Objectif podium réalisable pour l'OM?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: JoSeseSeko

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La Ligue 1 reprend ses droits ce weekend. En-dehors du Paris Saint-Germain, l'intérêt sera pour les deux dernières places du podium, entre l'Association sportive de Monaco, l'Olympique lyonnais et l'Olympique de Marseille. Pour ce dernier, cet objectif est indispensable pour espérer lutter dans les hautes sphères nationales et européennes à terme. Et le recrutement opéré jusqu'à présent est incomplet aux yeux des supporters pour y arriver.

Le feuilleton favori du foot français et de ses suiveurs reprend du service pour la saison 2018-2019, qui commence ce weekend. Autant le dire de suite, à moins d'un miracle bienheureux, le Paris Saint-Germain (PSG) embourgeoisé par le Qatar sera champion de France. C'est déjà couru d'avance! Toujours est-il que cette nouvelle saison, post-Coupe du monde, sera l'occasion de voir si les stades vont se remplir davantage, suite à la victoire de l'équipe de France en Russie, le mois dernier, et que 8 des 23 bleus champions du monde évoluent en Ligue 1, dans les quatre premiers clubs du championnat par ailleurs. 3 au PSG (Alphonse Areola, Presnel Kimpembe, Kylian Mbappé), 3 à l'Olympique de Marseille (Steve Mandanda, Adil Rami, Florian Thauvin), 1 à l'Association sportive de Monaco (Djibril Sidibé) et 1 à l'Olympique lyonnais (Nabil Fékir).

Avoir les moyens de ses ambitions

Une réplique du trophée circulera dans les stades où jouent les champions du monde et en raison du calendrier, ce sera dès ce soir, au Stade Vélodrome de Marseille, avec les 3 champions du monde jouant pour l'OM, cités ci-haut. L'occasion également de se focaliser sur le club phocéen plus longuement. Après une saison 2017-2018 enthousiasmante mais au bout du compte très frustrante pour les supporters olympiens - quatrième place en Ligue 1 et finale de la Ligue Europa -, le club marseillais repart pour viser clairement le podium de la Ligue 1, c'est-à-dire la deuxième ou la troisième place, tant la première est inaccessible, sauf miracle! Ce qui signifie déloger l'ASM ou l'OL d'une de ces deux places, qualificatives pour la Ligue des champions, à un moment où cette compétition européenne applique une réforme qui accentue les recettes pour les participants, et par voie de conséquence, renforcer la concentration entre quelques clubs et donc, réduire l'incertitude, pourtant présentée comme valeur essentielle dans le foot et ailleurs, devenue incompatible avec l'embourgeoisement de ce sport.

Du coup, la question à plusieurs dizaines de millions d'euros est la suivante: l'OM a-t-il les moyens de ses ambitions? A priori, oui, vu les capacités de l'actionnaire majoritaire, Frank McCourt, à pouvoir investir dans le club phocéen - "près de 140 millions d'euros investis sur le marché des transferts en près de deux ans" affirme-t-il dans une interview accordée ce vendredi 10 août au journal l'Équipe -, c'est faisable. En réalité, des questions se posent. Jusqu'à présent, la direction du club, autour du président Jacques-Henri Eyraud, du directeur sportif Andoni Zubizarreta et de l'entraîneur Rudi Garcia, compte surtout s'appuyer sur la stabilité de l'effectif et le recrutement se ferait sur des postes spécifiques, signifiant des moyens importants pour y arriver. Puis il faut rappeler que le club phocéen a fait l'objet d'une surveillance de l'UEFA dans le cadre du fair-play financier, signe que la gestion du déficit risque d'être moins tolérée par l'instance du foot européen à l'avenir. Sans compter l'épée de Damoclès envers les supporters olympiens sur la question des fumigènes, désormais criminalisés, sous peine d'interdiction de participation à une compétition européenne.

Le premier poste est celui d'attaquant, tant Valère Germain que Kostas Mitroglou n'ont pas grandement convaincu les supporters. Depuis plusieurs mois, le nom de Mario Balotelli circule mais rien n'a été concrétisé car l'agent du joueur fait traîner les négociations. Ce qui a le don d'exaspérer des supporters phocéens qui n'aiment pas qu'on joue avec leurs nerfs. Autre poste, celui de défenseur central. Pour le coup, la solution a été trouvée avec l'arrivée de Duje Caletar-Car, finaliste de la Coupe du monde avec la Croatie, qui formera la charnière centrale avec Rami. Si cette arrivée est bien perçue, elle est la seule du côté de l'OM depuis le début du mercato estival. Et avec le départ de André-Franck Zambo Anguissa, jeudi 9 août, pour Fulham (Angleterre), il serait précieux de recruter un milieu défensif qui pourrait faire la paire avec Luiz Gustavo, voire le suppléer en cas d'absence du brésilien au milieu du terrain, mais aussi de doubler les postes sur les côtés de la défense car tant Hiroki Sakai à droite que Jordan Amavi à gauche n'ont pas de véritable doublure à leur poste, quand bien même Bouna Sarr a été reconverti avec un relatif succès en défenseur droit par Garcia.

Ressource mentale

Mais au-delà du recrutement, de la largeur et de la qualité de l'effectif, ce qui déterminera la capacité de l'OM à figurer sur le podium ou pas proviendra de la ressource mentale des joueurs lors des grands matchs. Autrement dit, la capacité de battre le PSG, l'ASM et l'OL lors des confrontations directes. La saison dernière, face à ses adversaires directs, l'OM n'a pris que 2 points sur 18. Préjudiciable pour espérer être dans les trois premiers du classement. Et ceci est du ressort de Garcia. Malgré le parcours de la saison dernière en Ligue Europa, dont l'OM sera un des favoris cette saison, l'entraîneur olympien a encore à prouver qu'il peut inciter les joueurs à se surpasser lors des grands matchs de Ligue 1, durant 90 minutes et au-delà. Pour preuves, le match aller au Vèl contre le PSG était bien mené mais au bout du temps additionnel, les parisiens ont égalisé; ou lors du match retour au Vèl contre l'OL, ce dernier a pu gagner dans les dernières minutes. Est-ce que Garcia a su tirer des leçons en matière de mental, d'état d'esprit, sur ces contre-performances? Le temps nous le dira.

Toujours est-il que si l'OM ne parviendrait pas à accrocher le podium, la situation financière pourrait vite se dégrader et forcer fondamentalement la direction à faire une politique d'austérité à la grecque, i.e vendre à tout prix sans être sûr d'acheter intelligemment.

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