Il faut sauver le soldat Ocon

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Formula One World Championship

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Alors que la saison 2018 de Formule 1 entre dans sa phase finale, le pilote français n'est pas assuré d'avoir un volant en 2019 et les jours qui passent semblent réduire la possibilité de le voir en Grand prix l'an prochain, sauf miracle récompensant son talent sur la piste, salué par nombre de ses pairs.

Les transferts de pilotes en Formule 1 sont assez peu importants, de manière générale, mais quand c'est le cas, attention à ne pas se retrouver sur le bord de la piste. Hélas, c'est ce qui pend au nez d'Esteban Ocon. Le pilote français, qui a fêté ses 22 ans lundi 17 septembre, risque au fil des jours de ne pas se retrouver avec un baquet pour 2019. Et la veille, lors du Grand prix de Singapour, remporté par le Britannique Lewis Hamilton (Mercedes), Ocon n'a pas pu s'illustrer, envoyé dans le mur par son coéquipier chez Racing Point Force India, le Mexicain Sergio Pérez, dès le premier virage. De quoi miner le moral du pilote français, même si la possibilité de piloter une Williams-Mercedes l'an prochain ne semble pas à exclure.

Soutiens de poids

Cette situation pousse certains acteurs de la F1 à prendre position pour Ocon, notamment depuis le Grand prix de Belgique, en août dernier, où le Français avait réussi à être troisième en qualification et à terminer sixième lors du GP. Une performance notable sur ce circuit de prestige. Ce sont d'ailleurs Hamilton et son rival allemand Sebastian Vettel (Ferrari) qui ont été les premiers à défendre Ocon et à demander qu'il puisse continuer de courir en F1 l'an prochain. Ensuite, Christian Horner, le directeur de l'écurie Red Bull motorisée par Renault, a également apporté un soutien de poids à Ocon, profitant de l'occasion pour tacler Mercedes, vu que le pilote français fait partie du giron de l'écurie allemande, auprès du directeur de l'écurie championne du monde depuis 2014, Toto Wolff.

Renault et Mercedes responsables

Mais comment en est-on arrivé là? Pour certain(e)s, le point de départ se trouve dans l'arrivée de Daniel Ricciardo chez Renault pour l'an prochain. Ce transfert est une véritable surprise, d'autant plus que selon plusieurs sources, Ocon était en négociations constantes avec l'écurie française pour la rejoindre l'an prochain. Du coup, faut-il blâmer Renault par rapport à la situation d'Ocon, comme tient à le faire savoir Wolff? C'est possible dans la mesure où le transfert de Ricciardo a pris tout le monde de court, que Ocon était concerné par un baquet chez Renault, étant donné que l'Allemand Nico Hülkenberg est sous contrat jusqu'en 2019 et que, pour les esprits cocardiers, un pilote tricolore dans une écurie tricolore, ça aurait eu de la gueule, quoi. Mais comme Ricciardo sera en fin de contrat avec Red Bull à la fin de la saison et qu'il fait partie des top pilotes en ce moment (2 victoires en GP cette année), c'est une opportunité pour Renault de donner plus de crédibilité à son objectif qu'est de lutter pour les titres pilotes et constructeurs à partir de 2020. Ensuite, échec dans la tentative d'envoyer Ocon chez McLaren-Renault l'an prochain, l'écurie britannique ayant compensé la retraite de Fernando Alonso par l'arrivée de son compatriote Carlos Sainz Jr puis par la promotion du Britannique Lando Norris.

Puis Mercedes a quand même une dose de responsabilité dans cette histoire. En effet, l'écurie allemande a tenu à assurer tôt dans la saison le maintien du pilote finlandais Valtteri Bottas aux côtés de Hamilton pour 2019, sans faire attention à ses protégés, dont Ocon. Et ce, d'autant plus que l'écurie Force India, où se trouve Ocon actuellement, a été déclarée en faillite puis rachetée par un consortium comprenant l'homme d'affaires canadien Lawrence Stroll, dont le fils Lance concourt en F1 chez Williams et sera assuré de rejoindre l'écurie paternelle l'an prochain. Ce qui fait que la principale porte de sortie pour Ocon serait Williams, mais l'écurie britannique exige 20 millions d'euros pour alimenter son budget pour l'an prochain et pas sûr que Mercedes accepterait de marchander sur ce point.

Tout cela donne une bien triste image de la F1, où l'apport en capital financier semble prioritaire par rapport au talent humain sur la piste. Et en reprenant l'air du générique de la série Dallas, on pourrait dire: "F1, ton univers impitoyable!"

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