Lewis Hamilton, l'insatiable

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/raheel MEMON

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Au terme du grand prix d'Abu Dhabi, gagné par Lewis Hamilton, confirmant avec panache l'obtention de son cinquième titre de champion du monde, égalant le légendaire pilote argentin Juan Manuel Fangio, la saison 2018 de Formule 1 confirme la domination de Mercedes, et combien les autres écuries ont du retard à combler, même si Ferrari, avec Sebastian Vettel, s'est montrée offensive.

Les années se suivent et se ressemblent en Formule 1 version moteurs V6 turbo hybrides. En effet, depuis l'instauration de ce nouveau régime moteur en 2014, une écurie truste les palmarès pilotes et constructeurs, c'est Mercedes. Le tout avec un pilote comme Lewis Hamilton, qui s'est adjugé un cinquième titre de champion du monde pilote, rejoignant ainsi Juan Manuel Fangio dans le haut du palmarès de la F1. Le pilote britannique termine d'ailleurs sa saison 2018 avec sa 11e victoire en 21 courses, lors du grand prix d'Abu Dhabi, qui fait office de dernier acte de la saison 2018, devant Sebastian Vettel (Ferrari), son principal adversaire pour le titre mondial; le pilote néerlandais Max Verstappen complète le podium de ce dernier grand prix assez animé dans l'ensemble (cf lien n°1).

L'erreur se paie cash

Pour s'adjuger ce cinquième titre mondial, le pilote britannique pouvait compter sur une Mercedes forcément compétitive, car l'écurie allemande fait office de référence depuis 2014. Mais un peu comme en 2017, il fallait compter sur le manque de fiabilité ou les erreurs des écuries et pilotes adverses; tout particulièrement Ferrari et son pilote numéro 1, Vettel. En effet, le pilote allemand menait le championnat mais à partir de l'été, lui et son écurie commirent plusieurs erreurs qui ont coûté cher au final. Tout particulièrement lors du grand prix d'Allemagne où Vettel, largement en tête, fit une sortie de piste le contraignant à l'abandon, permettant à Hamilton de gagner le grand prix et de prendre la tête du championnat avec une bonne avance, pour ne plus la lâcher ensuite.

Ceci est d'autant plus regrettable que Ferrari, au niveau de la performance pure, a quasiment comblé l'écart avec Mercedes, voire même devançait les flèches d'argent sur certains circuits. Signe des progrès de la marque au cheval cabré. Mais les erreurs de pilotage de Vettel, les fautes en matière de stratégie puis les problèmes de fiabilité moteur, ont réduit à néant les espoirs de titre sur la fin de la saison.

Red Bull dans l'inconnu avec Honda

Du côté de la troisième force du plateau, l'écurie Red Bull, une page se tourne. D'abord, l'écurie autrichienne change de motoriste, passant de Renault à Honda. Une histoire commencée en 2007, marquée notamment par une série de quatre années victorieuses, tant pour les pilotes que les constructeurs (2010, 2011, 2012, 2013), mais depuis 2014, Red Bull reprochait volontiers à Renault de fournir des moteurs ne permettant pas de gagner davantage de victoires, de rivaliser davantage avec Mercedes et Ferrari (cf lien n°2). Et 2018 n'a pas fait exception, tant la direction de l'écurie, mais aussi le pilote Verstappen vociféraient encore contre les moteurs Renault. Le passage à Honda sera scruté de près vu que l'écurie Toro Rosso était motorisée par le constructeur japonais cette année et qu'en-dehors de quelques coups d'éclat de la part du pilote français Pierre Gasly comme à Bahreïn, Honda s'est davantage fait remarquer par les soucis sur son moteur, prouvant combien le défi sera immense à relever.

Service minimum chez Renault

Ensuite, Daniel Ricciardo, va quitter Red Bull, permettant à Gasly de prendre du galon d'ailleurs, pour rejoindre... Renault. En effet, l'écurie française a réussi, durant l'été, à recruter le pilote australien pour deux ans. Un défi pour Ricciardo, conscient du retard qu'a Renault face aux trois top teams, mais aussi pour l'écurie au losange, qui doit afficher davantage de progrès. Si elle a fait le service minimum en terminant à la quatrième place du classement constructeurs - son objectif pour 2018 (cf lien n°3) -, Renault reste à la rue en termes de performance pure, y compris par rapport à Red Bull. Ce qui signifie que l'usine châssis d'Enstone devra cravacher durant l'intersaison pour développer un meilleur châssis que celui de 2018, mais aussi que du côté de Viry-Châtillon, où sont fabriqués les moteurs, l'effort ne doit pas être relâché car la fiabilité reste encore à désirer et qu'un déficit de puissance du moteur, comparativement à Mercedes et Ferrari, demeure encore à combler. En tout cas, l'optimisme est de rigueur chez Renault F1, où l'arrivée de Ricciardo laisse entendre que le pilote australien va faire "gagner du temps", comme le déclarait Alain Prost, quadruple champion du monde et conseiller chez Renault F1, dans un entretien paru dans le journal l'Équipe, au début du mois de novembre.

Changements prévus

Cette saison marque la fin d'une époque, avec la retraite de Fernando Alonso. Et comme cadeau d'adieux, le double champion du monde espagnol fut entouré de ses rivaux Vettel et Hamilton, qui ont tenu à lui rendre hommage en restant à ses côtés pour le tour d'honneur.

Pour d'autres, il s'agit d'une étape. Par exemple, Esteban Ocon se retrouvera pilote de réserve pour Mercedes, n'ayant pu trouver de baquet pour 2019, notamment chez Williams, qui a préféré faire revenir le polonais Robert Kubica dans les circuits, après une longue période de rééducation de son bras droit, après un grave accident de rallye en 2011. Autre exemple, le chassé-croisé entre Kimi Räikkönen et Charles Leclerc. Le Finlandais quitte Ferrari la tête haute, vu qu'il a réussi à gagner un grand prix cette année (GP des États-Unis), en retournant chez Sauber, où il avait fait ses débuts en F1, en 2001. Et celui qui le remplace est Leclerc; le monégasque étant récompensé de sa bonne saison chez Sauber et devant désormais répondre au défi de réussir au sein de la Scuderia Ferrari, notamment face à Vettel, qui n'est pas forcément du genre tendre avec ses coéquipiers si ces derniers se montrent résistants sur la piste. L'australien Mark Webber, ancien coéquipier de Vettel chez Red Bull, en sait quelque chose.

En tout cas, merci messieurs les pilotes et à l'année prochaine.

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