Hamilton et Mercedes roulent toujours vers le succès

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Julien Meffre

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Avec la trêve estivale qui s'est déclenchée après le Grand prix de Hongrie, l'occasion est bonne pour voir combien cette première moitié de saison confirme encore l'hégémonie de l'écurie Mercedes et de son pilote numéro 1, Lewis Hamilton, en route vers un sixième titre mondial, sans véritable concurrence. Ce qui peut poser problème à l'heure où la F1 réfléchit à un nouvel accord pour l'horizon 2021.

En paraphrasant le footballeur anglais Gary Linecker, on peut dire que la Formule 1 est un sport avec deux pilotes pour une écurie et à la fin, ce sont les allemands qui gagnent. Et plus précisément, l'écurie Mercedes qui file tout droit vers l'obtention des titres pilotes et constructeurs, sans discontinuer depuis 2014. Et ce, avec sa figure de proue qu'est le pilote britannique Lewis Hamilton. Le quintuple champion du monde de F1 est bien parti pour un sixième titre vu qu'en 12 Grand prix, il compte 8 victoires et à l'exception des Grand prix d'Autriche et d'Allemagne, Hamilton a toujours été sur le podium. Ce qui lui permet d'avoir 250 points à l'issue du GP de Hongrie, en comptant 62 points d'avance sur son coéquipier Valteri Bottas (cf lien).

Illusions Bottas et Ferrari

Justement, le pilote finlandais semblait parti pour se mettre à la lutte contre son coéquipier britannique mais au fur et à mesure des Grand prix, il semble désormais rentrer dans le rang et ne plus faire qu'illusion en matière de suspense. Si ces victoires en Australie et en Azerbaïdjan, dans les premiers GP, donnaient de l'espoir, ça s'est vite douché pour tourner au vinaigre avec son abandon au Grand prix d'Allemagne et sa huitième en Hongrie. D'ailleurs, ces deux dernières courses fragilisent sa situation au sein de l'écurie allemande, où le pilote réserviste français Esteban Ocon pourrait y voir une opportunité pour être de nouveau dans un baquet pour 2020, et ainsi prouver son talent sur la piste dans la meilleure voiture du paddock.

Autre source d'illusion, c'est Ferrari. L'écurie italienne affiche un début de saison raté, avec aucune victoire, même si Sebastian Vettel s'estime volé par les commissaires de course lors du Grand prix du Canada, finalement dévolu à Hamilton. Néanmoins, ça ne doit pas masquer les erreurs de part et d'autre dans l'écurie italienne. Tant du côté de Vettel et de Charles Leclerc - fautes de pilotage en Allemagne pour Leclerc par exemple - que du côté de l'équipe technique - problème de fiabilité privant Leclerc d'une victoire à Bahreïn par exemple -. Ce qui fait que la marque au cheval cabré, qui semblait armée pour renverser les flèches d'argent à la suite des essais hivernaux en février dernier, est désormais menacée par Red Bull.

Red Bull en progression

Justement, l'écurie autrichienne motorisée par Honda affiche de constants progrès, avec son pilote phare Max Verstappen, au point que c'est la seule qui prive Mercedes d'un monopole de victoires en Grand prix cette saison, avec les deux victoires de Verstappen en Autriche et en Allemagne. Signe que le moteur Honda a également progressé et que l'écurie Red Bull a pleinement confiance envers le motoriste japonais, après une relation houleuse sur la fin avec Renault, malgré quelques victoires glanées ces trois dernières années.

Néanmoins, un problème demeure. C'est que la Red Bull a été façonnée et est développée pour Verstappen, et non pour Pierre Gasly. Or, le pilote français souffre de la comparaison avec son coéquipier néerlandais, au point que sa place chez Red Bull pour 2020 est menacée, vu que dans l'écurie autrichienne, il n'y a aucun scrupule à débarquer un pilote pour piocher dans le giron, avec l'écurie sœur qu'est Toro Rosso. Si Gasly obtient des réglages lui permettant d'exprimer au mieux son pilotage, Red Bull peut alors pleinement menacer Ferrari pour la deuxième place du classement des constructeurs, tant la première marche est inaccessible avec Mercedes loin devant.

Renault qui tourne au fiasco?

En début de saison, l'écurie Renault envisageait de lutter avec Red Bull-Honda pour la troisième place au classement constructeurs, histoire de prendre une revanche sur l'écurie autrichienne qui critiquait régulièrement le moteur français. Force est de constater que l'écurie française est loin du compte. Pis, la marque au losange est devancée par McLaren, motorisée par... Renault, puis par Toro Rosso-Honda et menacée par Alfa Romeo. C'est dire si la R.S. 19 est mal née, surtout au niveau du châssis parce que le moteur Renault affiche une certaine efficacité auprès de McLaren et a progressé au fil de la saison. Cela étant dit, le duo de pilotes Daniel Ricciardo et Niko Hülkenberg n'est pas exempt de tout reproche, notamment le pilote allemand qui a laissé une occasion en or de marquer des gros points, voire de monter sur le podium lors du GP d'Allemagne. En tout cas, si la situation ne se redresse pas rapidement, des licenciements seraient à prévoir du côté de la direction de l'écurie française, vu le manque de résultats et que le salut de Renault pourrait se tourner vers la future réglementation prévue pour 2021.

Marges de manœuvre

Justement, 2021 doit être l'application d'un nouvel accord Concorde - du nom de la place de la Concorde à Paris, siège de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) -, régulant la Formule 1. L'accent est pour l'instant mis sur la question de la masse, ainsi que du moteur, dans le but de rendre une F1 moins pesante, moins large, moins longue, avec des pneus 18 pouces désormais, et des moteurs hybrides plus simples, avec un changement au sujet de la limitation d'utilisation de moteurs par saison. Mais aussi, ce qui est un sujet de frictions, la répartition des droits audiovisuels auprès des écuries participantes. Et parmi certaines propositions, il est ressorti l'idée des ravitaillements en essence, interdits depuis 2009. Perso, cette idée ne me convainc pas car les ravitaillements en essence ont une part de dangerosité importante - souvenir de la Benetton-Ford de Jos Verstappen, père de Max, brûlant entièrement en 1994 par exemple - puis les dépassements se feraient davantage dans les stands que sur la piste. En tout cas, en l'attente d'un accord prévu pour octobre 2019, il y a du pain sur la planche.

Et sur la piste, il serait bon de donner davantage de marges de manœuvre aux pilotes en matière de passes d'armes. Les commissaires de course se sont montrés fort sévères depuis le début de la saison, donnant l'image de personnes pénalisant la prise de risques chez les pilotes ou de faire dans le favoritisme. Le GP du Canada est éloquent en la matière vu que Vettel s'est vu retirer la victoire au profit d'Hamilton, ou que Ricciardo a été rétrogradé de la septième à la onzième place à l'issue du GP de France pour des manœuvres limites dans le dernier tours, alors qu'il était un des rares à animer un GP insipide. Face aux réactions des fans de F1, les commissaires de course sont devenus moins interventionnistes et depuis le GP d'Autriche, les courses sont bien plus intéressantes à suivre, avec les passes d'armes entre Leclerc et Verstappen en Autriche et en Grande-Bretagne qui ont soulevé l'enthousiasme de tous, tant ces deux pilotes incarnent l'avenir de la F1 et une future grande rivalité entre le monégasque et le néerlandais. Si les autorités de la F1 et de la FIA poursuivent dans cette voie, tous les espoirs sont permis.

À voir durant les prochains GP.

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