L'OM impose son rythme

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Twitter

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À mi-saison, l'Olympique de Marseille est solidement installé à la deuxième place et l'effectif sous la coupe d'André Villas-Boas donne de plus en plus de satisfaction aux supporters phocéens, qui peuvent estimer crédible de terminer à cette place, qualificative pour la Ligue des champions. Mais encore faut-il assurer la deuxième moitié de saison, qui s'annonce semée d'embûches.

Lors de son arrivée sur le banc de l'Olympique de Marseille (OM), André Villas-Boas avait annoncé sa volonté de finir sur le podium. Ce qui pouvait prêter à sourire tant l'effectif de l'OM est limité et marqué par une saison 2018-2019 ratée. Force est de constater qu'à mi-parcours, l'entraîneur portugais est bien partir pour réussir son objectif puisqu'à la 19e journée, avec une victoire contre Nîmes au Vélodrome (3-1), les olympiens confirment leur présence à la deuxième place, derrière le Paris Saint-Germain (PSG), et devant le Stade Rennais - ayant un match en moins -, avec cinq points d'avance, ou encore sept points d'avance sur Lille, quatrième du classement.

Une patte Villas-Boas

Si les joueurs sont les principaux acteurs et permettent à l'OM d'être là où il se trouve actuellement, l'entraîneur y a un grand mérite également. En effet, Villas-Boas y apporte sa patte dans son coaching. Si cela semble moins visible dans le jeu, encore qu'il y a eu une progression ces dernières semaines qui a été efficace (sept victoires sur les huit derniers matchs), c'est surtout l'état d'esprit, le mental qui est renouvelé par Villas-Boas. Bien des joueurs qui balbutiaient leur football la saison dernière sont comme transfigurés à l'heure actuelle. J'en donne trois grands exemples que sont Steve Mandanda, Dimitri Payet et Jordan Amavi.

Le gardien olympien a été le premier à se remettre en question après la saison dernière. Suivant notamment une cure thermale, est redevenu "il phenomeno" sans qui l'OM ne serait pas forcément deuxième aujourd'hui, redevenant le capitaine du club au passage. À Nantes, à Toulouse, à Angers ou encore contre Rennes, si l'OM n'a pas perdu ces matchs-là, c'est grâce à lui et ses parades décisives. Pour Payet, ça a mis plus de temps mais lors du match contre l'Olympique lyonnais, marquant des retrouvailles acerbes avec Rudi Garcia, l'ancien coach de l'OM, le milieu offensif avait tenu un discours offensif avec des piques adressées à Garcia qui furent suivies d'actes car il marqua les deux buts de la victoire au Vélodrome (2-1). Depuis, il rayonne et pousse l'équipe vers le haut. Enfin, Amavi a droit à presque une résurrection. Honni par le Vélodrome, en raison d'un niveau de jeu fort mauvais, notamment lors du match contre Rennes où il dût sortir à la mi-temps, l'arrière gauche a été en fait protégé par Villas-Boas et peu à peu, il remontre le niveau qu'il avait lors des premiers mois de la saison 2017-2018, affichant une certaine rigueur défensive, un apport intéressant offensivement et son but contre Bordeaux lui a valu les applaudissements du Vélodrome. Signe qu'il a su retourner les supporters à son avantage et d'une grande force mentale.

Dans une moindre mesure, Morgan Sanson et Nemanja Radonjic ont changé au contact de Villas-Boas. Le premier est plus incisif dans le jeu, multipliant les courses vers l'avant pour apporter du surnombre et récupérant nombre de ballons dans les pieds adverses. Le second, même avec un certain déchet technique, est devenu décisif en remplaçant de luxe puisqu'il marque enfin des buts, notamment celui de la victoire contre Brest qui était superbe du reste.

Apport des recrues

Au-delà de l'apport de Villas-Boas, les trois joueurs recrutés par l'OM durant l'été - Alvaro González, Dario Benedetto et Valentin Rongier - semblent être de bonnes pioches, dans un contexte d'austérité à la grecque pour le club phocéen. González est le taulier de la défense olympienne. Le défenseur central espagnol, prêté par Villareal et ayant récemment affiché son envie de rester à l'OM, montre une hargne, une détermination sur le terrain qui pousse son acolyte - que ce soit Duje Caleta-Car ou Boubacar Kamara - à tirer le meilleur de lui-même. Et puis, pour les superstitieux, quand González est titulaire, l'OM n'a jamais perdu un match. Signe de l'importance prise par l'Espagnol.

Du côté de Benedetto, c'est d'enfiler le costume du buteur et de mouiller le maillot dans le jeu. À mi-saison, l'attaquant argentin peut donner satisfaction avec sept buts marqués, dont celui de la victoire contre Saint-Étienne (1-0). Cela étant, l'attaquant argentin semblait plus à la peine ces dernières semaines, en raison notamment de pépins physiques, malgré son implication fort intéressante dans le jeu, dé-zonant le plus possible pour déstabiliser la défense adverse. Mais son but contre Nîmes, hier, montre qu'il est bien un chasseur de buts et quand il n'est pas titulaire, son absence se fait sentir.

Enfin, Rongier, arrivé en tant que joker, a été ménagé par Villas-Boas mais il est l'un des acteurs de la belle dynamique phocéenne évoquée ci-haut. Le volume de jeu du milieu axial français est exceptionnel, formant une paire grandement efficace avec Sanson. Reste encore à peut-être davantage se projeter vers l'avant et un facteur chance lui permettant de marquer des buts.

Toujours est-il que le recrutement, piloté par le directeur sportif Andoni Zubizarreta, a de la pertinence.

Un équilibre fragile

Tous ces éléments cités ci-haut, plus les méformes des équipes adverses, font que l'OM est bien accroché à la deuxième place. En outre, une cohésion d'ensemble semble avoir été trouvée par Villas-Boas, impliquant tout son effectif, y compris des nouveaux minots tels Lucas Perrin, Florian Chabrolle, Marley Aké et peut-être Isaac Lahidji - si la situation contractuelle de ce dernier se clarifie enfin -, donnant un certain équilibre. Et il faudra maintenir cette cohésion car en-dehors des réceptions de Monaco et de Nantes, le club marseillais devra se déplacer à Rennes, à Saint-Étienne, à Lyon, à Lille et à Bordeaux, pour au minimum ne pas perdre et au maximum chercher la victoire.

Mais cet équilibre est fragile. Après le match nul contre Montpellier, où González se blessa, où Payet et Kamara furent suspendus pour plusieurs matchs, le club connut des difficultés. La limite quantitative de l'effectif pose problème à plusieurs postes. En défense, si Amavi connait une méforme ou une suspension, seul Hiroki Sakai, d'ordinaire titulaire sur le côté droit, pourrait rendre service. Au milieu, Kevin Strootman fait office de milieu défensif mais il a du mal à suivre physiquement. Kamara peut dépanner à ce poste mais le minot est défenseur central de formation. Enfin, si Benedetto se blesse de nouveau, ce serait normalement Valère Germain qui jouerait à la pointe de l'attaque. Or, Germain est plus à l'aise dans un duo d'attaquants que seul en pointe, malgré sa bonne volonté. Et comme le club est surveillé par l'UEFA dans le cadre du fair-play financier, il peut difficilement recruter sans faire partir des joueurs au préalable, au risque de menacer l'équilibre trouvé pour atteindre l'objectif du podium que s'est fixé Villas-Boas. Quelque part, la seule marge de manœuvre pour l'entraîneur portugais est l'attente du retour de Florian Thauvin, qui sera fort utile pour la fin de la saison.

Toujours est-il que cet OM version Villas-Boas me fait penser à l'OM version Bielsa, avec un plan de jeu moins forcé sur l'offensive toutefois. En espérant que ça va aboutir à une fin de saison heureuse pour le club phocéen, cette fois-ci.

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