Jamais deux sans trois entre Alonso et Renault

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/Eleonora Ottonello

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Le retour de Fernando Alonso chez Renault pour 2021 se veut être inscrit dans une trajectoire de long terme, avec en point de mire le changement de réglementation prévu pour 2022. C'est également une manière pour le pilote espagnol de véritablement boucler la boucle avec la Formule 1.

Ce n'était plus qu'un secret de polichinelle! C'est désormais officiel. Fernando Alonso revient en Formule 1 l'an prochain, deux ans après avoir annoncé sa retraite. Ce retour se fera chez Renault, une écurie qu'il connait par cœur vu que c'est celle qui lui a permis de gagner ses deux titres de champion du monde (2005, 2006) et la majorité de ses victoires en Grand prix (17 sur 32). Il est clair que le lien entre le pilote espagnol et l'écurie française est très fort et cette nouvelle réveille une certaine nostalgie chez des amoureux de la F1, ce qui est mon cas.

Boucler la boucle

Si ce retour au bercail pour le taureau des Asturies a été possible, c'est en lien avec le jeu de chaises musicales qui s'est opéré durant le mois de mai. Alors que la F1 a subi, comme tous les autres sports, le confinement, ne lançant véritablement sa saison 2020 que dimanche 5 juillet, en Autriche, les transferts pour 2021 étaient déjà bien avancés avec le départ de Sebastien Vettel de Ferrari, entraînant le recrutement de Carlos Sainz Jr, actuel pilote McLaren pour l'an prochain et cette dernière écurie sut convaincre Daniel Ricciardo, actuel pilote... Renault, pour 2021, sachant que le pilote australien arrive au bout de son contrat chez l'ex-Régie à la fin de la saison. Ce qui provoqua aussitôt la rumeur de plus en plus forte d'un retour d'Alonso chez Renault.

Toujours est-il que c'est une manière pour Alonso de boucler la boucle avec la F1, pour un troisième passage chez Renault. Si le premier (2002-2006) fut couronné de succès, avec ses deux titres de champion du monde, le second (2008-2009) fut plus sombre, entaché notamment par l'affaire du crashgate au Grand prix de Singapour 2008, où Nelsinho Piquet, coéquipier d'Alonso à l'époque, reçut l'ordre de s'encastrer dans le mur, pour provoquer une sortie de la voiture de sécurité et permettre à Alonso de gagner ce GP. Puis la suite de la carrière d'Alonso, notamment chez McLaren, révéla le côté obscur d'un pilote devenu animal politique polluant l'atmosphère au sein d'une écurie en raison de son humeur ombrageuse quand il ne peut pas jouer pour la victoire, et broyant - au sens figuré -, les coéquipiers qui sont à ses côtés. Ce retour est une occasion pour le champion espagnol d'effacer cette part d'ombre et de partir de la F1 la tête haute en 2022 ou au-delà. Puis n'oublions pas qu'il sait aussi stimuler une écurie autour de lui, avec des ingénieurs, des mécaniciens, etc. qui se plient en quatre. Et chez Renault, nombre de personnes actuellement présentes dans l'écurie ont connu Alonso du temps des victoires.

Un pari risqué pour Renault

Il n'empêche, un retour d'Alonso est un sacré pari de la part de Renault. Si cet événement montre que Renault compte bien rester en F1 et vouloir retrouver les sommets, comme au milieu des années 2000, alors que la marque au losange subit de plein fouet la crise générale liée au Coronavirus et que des fermetures d'usine sont prévues, c'est un pari fortement risqué. D'une part, il faut que Renault fasse calmer les ardeurs de victoire d'Alonso pour 2022, année d'application du changement de réglementation, initialement prévu pour 2021 mais reporté d'un an, Coronavirus oblige, puis d'autre part, soit en mesure de fournir la voiture capable d'aller des victoires à partir de 2022, tant au niveau du moteur, qui a montré des progrès l'année dernière, que du châssis, qui est le gros point noir de Renault à l'heure actuelle. Est-ce que Cyril Abiteboul, le directeur de l'écurie, a de quoi prouver que Renault peut retrouver les avant-postes à partir de 2022? Telle est la question.

C'est également un risque pour Esteban Ocon. Actuel pilote Renault avec Ricciardo, le pilote français va donc avoir un pilote fort expérimenté doublé d'un animal politique à ses côtés l'an prochain. Et comme évoqué ci-haut, la grande majorité des coéquipiers d'Alonso, exceptés Lewis Hamilton en 2007 et un tant soit peu Jarno Trulli sur le début de l'année 2004, ont souffert de la comparaison avec le taureau des Asturies, tant Alonso est un personnage haut en couleurs. C'est un test de caractère capital qui attend Ocon et s'il tient la dragée haute à Alonso l'an prochain, il se sera alors forgé un mental de champion. Et c'est là qu'Alain Prost, directeur non-exécutif chez Renault, devra faire attention à ce que ce duo de pilotes fort prometteur agisse dans l'intérêt de l'écurie.

Pour conclure, j'aimerais dire que si Alonso est le pilote qui a marqué mon adolescence, avec ses titres, son talent sur la piste, son intelligence de course, j'estime tout de même qu'il peut être toxique pour Ocon, qui doit représenter l'avenir de Renault en F1 (sans particulièrement être chauvin). Mais est-ce que cet éloignement d'Alonso de la F1 lui a permis de se remettre en question et d'envisager de se comporter tel un Niki Lauda auprès de Prost chez McLaren en 1984 et 1985? C'est ce que j'espère profondément. Le temps me donnera raison ou tort là-dessus.

Publié dans Sport, Formule 1, Renault, Alonso, Ocon

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