Adíos, señor Alonso

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Mark Gledhill

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Le pilote espagnol, double champion du monde, a annoncé son intention d'arrêter sa carrière en Formule 1 à la fin de la saison, actant quelque part sa frustration de ne pas être dans les premiers rôles ces dernières années, en dépit d'un talent sur la piste largement reconnu par ses pairs et nombre de passionnés de F1 à travers le monde.

La trêve estivale de la Formule 1 fait passer les fans de ce sport automobile par toutes les émotions. Après le double effet kiss cool de l'Australien Daniel Ricciardo, annonçant son départ de chez Red Bull pour rejoindre Renault en 2019, une autre nouvelle renversante est arrivée, mardi 14 août. Fernando Alonso, 37 ans, double champion du monde (2005, 2006), actuellement chez McLaren, motorisée par Renault, annonce qu'il arrêtera sa carrière de pilote de F1 à l'issue de la saison 2018. Une décision mûrie de longue date selon le pilote espagnol dans le communiqué de l'écurie britannique, confirmant son départ (cf lien).

Le taureau des Asturies

De par ses deux titres de champion du monde et ses 32 victoires en grand prix, Alonso a marqué l'histoire de ce sport. Et le taureau des Asturies, comme il est surnommé vu qu'il est natif d'Oviedo, la capitale de la communauté autonome des Asturies, est assurément l'un des meilleurs pilotes, sinon le meilleur de sa génération. À savoir celle composée de Kimi Räikkönen, Felipe Massa, Jenson Button, voire Lewis Hamilton. Un pilote extrêmement teigneux sur la piste, freinant très tardivement et tirant sa voiture au-delà de ce qu'elle pouvait lui fournir à la base. Deux exemples peuvent justifier ce point de vue. Premier exemple: en 2005, l'année de son premier titre de champion du monde, alors chez Renault, sa voiture n'était pas forcément la plus rapide, mais il a su en tirer au-delà de ses capacités et compter sur la fiabilité du moteur Renault pour mettre fin à la domination de Michael Schumacher et de Ferrari, qui écrasaient la F1 dans les premières années du 21e siècle. Deuxième exemple: en 2012, Alonso, ayant rejoint Ferrari, avait une voiture ratée en début de saison, mais il avait réussi à faire des miracles avec, notamment en gagnant le Grand prix de Malaisie alors que c'était impensable.

Choix discutables

Cela étant dit, si le talent du pilote est largement reconnu, ses choix de carrière font souvent tiquer, ainsi que son influence politique au sein d'une écurie. Après ses titres chez Renault, il rejoint McLaren, motorisée par Mercedes, où il se retrouva face à Hamilton, qui faisait alors ses débuts en F1 mais qui avait au fil de la saison 2007, la préférence dans l'écurie britannique. De quoi agacer l'Espagnol qui s'est disculpé dans le scandale d'espionnage industriel concernant McLaren-Mercedes cette année-là. Suite à cela, il fit un retour chez Renault, mais l'écurie française n'était plus au sommet et durant deux ans, Alonso se battait un peu loin de la tête de course, passant entre les gouttes avec le scandale de Singapour car son coéquipier d'alors, Nelson Piquet Jr, avait reçu l'ordre de se crasher pour permettre à Alonso d'aller vers la victoire. Puis, de 2010 à 2014, ses années mi-figue, mi-raisin chez Ferrari, où il échoua de peu à avoir un troisième titre de champion du monde en 2010 et (surtout) en 2012, où il avait fait preuve d'un talent extraordinaire vu le niveau de la voiture qui lui avait été fournie. Mais les histoires d'amour finissent mal en général et le départ d'Alonso de Ferrari, en 2014, fut avec fracas et amertume. Enfin, son retour chez McLaren, avec le moteur Honda, a symbolisé une descente aux enfers pour Alonso, n'hésitant pas à clamer ce qu'il pense du moteur Honda en pleine course, comme lors du Grand prix de Bahreïn 2017, où il affirme n'avoir "jamais couru avec aussi peu de puissance de [sa] vie!".

Du coup, le changement de motoriste - Honda par Renault -, aurait pu permettre une amélioration sensible des résultats, mais ce n'est pas tellement le cas, McLaren luttant péniblement pour la quatrième place du championnat constructeurs, face à Renault et Haas, motorisée par Ferrari, mais la dynamique des derniers Grand prix n'incite pas à l'optimisme. En parallèle, Alonso s'est distingué dans les courses d'endurance, remportant d'ailleurs les 24h du Mans en 2018, et tenté de relever de nouveau le défi des 500 miles d'Indianapolis en 2019, après une première expérience qui n'a pu aller à son terme en 2017. Enfin, en-dehors du cadre sportif, le nom d'Alonso est ressorti, comme d'autres sportifs, sur la question de l'évasion fiscale, de la fraude fiscale, avec Swissleaks ou les Panama papers.

En vérité, si cette décision est fort logique, elle n'en demeure pas moins bien triste car à moins d'un miracle, Alonso ne pourra pas sortir de la F1 par la grande porte. Et je le dis d'autant plus que c'est le pilote qui a marqué mon adolescence, avec ses victoires, sa grinta face à Schumacher en 2005 et 2006, sa capacité à transcender les mécaniciens et ingénieurs travaillant à ses côtés. Gracias señor Alonso y buena suerte por sus desafíos futuros.

Publié dans Sport, Formule 1, Alonso, Retraite

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