Red Bull, l'Autralien Daniel Ricciardo a subi la comparaison avec son cadet. Mais il n'a guère été aidé par son équipe, qui le priva d'une victoire de prestige au GP de Monaco, au profit d'Hamilton. Mais Ricciardo a pu gagner le GP de Singapour, ce qui permet de dire que les seuls GP perdus chez Mercedes furent des victoires pour Red Bull Tag-Heuer.

Saison à oublier

Pour les autres autres écuries du paddock, 2016 est une saison à oublier. Tout particulièrement chez Ferrari. En 2015, l'écurie italienne affichait 3 victoires, toutes acquises par Vettel. 2016 est une année catastrophique pour la marque au cheval cabré (0 victoire), avec quelques podiums à se mettre sous la dent. Du coup, il va falloir vite s'adapter au règlement 2017 pour que Ferrari retrouve le succès - dernier titre pilotes datant de 2007 avec Räikkönen; dernier titre constructeurs datant de 2008 -.

Même chose chez Renault. Le constructeur français a connu une saison 2016 compliquée. En tant qu'écurie complète, la marque au losange a dû se contenter de quelques points mais en tant que motoriste, les victoires de Verstappen et Ricciardo regonflent le moral. Ce qui signifie que le châssis devra être revu pour 2017, en l'associant bien mieux avec le moteur, d'autant plus que l'an prochain, ce sera le 40e anniversaire de l'arrivée de Renault dans la Formule 1. Un anniversaire qu'il faudrait célébrer par des victoires en GP, même si ça semble improbable pour plusieurs observateurs à l'heure actuelle. En tout cas, Renault s'y prépare avec un nouveau pilote, l'Allemand Nico Hülkenberg, préféré au Danois Kevin Magnussen, vu comme trop irrégulier, tandis que le Britannique Jolyon Palmer reste dans l'écurie.

Fin d'une ère

La saison 2016 pourrait marquer aussi la fin d'une ère, celle de Bernie Ecclestone. L'homme d'affaires britannique, considéré comme le "grand argentier" de la F1, qui lui a permis de s'enrichir par millions ces dernières décennies, s'est vu racheter la holding Formula One par le groupe de média états-unien Liberty Media en septembre 2016, pour 4,4 milliards d'euros. Dans un premier temps, la participation serait de 18,7% du capital de la holding, avant que ça devienne progressivement un contrôle total. Le groupe média de John Malone entend augmenter la popularité de la F1, notamment aux États-Unis, un pays qui a toujours eu du mal avec ce sport automobile et son ancrage européen.

Et l'idée de populariser davantage la F1 montre une faille dans la politique menée par Ecclestone. Ces dernières années, la F1 connaît une décrue en matière de popularité. D'abord sur les circuits, où le public ne vient pas forcément de manière massive, notamment dans les pays émergents qui sont une cible pour la F1, ainsi que pour les constructeurs qui y participent. C'était d'ailleurs un des arguments ayant justifié le retour de Renault en F1, à la fin de l'année 2015, rachetant l'écurie Lotus. En outre, cette relative absence du public rend le coût d'organisation d'un Grand prix de plus en plus cher et comme Ecclestone tient à une certaine rentabilité, certains GP historiques, notamment en Europe, s'en retrouvent menacés ou ne sont plus dans le calendrier, comme le GP de France depuis 2008. Puis la F1 est moins suivie sur les antennes télévisuelles car d'un côté, le spectacle attire moins de curieux, dont le vieillissement ne permet pas un partage de la passion avec les plus jeunes, et de l'autre, une privatisation qui fait que seul l'abonnement à une chaîne cryptée permet de suivre les GP, comme c'est le cas en France avec Canal+ ayant les droits de diffusion de la F1 dans l'Hexagone depuis 2013 alors qu'auparavant, c'était TF1, qui offrait un accès plus large. D'aucuns diront que l'expertise développée sur Canal est meilleure que sur TF1 car il n'y a pas de pub pour couper entre deux à trois tours de course, soit. Mais l'effet prix provoque une barrière qui semble infranchissable pour plusieurs milliers de fans de F1 en France et par conséquent, une érosion du public.

Voilà un chantier auquel Liberty Media devra s'y atteler.

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