Deuxième vague à l'horizon?

Publié le par JoSeseSeko

Photo: Flickr/François Escriva

Photo: Flickr/François Escriva

Au-delà de la remontée de nouveaux cas de personnes atteintes du Coronavirus en Europe ou aux Amérique, la question d'une deuxième vague se pose de plus en plus précisément. Et par voie de conséquence, l'éventualité d'un nouveau confinement, qui aggraverait une situation économique déjà laissée exsangue par la première vague du Coronavirus.

Peut-on craindre une deuxième vague de Covid-19? Il y a de quoi répondre par l'affirmative, tant le recensement de nouveaux cas quotidien de personnes atteintes par le Coronavirus dans le monde croît régulièrement. Ces derniers jours, le virus touche plus de 200.000 personnes par jour, selon les données officielles, compilées par l'Université John Hopkins. Ce qui fait qu'à l'heure où ces lignes sont écrites, 13.135.616 personnes ont contracté la Covid-19 dans le monde, et 573.869 d'entre elles en sont mortes. Soit un taux de létalité d'environ 4,4%. Ce qui peut laisser entendre que c'est peu important. Mais, bien entendu, ce taux masque des disparités en fonction des classes sociales, de l'âge, etc.

Un combat contre le déni

Dans ce bilan mondial, il ressort le fait que les deux pays les plus touchés par le virus sont les États-Unis (3.366.845 cas et 135.616 morts) et le Brésil (1.884.967 cas et 72.833 morts). Ces deux puissances du continent américain restent encore dans le déni de l'ampleur du désastre sanitaire en raison de leur pouvoir en place. Donald Trump, coté états-unien, et Jair Bolsonaro, côté brésilien, ne veulent pas compromettre davantage une économie nationale déjà dans la mouise, comme ailleurs en Amérique, tant les interconnexions avec d'autres pays ou régions du monde (Chine, Union européenne) sont bloquées et influent au niveau intérieur. Bolsonaro, atteint par la Covid-19, ne tient absolument pas à changer de politique et rejette toute idée de nouveau confinement du pays, ce qui promet le pire pour les communautés indigènes d'Amazonie (cf lien n°1). Surtout que le ministère de la Santé est géré par un militaire, confirmant la nostalgie de Bolsonaro pour la dictature militaire ayant sévi sur le Brésil de 1964 à 1985 (cf lien n°2).

Aux États-Unis, si Trump n'a pas, officiellement, contracté le Coronavirus, il porte désormais un masque. De là à ce qu'il prenne véritablement en considération la pandémie dans son pays, c'est une autre étape qu'il ne semble pas prête de franchir. Or, l'os économique est fortement rongé puisque la Californie et le Texas, deux grands états fédérés des USA, voient leur nombre de cas et de décès liés à la Covid-19 remonter en flèche et que les gouverneurs locaux tendent à confiner de nouveau. De quoi accentuer une récession déjà constatée lors de la première vague, en avril-mai dernier.

Et à quelques mois de l'élection présidentielle, prévue pour le 3 novembre prochain, cette gestion de la crise sanitaire par l'actuel locataire de la Maison-Blanche pourrait lui jouer des tours. Et ce, d'autant plus que des états tels le Texas, la Louisiane, la Floride, le Mississippi, où une recrudescence du virus est observée ces derniers temps, sont des états du Sud des États-Unis et des bastions du Parti républicain, le parti de Trump et qu'ils ont joué un rôle important dans son élection, en 2016. Mais bon, il s'agit des États-Unis. On peut s'attendre à tout et son contraire et Trump peut compter sur le Parti démocrate, capable de se transformer en machine à perdre.

Nouveau confinement en Europe?

Du côté du continent européen, la tentation à un nouveau confinement, certes circonscrit à certaines villes, voire certaines régions, se pose. En Espagne, une partie de la Généralité de Catalogne, autour de la ville de Lleida, est soumise à un confinement ces derniers jours et qu'il tendrait à se renforcer (cf lien n°3), en raison de la recrudescence de cas de Covid-19 dans la commune et ses alentours. En France, pour l'instant, pas de mesures similaires prévues, notamment du côté de Laval, dans le département de la Mayenne, où le nombre de nouveaux cas de Coronavirus est reparti à la hausse ces derniers jours (cf lien n°4).

Néanmoins, pour évoquer de façon plus générale l'Hexagone, où la barre des 30.000 morts de la Covid-19 a, malheureusement, été atteinte, le virus circule et semble reprendre du poil de la bête en ce début d'été, étant donné que le taux de reproduction du virus - le R0 - dépasse 1 en moyenne sur l'ensemble du pays, début juillet (cf lien n°5). Mais de manière plus détaillée, ce sont les régions Haut-de-France (1,06), Île-de-France (1,06), Bretagne (1,07), Provence-Alpes-Côte d'Azur (1,24), Nouvelle-Aquitaine (1,32) et Pays de la Loire (1,52) qui font que le taux hexagonal est de nouveau au-dessus de 1. Et ce, sans compter les outre-mer, notamment la Guyane, où la pandémie s'est accélérée, en raison notamment de la situation au Brésil voisin. Et si Emmanuel Macron n'écarte pas un reconfinement, dans son interview du 14 juillet, il tient à préciser que ce soit le plus localisé possible, dans l'idée de ne pas avoir à le généraliser une deuxième fois à l'ensemble du pays, qui aggraverait l'économie française, dont la perspective laisse craindre une récession à hauteur de 11% du produit intérieur brut en 2020, pour l'instant.

Relâchement?!

Mais qu'est-ce qui fait que c'est reparti à la hausse en France, comme ailleurs en Europe, après deux mois de confinement? L'hypothèse la plus vraisemblable est celle du relâchement, tant individuel que collectif. Au niveau individuel, cela peut se remarquer par un port du masque de plus en plus rare dans l'espace public, excepté dans les transports en commun, où ça reste obligatoire. Personnellement, je constate cela en Île-de-France, notamment à Paris, depuis le déconfinement, mi-mai, où la proportion de personnes portant un masque dans la rue a fondu comme neige au soleil. Sans oublier le nombre ahurissant de masques jetables traînant sur le bitume au lieu d'être dans une poubelle, montrant à quel point l'espèce humaine est un déchet ambulant. Au niveau collectif, les offres de produits sanitaires permettant de réduire au maximum le risque d'exposition au Coronavirus restent encore insuffisantes et que des événements, comme des concerts en plein air rassemblant plusieurs milliers de personnes, peuvent être peu soucieux de la distanciation sociale et du port du masque ces derniers temps. Cela étant dit, les manifestations contre les violences policières et le racisme rassemblaient encore plus de monde, en juin dernier, à la différence près que le port du masque était total de la part des manifestants.

Maintenant, faut-il arriver à rendre obligatoire le port du masque sur l'espace public en France? Telle est la question.

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