Back to 1998

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Capture d'écran Youtube

Photo: Capture d'écran Youtube

En ce jour anniversaire de la victoire des Bleus en Coupe du monde, contre le Brésil, le 12 juillet 1998, les souvenirs de la liesse profonde reviennent à la surface. Et ce, d'autant plus que l'idée de voir une deuxième étoile sous le maillot français est d'actualité, avec la finale contre la Croatie, un peu plus de 20 ans après la demi-finale de 1998.

Et 1, et 2, et 3-0. On a tous entonné ce slogan à l'issue de la victoire de l'équipe de France de football contre le Brésil, en finale de la Coupe du monde, le 12 juillet 1998, grâce à un doublé de Zinedine Zidane, devenu le héros national - "Zizou président" affiché sur l'Arc de Triomphe - et un but d'Emmanuel Petit. Rien que de repenser à ce moment-là résonne comme un état de grâce absolue pour tous. J'imagine que c'est également le cas, cher(e)s lecteurs/lectrices, que vous avez des tas de souvenirs qui vous reviennent. Perso, du haut de mes 8 ans à l'époque, je suivais cette finale tout en tapant le ballon que m'avait offert mon père, dans le salon. Mais paradoxalement, je me souviens davantage des jours suivants, où le drapeau tricolore flottait de partout. D'ailleurs, mon père en avait acheté un pour l'occasion et je le faisais flotter, avec la fierté chauvine et inconsciente qui m'habitait. Néanmoins, ce moment de grâce n'était pas celui qui m'a le plus ému de la part de l'équipe de France de football. C'est davantage l'Euro 2000, gagné par les Bleus, qui m'a totalement transporté, littéralement fait sauter au plafond. Surtout la finale contre l'Italie car les Bleus, alors menés 1-0, égalisèrent à la dernière seconde par Sylvain Wiltord et s'envolaient vers le titre européen grâce à ce but en or de David Trezeguet en prolongation. Pour moi, c'était plus fort car ça confirmait que le titre de champion du monde en 1998 n'était pas le fruit du hasard, n'était pas lié au fait que la Coupe du monde était en France.

Mimétisme absolu?

Toujours est-il qu'en cet été 2018, on est en train de revivre une atmosphère connue il y a 20 ans, sachant que la France a été en finale en 2006, hélas perdue contre l'Italie, marquée par le coup de tête de Zidane sur Materazzi, provoquant son expulsion. Et divers éléments peuvent mener à ce parallèle de 20 ans d'écart. D'abord, Didier Deschamps, entraineur de l'équipe de France et capitaine lors de la victoire en 1998, fait ce lien entre ces deux événements. Puis son approche défensive, assimilable au catenaccio italien, l'inscrit dans l'héritage d'Aimé Jacquet. Ce qui n'est pas sans retour critique auprès d'une partie du public et de la presse sportive. Mais il faut croire que "la chatte à DD" ne l'a pas abandonnée. Ensuite, des matchs où les défenseurs se mettent à marquer, en mode sauveur de la patrie, tels l'arrière droit Benjamin Pavard remettant les Bleus dans le sens de la marche en huitièmes de finale contre l'Argentine, alors que la France était menée, le défenseur central Raphaël Varane ouvrant le score en quarts de finale contre l'Uruguay ou son compère Samuel Umtiti, marquant le but de la victoire française contre la Belgique en demi-finale. Ce qui n'est pas sans rappeler Laurent Blanc, buteur en or contre le Paraguay (1/8e de finale) ou Lilian Thuram, et son incroyable doublé contre la Croatie (1/2 finale). Enfin, un attaquant de pointe hélas en manque de réussite. En 1998, c'était Stéphane Guivarc'h, qui était pourtant meilleur buteur du championnat de France deux années de suite. En 2018, c'est Olivier Giroud, qui peut se targuer d'avoir marqué 31 buts en équipe de France, soit autant que Zidane. Encore que Giroud a encore un match pour effacer ce parallèle.

Face à ça, le parcours des bleus fait rejaillir des manifestations de joie spontanées dans tout le pays, des regroupements massifs sur les places publiques, exprimant une fierté et une fraternité qui semblaient rangées dans les placards. Est-ce que ce mimétisme est-il absolu? Pas forcément car durant les 20 ans écoulés, des tensions se sont accrues, le cadre économique qu'est le capitalisme a fait empirer les choses, en raison d'une crise financière qui fêtera ses 10 ans en septembre prochain, puis la question du racisme institutionnel, à travers les violences policières, le chômage touchant nombre de Français ayant des racines extra-européennes, surtout africaines (Maghreb inclus), et l'hypocrisie d'une classe politique qui souhaite se refaire une virginité en surfant sur la vague des bleus de DD. Et si ça refait le coup comme il y a 20 ans, l'euphorie fraternelle se transformerait en gueule de bois où le foot aurait encore rempli un rôle de cache-misère. Attention à l'effet boomerang (extrême-droite).

La cerise croate

Mis à part ça, il y a encore un ingrédient qui nous fait revivre dans des images de 98, c'est l'affiche de la finale. Et ce sera France-Croatie. Autrement dit, une occasion pour ce pays issu de l'ex-Yougoslavie, d'effacer le souvenir de la demi-finale perdue il y a 20 ans contre les bleus, avec un Thuram en état de grâce, vu qu'il n'a plus jamais marqué de but en équipe de France. Même si après la demi-finale gagnée au bout de la prolongation contre l'Angleterre, le sélectionneur croate Zlatko Dalic se défend de l'idée de venger la bande à Davor Sucker, il n'en reste pas moins que ce match aura une saveur particulière pour les coéquipiers de Luka Modric. En tout cas, la Croatie a affiché une force mentale hors du commun car sur les trois derniers matchs, il ont été à chaque fois menés, ils sont revenus au score, ils ont fait la prolongation et souvent eu les nerfs à devoir maîtriser lors des tirs au but, notamment en 1/4 de finale contre la Russie, pays organisateur. Mais c'est avant tout une équipe composée de joueurs très bons techniquement. Ce qui s'inscrit dans une tradition datant de l'époque de la Yougoslavie, qui était réputée pour avoir des techniciens, et d'adopter un jeu axé sur la possession et l'offensive. D'ailleurs, j'en profite pour vous inciter à lire un article du site Le Comptoir sur le football yougoslave, tant il permet de comprendre cet aspect du jeu croate, mais aussi combien le nationalisme dans les Balkans s'est d'abord exprimé sur les terrains de foot avant de prendre la voix des armes durant les années 1990 (cf lien).

Vivement dimanche!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article