Un déconfinement progressif et bancal

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Claude Guillon

Photo: Flickr/Claude Guillon

La version officielle de la carte du déconfinement montre que la majeure partie du pays va avoir un cadre assoupli à partir du 11 mai. L'Île-de-France, le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et les Hauts de France, grandement touchées par le Coronavirus, devront suivre un plan de déconfinement plus rigide.

"Ce plan est une première étape" pour le déconfinement total du pays, assure Édouard Philippe, accompagné de plusieurs ministres tels Olivier Véran (Santé), Jean-Michel Blanquer (Éducation nationale), Élisabeth Borne (Transports), Christophe Castaner (Intérieur) ou encore Bruno Le Maire (Économie et Finances), en présentant le plan de déconfinement ce jeudi 7 mai. La carte hexagonale (plus Outre-mer) fait ressortir une majeure partie du pays en zone "verte" tandis que le Nord-est du pays, plus l'Île-de-France et plus Mayotte reste en zone "rouge", signifiant un déconfinement moins souple. Cela étant, l'Île-de-France aura pour particularité d'être assujettie à des règles plus strictes, en raison des transports en commun, de la densité de population puis de la présence plus importante du virus; et Mayotte verra son déconfinement retardé au-delà du 11 mai, en raison de l'expansion forte du virus ces derniers temps (cf lien).

Une relance impérieuse et risquée

En allant un peu plus dans le concret, plusieurs secteurs rouvriront le 11 mai, quelle que soit la couleur de leur département. Cela étant, pour les départements classés en rouge, ce sera en fonction des maires, des préfets, compte tenu de la situation sanitaire plus délicate. Par exemple, par rapport à l'Éducation nationale, la grande majorité des écoles devrait reprendre, avec mise à jour des normes sanitaires selon le ministre Blanquer. Cependant, il se peut que les préfets dans les départements en zone rouge, sous discussion avec les maires, décalent les réouvertures d'établissements scolaires. Pour les transports, la reprise s'annonce progressive et disparate. Si dans l'ensemble des régions, à partir du 11 mai, l'offre de transport se doit d'être à 40% de l'offre habituelle, en Île-de-France, la proportion devra être plus importante. En l'occurrence, la RATP devrait arriver à fournir 70% de l'offre de transport habituelle à partir du 11 mai, selon Borne, avec comme particularité que les salariés aient une attestation avec eux pour circuler aux heures de pointe. Sans oublier le port du masque obligatoire dans les transports. Sinon, ce sera 135 euros d'amende. Au niveau économique, tous les commerces, sauf cafés, restaurants, cinés, théâtres, salles de sport confinées, reprendront leur activité normalement dans la zone verte, sur autorisation du préfet dans la zone rouge, mais dans le cas de l'Île-de-France, les commerces d'une superficie supérieure à 40.000m² resteraient fermés, selon les dires de Le Maire.

Bref, une relance de l'économie est devenue impérieuse pour le pouvoir actuel, tant la récession est profonde. Mais elle demeure risquée dans la mesure où le respect de la distanciation sociale sera difficile à observer. Notamment dans les transports en commun. Un tweet daté du 4 mai, sur un quai de la ligne 7, montre déjà l'effervescence en cette période de confinement. Donc loin d'être l'affluence habituelle. Par conséquent, il y a de quoi ne pas être confiant pour le 11 mai prochain et la RATP avoue que faire respecter la distanciation sociale "n'est pas faisable" dans un réseau aussi dense que le réseau de transport parisien.

D'ailleurs, par rapport aux masques et aux tests, le gouvernement assure désormais avoir des quantités suffisantes. Quand on sait sa gestion calamiteuse sur ces sujets (cf lien n°2), la suspicion est de rigueur, tant le pouvoir a rendu ridicule la France auprès du reste du monde. Il n'y a guère que les États-Unis ou le Royaume-Uni pour faire pire. Surtout pour rendre les masques les plus chers possibles, quand en Espagne, pays plus sévèrement touché par la pandémie, les autorités permettent de fournir des masques n'importe où et de manière largement gratuite.

De toute façon, le déconfinement promet de durer.

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