Jeu de chaises musicales en F1

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Novia Lim

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Suite à l'annonce du départ de Sebastian Vettel de Ferrari, à l'issue de la saison 2020, les transferts de pilotes se sont accélérés ces dernières 48 heures, avec l'annonce de l'arrivée de Carlos Sainz Jr chez Ferrari pour 2021 et son remplacement du côté de chez McLaren par Daniel Ricciardo, actuellement chez Renault. Un jeu de chaises musicales qui promet de ne pas s'en arrêter là.

Si la Formule 1 n'est pas prête de reprendre la piste avant l'été, Coronavirus oblige, elle reste néanmoins active en coulisses. Et depuis 48 heures, l'emballage se fait au sein du paddock et c'est Sebastian Vettel qui a donné le départ en annonçant son départ de Ferrari, à la fin de la saison. Si, au fond, cela semble logique, tant la frustration a gagné les deux parties prenantes, le timing choisi est pour le moins curieux, selon certains observateurs, en cette période prolongée d'inactivité. De quoi se demander si le quadruple champion du monde allemand ne va pas prendre sa retraite dans la foulée (cf vidéo ci-dessous).

Changement politique

Ce départ oblige Ferrari à trouver un remplaçant pour épauler Charles Leclerc en 2021. Si les rumeurs allaient bon train pour que ce soit Daniel Ricciardo, en fin de contrat avec Renault à la fin de la saison, ou Carlos Sainz Jr, actuellement chez McLaren, c'est le pilote espagnol qui est officiellement annoncé comme le futur coéquipier du pilote monégasque, tandis que le pilote australien ira prendre sa place chez McLaren l'an prochain (cf liens n°1, n°2, n°3). Autant le dire de suite, sauf si Vettel irait chez Mercedes, prenant la place de Valtteri Bottas et ainsi rivaliser avec le sextuple champion du monde Lewis Hamilton, le futur duo Ferrari pour 2021 sera l'attraction. Pourquoi? Parce que c'est un duo de pilotes très jeune - 25 ans pour Sainz; 22 ans pour Leclerc - et que l'écurie au cheval cabré a pour tradition d'avoir au moins un pilote ayant lutté pour le titre de champion du monde pilotes, ou ayant été champion du monde auparavant. C'est signe d'un changement politique important de la part de la Scuderia. Sera-t-il porteur? Telle est la question. En outre, est-ce que le choix de Sainz laisse à penser que Leclerc est devenu le pilote n°1 dans l'esprit de la direction de Ferrari? Ce serait plausible tant le Monégasque a montré sa vélocité la saison dernière - sept pole-positions, deux victoires - et d'un caractère pour le moins affirmé au sein de l'écurie.

Quant à Ricciardo, pressenti chez Ferrari mais allant chez McLaren, c'est une porte de sortie risquée. Il faut dire que l'année dernière, avec Renault, le pilote australien n'a pas été à l'aise et qu'une frustration, légitime, gagne son esprit de compétiteur. Mais peut-être, à l'instar de Vettel d'ailleurs, cette prise de décision va lui permettre de lâcher la bride et de boucler son histoire avec Renault de manière honorable. Un podium peut vite arriver, si les circonstances le permettent.

La tentation Alonso?

D'ailleurs, à l'heure actuelle, l'écurie au losange a un baquet de libre pour 2021 et la question à savoir est qui sera le coéquipier d'Esteban Ocon. Et c'est là que deux alternatives se posent: d'un côté, compter sur des jeunes pilotes issus de la filière Renault, comme cela se fait chez Ferrari avec l'exemple de Leclerc ou chez Red Bull avec les exemples de Ricciardo, de Sainz, de Max Verstappen, de Pierre Gasly ou d'Alexander Albon. De l'autre, engager un pilote expérimenté actuellement présent dans le paddock. Il demeure tout de même une troisième voie, qui a le vent en poupe chez certains observateurs, c'est un retour de Fernando Alonso chez Renault l'an prochain, pour la troisième fois dans sa carrière.

En effet, le pilote espagnol a déjà connu deux passages chez Renault: le premier (2003-2006) s'est terminé avec les deux titres de champion du monde acquis en 2005 et 2006. Le deuxième (2008-2009) reste entâché par l'affaire du crashgate du Grand prix de Singapour 2008, où le coéquipier d'Alonso de l'époque, Nelson Piquet Jr, reçut l'ordre de se crasher afin de provoquer une sortie de la voiture de sécurité et de permettre à Alonso de gagner ce GP. Un troisième passage d'Alonso, qui sortirait ainsi de sa retraite de la F1, ne manquerait pas de piquant mais pourrait être explosif en interne, vu que le double champion du monde espagnol entend être le pilote n°1 et que le Français Ocon n'aura pas l'intention de se faire marcher dessus. Et à la différence de ses précédentes aventures avec Renault, Alonso n'aura pas Flavio Briatore comme directeur de l'écurie au losange. Ce qui n'est pas anodin car Briatore était également le manager d'Alonso à cette époque. Et puis la présence d'Alain Prost, dans un rôle de président non-exécutif de l'écurie Renault, comme le fut Niki Lauda au sein de Mercedes, devrait obliger Alonso à faire profil bas dans sa capacité d'influence au sein d'une écurie. D'aucuns diraient capacité de nuisance, en raison de ses dernières années chez Ferrari puis chez McLaren. En tout cas, un certain appel du pied s'est lancé sur les réseaux sociaux, mercredi 13 mai entre l'écurie française et le pilote espagnol.

Mais tout cela dépend aussi de la capacité de l'écurie Renault à rester en F1 l'an prochain. Ce qui n'est pas une certitude.

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